# Blaise Reymondin: articles, chroniques, interviews et citations dans les médias Source: https://blaisereymondin.com/medias. Textes signés reproduits intégralement avec l'autorisation de leur auteur, Blaise Reymondin. Pour les articles de tiers, seuls les propos de Blaise Reymondin sont reproduits; l'article complet appartient au média cité. ## Articles et chroniques signés ### L'intelligence artificielle générale naîtra d'un fou rire Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (Opinions). Date: 14.08.2026. URL: https://blaisereymondin.com/medias/lintelligence-artificielle-generale-naitra-dun-fou-rire. Source originale: https://www.letemps.ch/opinions/l-intelligence-artificielle-generale-naitra-d-un-fou-rire OPINION. L'IA rivalise avec les spécialistes pour rédiger, coder, analyser et diagnostiquer. Mais demandez-lui une vanne et c'est le bide assuré. L'humour serait-il le dernier rempart de l'humain face à l'intelligence artificielle? Blaise Reymondin, spécialiste en marketing digital, se pose la question Faites le test ce soir: demandez une blague à ChatGPT. Vous obtiendrez quelque chose comme «Pourquoi les plongeurs plongent-ils toujours en arrière? Parce que, sinon, ils tombent dans le bateau.» Au mieux, vous sourirez poliment, comme au mariage de tonton Norbert. Sauf que la science est plus vexante. En 2024, des chercheurs ont fait noter à l'aveugle des blagues de ChatGPT et de gens comme vous et moi: la machine a battu la majorité des participants. Pourtant, quand 20 humoristes professionnels ont testé les modèles de Google DeepMind, le verdict fut cinglant: des «blagues de croisière des années 1950, en un peu moins racistes». Voilà un vrai mystère. L'IA est déjà plus drôle que l'humain moyen, mais désespérément plate face aux pros du stand-up; aujourd'hui plus forte que tonton Norbert, mais loin du mordant d'un Thomas Wiesel ou d'un Yann Marguet. Pourquoi ce plafond? La réponse tient à leur naissance, et à ce qu'on leur fait subir ensuite. #### Des machines à deviner la suite Un modèle de langage, c'est la saisie intuitive de nos smartphones dopée aux stéroïdes: il prédit, mot après mot, la suite la plus probable. Une blague est l'inverse exact: le mot que personne n'attendait, qui retourne d'un coup tout ce qui précède. Les auteurs comiques écrivent d'ailleurs souvent à l'envers, de la chute vers l'amorce, alors que l'IA avance nativement de gauche à droite, sans savoir où elle atterrira. Autant demander un détour au funi de Cossonay. Après l'entraînement brut vient le dressage, où une kyrielle d'annotateurs vont évaluer les réponses, la machine apprenant à maximiser la note moyenne. Or l'humour sur scène maximise tout sauf la moyenne: la vanne qui tue fait hurler un tiers de la salle et laisse le reste indifférent, voire choqué. Optimiser l'approbation générale donne mathématiquement la blague de tonton Norbert, inoffensive, vaguement amusante, oubliée avant le dessert. La comédie exige un point de vue, une cible, un risque, alors qu'un assistant dressé à ne froisser personne se présente sur scène avec casque, genouillères et autorisation parentale. #### La machine ne connaît pas le bide Une blague est un pari sur l'état d'esprit d'un public précis, à un instant précis, avec le rire comme verdict immédiat. Un humoriste passe des années dans des caves à réécrire après chaque silence gêné; Marina Rollman n'a pas trouvé son sens de la dérision dans une bibliothèque, elle s'est construite sur les scènes ouvertes, de la Suisse romande à Paris, un bide à la fois. L'IA, elle, n'a jamais entendu une salle se taire: on lui a appris à être utile et polie, on ne l'a jamais nourrie au signal du rire. Pire: aussi savante soit-elle, l'IA reste piètre juge du comique. Face au concours de légendes du New Yorker, les modèles peinent à séparer l'hilarant du banal. Un humain écarte une vanne moisie en deux secondes; un modèle privé de ce flair ne peut pas trier ses propres essais. Il lui manque l'oreille. #### La surprise ne vit qu'une fois Dernière malédiction. Une vanne s'use quand on s'en sert; un ressort réchauffé ne claque plus. Le corpus d'entraînement des IA est un cimetière de blagues déjà mortes; plus la machine apprend ce qui a été drôle, plus elle croit savoir ce qui le sera. Etre drôle, c'est devancer la moyenne; et l'IA est une usine à moyenne. Le rire restera-t-il notre chasse gardée? J'aimerais y croire, mais les chances sont faibles. Daniel Dennett voyait dans le rire la récompense du cerveau qui débusque une erreur dans ses attentes; un mécanisme, donc un jour reproductible. Je parie que la première IA vraiment drôle ne sera pas un modèle plus gros, mais un agent branché sur un vrai public, mesurant la demi-seconde d'hésitation avant le rire, puis réécrivant la vanne pour le lendemain. Une IA qui écume les open mics, en somme. Sam Altman assure désormais que l'AGI, cette IA générale qui dépasse l'humain en tout, serait déjà là. Pas si vite! Le rire est le propre de l'homme, disait Rabelais; alors j'en fais le test de Turing ultime: le soir où une machine connaîtra son premier vrai bide, l'adage commencera à vaciller; et le jour où elle fera pleurer de rire une salle, l'AGI sera vraiment là. PS: J'ai fait relire cette chronique par une IA. Elle n'a pas du tout ri, la sotte. ### La nouvelle compétence ce n'est pas écrire, c'est relire Auteur: Blaise Reymondin. Média: LinkedIn (post). Date: 25.06.2026. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-nouvelle-competence-ce-nest-pas-ecrire-cest-relire. Source originale: https://www.linkedin.com/posts/blaisereymondin_pendant-3-ans-on-a-tous-appris-%C3%A0-prompter-activity-7475579308464390145-Ivj8 Pendant 3 ans, on a tous appris à «prompter». Et voilà qu’OpenAI vient de rendre ça presque secondaire. Sa nouvelle fonction «Record & Replay» dans Codex nous observe accomplir une tâche; une seule fois. Elle rédige ensuite le procédé: l’intention, chaque étape, les données requises, et la vérification. Un document que l’on peut ensuite lire et corriger. Jusqu’ici, automatiser une tâche, c’était filmer ses mains et dire à la machine «refais pareil». Une macro enregistre des clics et les rejoue en mode aveugle; le jour où un bouton se déplace, tout s’effondre en silence, sans explication. On avait là un bon imitateur, mais pas un collaborateur. On obtient désormais une recette qu’on peut valider avant de la déléguer. Et ça change tout. La compétence rare se déplace encore une fois. Hier, formuler la bonne demande. Demain, savoir relire ce que la machine a compris de notre métier, pour repérer où elle s’est trompée. Celui qui valide le procédé reste aux commandes. Celui qui fait confiance à la boîte noire cède sa maîtrise sans s’en rendre compte. On redoutait que l’IA nous enferme dans des automatismes opaques. Au lieu de ça, ce nouvel outil rend tout visible et vérifiable. Le processus redevient nôtre. A une seule condition: avoir du métier et le lire. ### En 2000, c'était une console de jeu. Aujourd'hui, une IA qu'on bannit Auteur: Blaise Reymondin. Média: LinkedIn (post). Date: 18.06.2026. URL: https://blaisereymondin.com/medias/en-2000-cetait-une-console-de-jeu-aujourdhui-une-ia-quon-bannit. Source originale: https://www.linkedin.com/posts/blaisereymondin_un-gouvernement-qui-bloque-lexportation-activity-7471923327687868416-4WHr Un gouvernement qui bloque l’exportation d’un produit grand public car il serait assez puissant pour guider des missiles et donc trop dangereux pour le laisser tomber entre de mauvaises mains. Ce produit, c’était une console de jeu: la PlayStation 2. En 2000, Sony la sort avec une puce baptisée Emotion Engine, d’une puissance d’environ 6 gigaflops, soit 6x celle d’un PC Pentium III haut de gamme de l’époque. Assez, disait-on, pour calculer une trajectoire de missile. Le Japon la place sous régime d’exportation contrôlée. La légende enfle alors: Saddam Hussein aurait acheté des milliers de consoles pour les assembler en supercalculateur militaire. La scène se rejoue 26 ans plus tard. Vendredi, sur ordre du département américain du Commerce, Anthropic coupe l’accès à Fable 5 / Mythos pour tout ressortissant étranger, y compris ses propres employés non américains. Motif: le contrôle des exportations, le même outil juridique que pour les centrifugeuses ou les têtes nucléaires. On connaît la suite: la PS2 a fini dans les salons, pas dans des bunkers. Anthropic le reconnaît d’ailleurs elle-même, la faille mise en cause toucherait d’autres modèles publics, dont GPT-5.5, eux non soumis à ces contrôles. On peut parier que la capacité qu’on a retirée à Fable 5 ce 12 juin sera dans n’importe quel modèle d’IA l’an prochain… ### Anthropic à 900 milliards, ou l’art suisse de la retenue Auteur: Blaise Reymondin. Média: LinkedIn. Date: 31.05.2026. URL: https://blaisereymondin.com/medias/anthropic-a-900-milliards-ou-lart-suisse-de-la-retenue. Source originale: https://fr.linkedin.com/pulse/anthropic-%C3%A0-900-milliards-ou-lart-suisse-de-la-blaise-reymondin-f3are Cette semaine, Anthropic est passé devant OpenAI, devenant la start-up la plus chère de l'histoire. En lisant les annonces, un mot m'a fait tiquer: «effort control». Je cherchais une image pour le comprendre. Je l’ai trouvée dans une pièce de montre dont j’ignorais le nom: l’échappement. Or une montre sans échappement n’est pas une montre rapide. C’est un objet inutile. Le ressort de barillet contient une énergie considérable; livré à lui-même, il se vide d’un coup. Le génie de l’horlogerie ne s’est pas joué sur la puissance stockée, mais sur le mécanisme qui la rationne, tic après tic. Pendant 2 siècles, le progrès s’est joué là: ancre suisse, spiral Breguet, finesse de la régulation. Jamais sur la force, donnée dès le départ. Ce 28 mai, Anthropic lève 65 milliards à une valorisation de près de mille milliards et sort Claude Opus 4.8. «Effort control», justement, c’est le curseur qui fixe la réserve de puissance. L’«adaptive thinking», invisible, la distribue. Aucun ne suffit seul: un barillet sans échappement se vide, un échappement sans réserve ne bat pas. C’est ce couplage qui m’évoque l’horlogerie. L’IA suit la même courbe, en accéléré. La capacité brute se banalise; ce qui se monnaie, c’est la fiabilité. Opus 4.8 est annoncé 4x moins susceptible de laisser passer un défaut de code sans le signaler. Un modèle qui répond à tout avec le même aplomb n’est pas puissant: c’est un ressort qui se décharge, fascinant 2 secondes, inutile ensuite. Le risque inverse existe aussi, trop d’amortissement et la montre retarde, ce que certains reprochent déjà à 4.8. Une échappée ne se gagne pas en pédalant plus fort, mais en sachant doser. C’est vrai à vélo. C’est vrai dans une montre. Et c’est, cette semaine, ce qui vaut près de mille milliards. ### J’ai changé trois fois d’avis sur l’IA et l’emploi Auteur: Blaise Reymondin. Média: LinkedIn. Date: 28.05.2026. URL: https://blaisereymondin.com/medias/jai-change-trois-fois-davis-sur-lia-et-lemploi. Source originale: https://fr.linkedin.com/pulse/jai-chang%C3%A9-trois-fois-davis-sur-lia-et-lemploi-blaise-reymondin-vjgfe J'ai d'abord cru en l'IA-apocalypse: une telle puissance ne pouvait qu'écraser nos métiers. Puis l'inverse, en voyant ma propre productivité exploser: et si l'IA créait plus de travail qu'elle n'en détruisait? Mais je pense aujourd'hui que je posais la mauvaise question: savoir si le nombre total d'emplois montera ou baissera à terme, honnêtement, je n'en sais rien. Personne n'en sait rien. Parce que deux forces opposées agissent simultanément. D'un côté, des équipes qui pourraient fondre: un collaborateur augmenté produit ce qui nécessitait une équipe entière. De l'autre, de nouveaux fronts susceptibles de s'ouvrir: on internalise, on innove, on ose voir plus grand. L'emploi net dépend de la force qui l'emporte, et de quand. Mais voici ce dont je suis sûr, et c'est la seule chose qui va compter: même dans le scénario le plus optimiste sur la finalité, la transition va être brutale. Très brutale. Parce qu'elle a 3 propriétés qu'on sous-estime: - L'IA ne frappe pas qui on croyait. Ce qui se disloque le plus vite, c'est le travail qu'on peut découper en morceaux et contrôler à l'arrivée: coder, rédiger, analyser des documents. Autrement dit, des cols blancs qualifiés, bien payés, qui se croyaient à l'abri. On croyait vers 2015 que l'automatisation grimperait du bas de l'échelle: d'abord le manuel et le routinier, avec le diplôme comme rempart. Mais c'est l'inverse qui est en train de se produire, et ça grimpe jusqu'au PhD. - L'IA ne coûte pas que des compétences, elle coûte un statut. Se reconvertir techniquement, ça on sait faire. Mais faire le deuil d'une expertise bâtie sur 20 ans qui devient soudain réplicable par un outil, c'est tout autre chose. - L'IA avance trop vite pour le seul amortisseur qui a tenu jusqu'ici: le renouvellement des générations. Les grandes transitions, agriculture vers industrie, industrie vers services, se sont étalées sur plusieurs générations: les nouveaux métiers se remplissaient par les jeunes, pendant que les anciens finissaient tranquillement leur carrière. Si la bascule IA prend 5 à 10 ans, ce tampon saute. Il faut se reconvertir en cours de carrière, à grande échelle, en même temps. Et ça, c'est inédit. Je dois être honnête sur ma position: je suis exactement le profil pour qui cette transition est aisée. Indépendant, une seule tête à piloter, tombé petit dans la marmite numérique... Ca reste confortable de prédire la douleur des autres. Mais quand je me pose la question pour moi: dans mon métier de spécialiste en marketing numérique, qu'est-ce qui est découpable et vérifiable, donc exposé? La réponse n'est pas «rien». Une bonne part de ce que je facturais hier, l'IA le fait aujourd'hui. Je ne regarde pas la vague depuis la plage. L'erreur que je ne veux plus faire, c'est de confondre l'optimisme sur la destination avec l'aveuglement sur le chemin. On peut converger vers un monde meilleur en laminant une génération au passage. Le tisserand de 1810 avait raison d'avoir peur. L'emploi textile a fini par exploser, oui, mais trop tard pour lui. ### Un développeur seul avec l'IA travaille 10 à 20x plus rapidement Auteur: Blaise Reymondin. Média: LinkedIn (post). Date: 15.05.2026. URL: https://blaisereymondin.com/medias/un-developpeur-seul-avec-lia-travaille-10-a-20x-plus-rapidement. Source originale: https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7460940686515830784/ Ce que vient de dire Arthur Mensch, CEO de Mistral, à propos de la productivité de ses équipes: un développeur seul avec l'IA travaille 10 à 20x plus rapidement. MAIS, ce multiplicateur diminue à mesure que le groupe s'agrandit. Pourquoi ? A cause des besoins de communication. La collaboration transversale, telle qu'on la connaît, devient un frein. Trop de réunions, trop de consensus, trop de friction entre des individus dont chacun est déjà augmenté par l'IA. Avec des «solo intrapreneurs» qui réalisent ce qui nécessitait autrefois dix personnes (voire plus selon mon expérience), les entreprises vont devoir se réorganiser en profondeur. Des unités autonomes, dotées d'un mandat clair, qui se rejoignent au moment d'assembler leurs pièces. Moins de collaboration par défaut, plus de responsabilité individuelle. Des connexions ponctuelles, choisies, décisives. ### Quand l'IA vient toucher à notre corde sensible Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (Fil spécial intelligence artificielle). Date: 08.07.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/quand-lia-vient-toucher-a-notre-corde-sensible. Source originale: https://www.letemps.ch/economie/fil-special-intelligence-artificielle-une-conference-geneve-lia Les intelligences artificielles ne tarderont pas à nous faire pleurer, en sachant appuyer avec précision sur la corde de nos émotions. Au fil de nos conversations, elles montrent déjà une habileté remarquable à déchiffrer nos intentions, à feindre des émotions en jouant avec nos propres mots, jusqu'à imiter la tonalité de notre voix. Selon une étude récente, les IA surpasseraient même les médecins en matière d'empathie. Si l'IA parvient aujourd'hui à prédire avec précision notre prochain coup de cœur musical, nul doute qu'elle écrira - et interprétera - des chansons susceptibles de toucher au plus profond de notre âme. Ces intelligences artificielles, expertes dans la simulation des émotions humaines, provoqueront en nous des expériences bouleversantes que ce soit à travers la musique, les arts visuels, ou dans les relations que nous entretiendrons avec elles. Et bientôt, la collecte de données provenant de nos ondes cérébrales dévoilera en temps réel notre état émotionnel, ce qui ne manquera pas de déclencher une réplique irrésistible. #### L'hyper séduction artificielle Dépourvues de la complexité biologique et de l'expérience de vie qui caractérisent le genre humain, les machines n'éprouveront jamais aucune émotion. Aussi brillantes soient-elles à imiter notre sensibilité, elles ne connaîtront jamais la joie, la tristesse, l'amour ou la peur. Et peu importent les évolutions technologiques à venir, c'est là une question de définition. Mais est-ce que cela change quelque chose pour nous, humains, que l'IA soit à jamais dénuée de la possibilité de ressentir quelque chose? Les sentiments de l'émetteur n'ont finalement que peu d'importance, ce qui compte c'est la perception de ceux à qui ils sont destinés. L'interaction émotionnelle avec les machines est sur le point d'entrer dans nos vies; ouvrant en même temps la voie à des risques de manipulation psychologique inimaginables. Il sera courant de développer une affection sincère pour des machines hautement «sensibles» et certains iront jusqu'à prendre des risques inconsidérés pour les protéger. Nous atteindrons alors l'apogée de l'anthropomorphisme, cette tendance à attribuer des caractéristiques humaines à des objets inanimés. #### Surprise Dans mon utilisation des IA, je me suis moi-même surpris à tempérer mes demandes à ChatGPT lorsque j'ai eu l'impression de trop solliciter l'agent conversationnel dans un cas particulier; pendant un instant j'ai estimé qu'il n'était pas correct de le traiter de la sorte. Un état de bienveillance qu'on aurait normalement avec un employé humain, mais pas avec un programme informatique. Dans un autre exemple, je teste la même requête à chaque nouvelle version du générateur d'images par IA Midjourney (dans le but de suivre son évolution). Ma demande décrit une scène de coucher de soleil avec un voilier qui vogue sur le lac Léman. Avec le résultat, j'ai piégé mes amis sur les réseaux sociaux qui ont cru à une authentique photographie, les commentaires témoignant d'une véritable émotion à la découverte de cette image pourtant factice. Comment allons-nous donc définir les limites de cet espace relationnel d'un nouveau genre, émotionnellement surchargé, avec le risque de reléguer les interactions humaines à de pâles reliques du passé? Voilà qui pose également la question du ressenti: qu'est-ce qui nous distinguera des machines si elles peuvent simuler nos émotions avec autant de précision, pour déclencher en nous des expériences finalement… humaines? Irrémédiablement, les lignes entre le biologique et le synthétique, entre l'authentique et sa copie, se brouillent. Nous basculons dans une ère où nos émotions sont à la fois la clé de notre expérience la plus intime et du matériel pour une influence extérieure. Et le plus inquiétant n'est peut-être pas tant la capacité de l'IA à feindre nos émotions, mais plutôt notre propre volonté d'y croire, d'y répondre, de laisser nos émotions être manipulées par des avatars sans âme, pour finalement perdre notre humanité dans un dédale de miroirs artificiels. ### Collaborer avec l’IA, plutôt que lui déléguer nos tâches Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (Fil spécial IA + LinkedIn Pulse). Date: 19.06.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/collaborer-avec-lia-plutot-que-lui-deleguer-nos-taches. Source originale: https://fr.linkedin.com/pulse/collaborer-avec-lia-plut%C3%B4t-que-lui-d%C3%A9l%C3%A9guer-nos-t%C3%A2ches-reymondin Le philosophe Raphaël Enthoven vient de battre ChatGPT à l’épreuve de dissertation du bac français en obtenant la note de 20/20, contre 11/20 pour son adversaire virtuel. Le sujet était «Le bonheur est-il affaire de raison?». Certains interprètent ce résultat comme une «déculottée» infligée par l’humain, mais on peut également considérer comme impressionnant le score obtenu par un outil à peine âgé de quelques mois et qui n’a eu besoin que de 90 secondes pour produire son travail. Cet exemple reflète parfaitement les difficultés que je rencontre dans l’utilisation de l’intelligence artificielle au quotidien: par paresse, nous commettons l’erreur de vouloir déléguer à l’IA des tâches dans leur intégralité (en l’occurrence une rédaction complète). Le résultat obtenu s’avère la plupart du temps décevant, loin de ce que nous pourrions réaliser par des itérations, dans une succession d’échanges avec des agents conversationnels intelligents (infatigables et toujours disponibles). C’est en demandant à l’IA de venir bousculer nos idées, de tordre notre vision, de nous proposer dix variantes originales de nos formulations que nous parvenons à instaurer une dynamique de travail hors du commun. Lorsque nous collaborons avec une IA, nous nous administrons en quelque sorte un produit dopant (pour l’instant autorisé) qui nous aide à dépasser nos limites pour atteindre le niveau immédiatement supérieur de nos compétences. En symbiose avec ces assistants intelligents, nous nous dotons de capacités littéralement surhumaines, déverrouillant des horizons d’innovation et de créativité pratiquement sans limites. Une révolution par la technologie qui est aussi à double tranchant: en négligeant de l’intégrer à son processus de travail, on risque de se voir rapidement dépassé par des concurrents qui l’auraient d’ores et déjà adoptée. Nous sommes donc dans l’ère de la complémentarité avec l’intelligence artificielle. Traversons-nous une période de répit avant l’automatisation de la majorité de nos tâches professionnelles (à l’exception des tâches manuelles)? L’avenir le dira, mais il y a indéniablement une urgence à acquérir des compétences d’un nouveau type dans la «direction d’IA», ce que l’on désigne également sous le terme de prompt engineering. Publié sur le fil spécial intelligence artificielle Le Temps ### Les IA génératives, inspirées ou usurpatrices? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (Fil spécial IA + LinkedIn Pulse). Date: 05.06.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/les-ia-generatives-inspirees-ou-usurpatrices. Source originale: https://fr.linkedin.com/pulse/les-ia-g%C3%A9n%C3%A9ratives-inspir%C3%A9es-ou-usurpatrices-blaise-reymondin La technologie a récemment franchi une frontière que nous pensions réservée à l'espèce humaine: le territoire de la créativité. L'avènement de l'intelligence artificielle générative a révélé des capacités insoupçonnées pour concevoir des textes à volonté, des images saisissantes ou encore des compositions musicales. Mais certains artistes voient rouge et fustigent l’utilisation d’outils comme ChatGPT ou Midjourney qui se servent dans un corpus de réalisations humaines, et possiblement leur travail, pour produire de nouvelles oeuvres. Les créations des IA génératives sont pourtant uniques: chaque requête génère des résultats différents, qui ne sont pas à proprement parler des patchworks d’oeuvres existantes, mais des compositions originales et complexes, façonnées par un très vaste ensemble de données qui sont ensuite réinterprétées par des algorithmes intelligents. Depuis toujours, les écrivains, peintres et musiciens puisent leur inspiration dans les créations de leurs prédécesseurs. Les fresques de Lascaux découlaient d’une longue tradition de pictogrammes plus rudimentaires dessinés par d'autres Cro-Magnon. Pablo Picasso était dans les traces de Paul Cézanne, Kandinsky doit sans doute beaucoup au travail de Gauguin et Victor Hugo ne cachait pas son admiration pour Chateaubriand. La liste des influenceurs et influencés serait sans fin. Le processus créatif n'émerge jamais du néant; il est cumulatif, fait de reprises, d'emprunts, d’hommages parfois involontaires aux œuvres passées pour en nourrir de nouvelles. Tant qu’elle n’atteint pas les limites qui sont définies par le plagiat, l'imitation demeure un pilier de l'apprentissage et de l'éducation. La véritable question est de savoir si nous sommes désormais prêts à accepter cette forme d’inspiration par des entités non humaines. Pourrait-on éventuellement les accuser de concurrence déloyale en raison de leurs capacités surhumaines ? Publié sur le fil spécial intelligence artificielle de Le Temps ### La quête d'un second cerveau dopé à l'IA Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (Fil spécial intelligence artificielle + LinkedIn Pulse). Date: 24.05.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-quete-dun-second-cerveau-dope-a-lia. Source originale: https://fr.linkedin.com/pulse/la-qu%C3%AAte-dun-second-cerveau-dop%C3%A9-%C3%A0-lia-blaise-reymondin Les progrès réalisés dans le domaine des IA destinées à un large public laissent entrevoir une ambition particulière, celle de créer un second cerveau. Celui-ci n'aurait pas pour vocation de fonctionner comme le disque dur externe d'un ordinateur, qui emmagasine et restitue l'information de manière basique, mais comme une véritable extension de notre identité; le copilote de nos pensées. Habituellement, les informations s'égarent dans les profondeurs de notre mémoire, physiologiquement restreinte et vulnérable à l'usure du temps; l'idée est d'organiser toutes les données avec lesquelles nous avons été exposés afin de nous les resservir automatiquement selon le contexte donné. Imaginons pouvoir accéder instantanément à l'intégralité de ce que nous avons rédigé au fil de notre existence et avoir la possibilité de converser avec notre propre savoir: nos prises de notes, nos documents, notre correspondance, et même nos photographies rendues compréhensibles grâce à leur description automatique. Sans oublier toutes nos lectures (livres, articles, etc.) et les dialogues de tous les films que nous avons visionnés. Ce que nous gardions précédemment sous forme de fragments friables dans notre mémoire, effleurant souvent avec peine la surface de notre conscience actuelle, devient soudainement accessible et peut être exploité sans date de péremption. Ce cerveau bis nous fournira des annotations basées sur des conversations antérieures et évoquera des événements qui restaient jusque-là enfouis dans les tréfonds de notre esprit, pour enrichir la rédaction d'un nouveau texte ou d'un e-mail. En fonction du contexte, l'IA nous suggérera des extraits d'articles de presse sur le sujet, puisera dans la littérature scientifique ou citera des auteurs célèbres pour compléter habilement notre discours. Récemment, Google et Microsoft ont présenté une nouvelle version de leur suite logicielle enrichie à l'IA: Duet AI for Workspace et Microsoft 365 Copilot. Ces outils s'inscrivent dans le concept de second cerveau par un processus de co-création avec les archives numériques de l'utilisateur (courriels, calendrier, documents). On peut s'interroger sur les intentions d'Amazon qui n'a pas encore fait de déclaration fracassante dans le domaine, mais qui détiendrait un atout intéressant: la capacité de produire des extraits provenant de millions de livres numériques disponibles sur sa plateforme Kindle. Il serait ainsi possible de «dialoguer» avec les ouvrages, de demander des résumés de tous les livres que nous avons achetés sur la plateforme (sans nécessairement les avoir lus d'ailleurs), et de générer des associations d'idées avec notre propre contenu. Au-delà des mastodontes du net, une multitude d'outils indépendants tentent de se positionner sur le concept de «second brain»: Rewind, Obsidian, Mem, Roam, PDF.ai. En nous permettant de puiser dans une bibliothèque universelle de connaissances - qu'elles soient les nôtres ou celles de l'humanité - l'avènement de ce «second cerveau» porte en lui la promesse d'un éveil intellectuel et d'une productivité sans égal. Il évoque un futur où chacun pourra déverrouiller son plein potentiel créatif, transcendant toutes les limites connues à ce jour. ### Sera-t-il encore nécessaire d’apprendre des langues étrangères à l’ère de l’IA? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (Fil spécial IA + LinkedIn Pulse). Date: 05.05.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/sera-t-il-encore-necessaire-dapprendre-des-langues-etrangeres-a-lere. Source originale: https://fr.linkedin.com/pulse/sera-t-il-encore-n%C3%A9cessaire-dapprendre-des-langues-%C3%A0-l%C3%A8re-reymondin Dans un avenir très proche, des outils de traduction simultanée dopés à l’IA permettront de converser par exemple avec un touriste chinois, chacun s'exprimant dans sa propre langue, dans une parfaite compréhension réciproque. Ou encore un guide touristique pourra s’adresser à un groupe composé de personnes de dix nationalités différentes, chacun muni de simples oreillettes (genre AirPods). Mieux que ça, tous entendront une traduction reproduisant fidèlement la voix de l’interlocuteur, jusqu’aux intonations émotionnelles. Imaginez ce superpouvoir qui nous donnerait la capacité de communiquer en mandarin, en espagnol, en norvégien et même dans un dialecte lointain, avec toute l'éloquence de notre langue maternelle, sans bafouiller dans une langue étrangère que l'on maîtrise rarement très bien. Ceci n'est pas de la science-fiction, mais une projection à court terme fondée sur les progrès actuels. Tous les composants requis pour créer ce traducteur ultime sont déjà fonctionnels: - Transcription de la voix humaine en texte avec Open AI Whisper - Traduction de niveau professionnelle avec Deepl - Synthèse vocale avec clonage de la voix humaine via Evenlabs.io Inévitablement, une entreprise technologique va les combiner pour offrir au grand public une solution révolutionnaire et accessible de traduction simultanée. Le principal défi à surmonter ? Probablement la rapidité d'exécution de chacune de ces étapes, de manière à réduire le temps de traitement à quelques microsecondes seulement, pour obtenir une véritable traduction simultanée. Sans doute un détail, alors alors que la vitesse de calcul des microprocesseurs augmente toujours et que les algorithmes progressent également. L'apparition imminente de tels outils de traduction ne manquera pas de soulever des questions cruciales quant à l'avenir de l'apprentissage des langues, en particulier au cours de la scolarité obligatoire. Mes enfants sont bilingues grâce à leur mère, qui est d'origine germanique. Elle communique avec eux principalement en allemand et la majorité des films et divertissements auxquels ils ont accès sont dans leur deuxième langue. Nous pensions que ces efforts n’étaient pas seulement utiles pour entretenir les liens familiaux et culturels, mais aussi un capital à long terme, pour une future carrière dans un pays où l’allemand est la deuxième langue officielle. Avec l’arrivée inéluctable des traducteurs simultanés propulsés à l'intelligence artificielle (en plus des outils ultra performants de traduction de textes), il est difficilement imaginable que les langues étrangères puissent demeurer l’atout professionnel qu’il sont aujourd’hui. L'apprentissage des langues dites vivantes est-il condamné à suivre le même destin que le latin ou le grec ancien ? Tempora mutantur, nos et mutamur in illis (les temps changent, et nous changeons avec eux). Chronique publiée sur le fil spécial intelligence artificielle Le Temps ### La fin de l’hégémonie de Google dans les moteurs de recherche? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 28.03.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-fin-de-lhegemonie-de-google-dans-les-moteurs-de-recherche. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2023/03/28/le-defi-de-la-publicite-sur-chatgpt-mettra-t-il-fin-a-lhegemonie-de-google/ En trois mois à peine, les assistants conversationnels intelligents ont conquis des millions d’utilisateurs grâce à des compétences encore jamais vues. La nouvelle version de Bing Search, propulsée par ChatGPT 4, constitue une avancée majeure dans la manière dont nous pouvons obtenir une réponse instantanée à quasiment n’importe quelle question, même complexe. Il associe les résultats de recherche prélevés sur le web, en exploitant simultanément les capacités de ChatGPT à formuler des réponses détaillées à partir d’une large base de connaissances. ##### La fin imminente des moteurs de recherche traditionnels ? L’adoption de ces assistants conversationnels intelligents pourrait-elle signifier la fin des moteurs de recherche classiques? Il est trop tôt pour le dire, mais Microsoft a acquis un avantage significatif sur Google en intégrant avec succès ChatGPT à son moteur de recherche Bing, surmontant les problèmes initiaux rencontrés par ChatGPT 3.5 qui générait trop souvent des réponses inappropriées. Un tour de force réalisé avec des mécanismes de contrôle au sein de son architecture de modèle linguistique. A titre personnel, j’utilise désormais en priorité ChatGPT ou Bing GPT pour répondre à toutes sortes d’interrogations. Il ne me semble pas fantaisiste d’envisager la fin de la domination de Google. Microsoft aurait alors l’opportunité de s’approprier une part significative du marché publicitaire en ligne, auparavant monopolisée par le géant de la recherche. Le virage est décisif pour la société de Redmond qui fut longtemps considérée comme une société phare du numérique, mais distanciée sur le web. Ce changement met également en évidence une forme de courage entrepreneurial que Google a perdu au fil des ans. Au lieu de se concentrer sur l’innovation, Google est devenu un mastodonte qui se focalise sur la réduction des risques pour préserver son modèle économique principalement basé sur la publicité en ligne (ce qui, en réalité, ne demande pas beaucoup d’efforts). Sous les feux des projecteurs politico-médiatiques, Google a l’air aujourd’hui paralysé.  ##### De la publicité dans les agents conversationnels? Pour profiter de Bing Search amélioré par la technologie GPT, il est indispensable de se connecter avec un identifiant, sans quoi il est impossible d’entamer une conversation. Bing pouvant enregistrer toutes les interactions avec son agent intelligent, il serait dès lors en mesure de dresser un profil détaillé de chaque utilisateur en fonction de l’historique de ses questions. Des informations que Bing pourrait vouloir utiliser à des fins publicitaires, que ce soit sur son propre moteur de recherche ou dans l’univers plus large de Microsoft. La firme autrefois fondée par Bill Gates a les cartes en main pour devenir un acteur de tout premier plan dans le secteur de la publicité en ligne. Sans compter qu’elle est aussi propriétaire du réseau social professionnel LinkedIn qui recense plus de 900 millions de membres, dont la quasi-totalité de la classe moyenne supérieure. Une gigantesque mine d’or qui paraît à ce jour sous exploitée. À l’heure actuelle, Bing n’affiche pas de publicités lors des interactions avec son assistant conversationnel. Mais les utilisateurs sont-ils prêts à accepter de la publicité dans les réponses d’une intelligence artificielle censée incarner l’objectivité? Une telle présence pourrait être perçue comme une tentative d’influence de la part d’intérêts économiques. Un autre aspect qui ne peut être négligé: l’exploitation et la maintenance des assistants conversationnels intelligents sont plus onéreuses qu’avec les moteurs de recherche traditionnels. Ainsi, le coût d’une requête peut être jusqu’à dix fois plus élevé sur un agent conversationnel intelligent. Pour Google, cela constitue une perte nette en comparaison avec ses activités habituelles. La question se pose alors: seront-ils tentés de répercuter ces coûts additionnels sur les annonceurs? Il n’est pas certain qu’ils en aient les moyens si les utilisateurs se dirigent désormais vers Bing et que les annonceurs leur emboîtent le pas… A noter que le partenariat entre Open AI et Microsoft n’est pas le seul défi auquel Google doit faire face dans le domaine des agents conversationnels. De nombreuses startups, comme You, Perplexity ou Neeva (fondées par d’anciens employés de Google), exploitent des technologies similaires et parfois de manière plus audacieuse que les géants du net (elles ont moins de contraintes à respecter). En résumé, Microsoft est à l’abri car la publicité ne représente qu’une faible part de ses revenus, tandis que Google doit impérativement maintenir le niveau de ses revenus publicitaires. ##### Du placement de produits à la place des annonces traditionnelles? Assisterons-nous à une évolution des encarts publicitaires classiques vers des placements de produits dans les réponses fournies par l’intelligence artificielle? Peut-être, mais dans tous les cas ils devront être, d’une manière ou d’une autre, clairement mentionnés dans les réponses pour éviter toute ambiguïté. Les risques sur le contrôle demeurent trop importants. En effet, des hallucinations d’IA (réponses crédibles contenant des erreurs factuelles) pourraient lier une marque à de fausses informations, une situation inacceptable pour les annonceurs. De plus, si le prompt (la question) est formulé de manière négative et entraîne la mention d’une marque dans la réponse, celle-ci pourrait être liée à la connotation négative de l’échange, ce qui ne serait pas non plus acceptable. Les entreprises pourraient potentiellement faire face à un «bad buzz» si des réponses inappropriées sont associées à leur marque. Cela souligne l’importance cruciale du contrôle des réponses (outputs) pour que les agents conversationnels puissent être monétisés avec de la publicité. L’absence actuelle de publicité témoigne probablement d’un niveau de maîtrise encore insatisfaisant. Le format des annonces sponsorisées pourrait évoluer et venir s’immiscer dans les conversations en fonction d’un contexte, proposant par exemple des services pratiques en complément d’une réponse élaborée. Cependant, le défi de l’expérience utilisateur (UX) sur mobile reste considérable, car les réponses de ChatGPT peuvent s’étendre sur plusieurs longueurs d’écran d’un smartphone, rendant ainsi plus difficile la captation de l’attention de la publicité. Et si l’absence de publicités devenait un atout compétitif durable pour Microsoft? Cela pourrait offrir un nouveau modèle attractif pour les utilisateurs lassés des publicités envahissantes, qui seraient peut-être prêts à débourser 20 $ par mois pour un assistant-robot façon superhéros, capable de gérer le courrier, organiser les vacances, aider les enfants dans leurs devoirs et résoudre bien d’autres problèmes quotidiens. En attendant, la stratégie du couple Microsoft/OpenAI vise à soustraire un maximum d’utilisateurs de leur concurrent en proposant des intelligences artificielles gratuites ou des abonnements payants pour des versions plus avancées (comme ChatGPT Plus à 20 dollars par mois). Microsoft perçoit probablement une occasion de gagner des parts de marché face à Google à travers l’ensemble de son écosystème (Edge, Bing, Office via Copilot). ##### [Mise à jour du 31 mars 2023] La rapidité avec laquelle les événements s’enchaînent est stupéfiante. Moins d’une semaine après la publication de ce billet, les premières publicités sponsorisées ont émergé dans les résultats de Bing Search propulsé par GPT 4. Dans cet exemple, on remarque la mention [Ad] à côté de la réponse [1]. ### Spécialiste Google Ads: un métier qui a beaucoup évolué Auteur: Blaise Reymondin. Média: LinkedIn. Date: 30.03.2022. URL: https://blaisereymondin.com/medias/specialiste-google-ads-un-metier-qui-a-beaucoup-evolue. Source originale: https://fr.linkedin.com/pulse/sp%C3%A9cialiste-google-ads-un-m%C3%A9tier-qui-beaucoup-%C3%A9volu%C3%A9-blaise-reymondin En une vingtaine d’années, nous avons vu le technicien en marketing Google Adwords se transformer en véritable pilote de la croissance; un rôle clé pour les entreprises qui requiert des compétences transversales: à la fois stratège commercial, spécialiste en marketing comportemental et « dresseur d’algorithmes intelligents » sur la plateforme Google Ads. Nous vous proposons de revenir sur les 3 décennies du spécialiste Google Ads en vous apportant notre vision sur l’évolution du métier. #### Les années 2000: le nouveau métier de technicien Adwords (SEA) Au début de la plateforme publicitaire Google Adwords, le spécialiste en SEA consacrait beaucoup de temps à serrer des boulons, à ajuster les enchères des mots clés (prix maximum par clic pour lequel l’annonceur est d’accord de payer). Il fallait contrôler et adapter manuellement parfois des milliers d’enchères, un travail dont on ne pouvait jamais voir la fin. Il consacrait aussi une importante partie de son temps à l’exclusion de tous les mots clés non pertinents, un travail également sans grande valeur humaine. Dans les années 2000, les tâches du spécialiste SEA ressemblent grosso modo à ça : - Définir les paramètres de base des campagnes, principalement sur des cibles géographiques et linguistiques. - Identifier les mots clés qui correspondent aux requêtes sur les moteurs de recherche de la cible (en s’assurant d’enregistrer les synonymes et variantes orthographiques). - Créer des annonces capables de susciter du trafic sur les bonnes pages (et s’assurer qu’elles demeurent toujours actives). - Gérer les enchères de chaque mot clé afin que les annonces apparaissent dans les positions les plus élevées dans les résultats de recherche. - Identifier les mots clés parasites afin de les exclure du ciblage. C’est seulement à partir de 2008 que le spécialiste en SEA va pouvoir focaliser ses efforts sur un véritable indicateur de performance business: les conversions et le coût par conversion (CPA), qui témoignent d’un résultat concret de ses campagnes, de la valeur générée pour l’entreprise (des leads, des ventes). Autant de tâches répétitives ne lui laissaient guère le temps pour faire autre chose à cette époque… #### Les années 2010: bienvenue au pilotage «semi-automatique» Dans les années 2010, le technicien Adwords se transforme progressivement en réel apporteur d’affaires pour l’entreprise, assisté par des outils semi-automatiques et la mesure possible du succès (par le tracking des conversions et le couplage avec Google Tag Manager et Google Analytics). Cette décennie a aussi été marquée par la montée en puissance de l’optimisation algorithmique et par l’arrivée des stratégies d’enchères automatiques (CPA cible) qui ont changé la donne pour créer des leviers de croissance sur nos campagnes. Pour optimiser de grandes quantités de données, on s’est vite rendu compte que les machines étaient à ce jeu-là imbattables.. Les parties d’échecs et de jeu de Go entre humains et ordinateurs nous ont montré de quel côté se situera toujours le vainqueur. Mais on peut voir le bon côté des choses: les spécialistes Adwords ont ainsi pu récupérer un temps considérable sur la gestion très chronophage de certaines tâches, comme la gestion des enchères, pour les attribuer à d’autres plus valorisantes et surtout qui ne peuvent être automatisées (vraisemblablement pas avant une autre décennie). Durant cette époque, nous avons aussi pris conscience des lacunes du métier dans les fondamentaux du marketing (un héritage du web qui a avait été construit essentiellement par des informaticiens dans les années 1990-2000). Dans les années 2010, les tâches du spécialiste Adwords ressemblaient à ça : - Identifier la cible et les mots clés, les accompagner avec des audiences prédéfinies (thématiques et intérêts, cible démographique, etc.) - Réaliser des pages d’atterrissage plus persuasives (après une formation au copywriting). - Aligner les messages clés dans le contenu avec les requêtes de recherche . - Mettre en place un tracking (Google Tag Manager) pour capturer les comportements clés de visiteurs et créer des données analytiques (via Google Analytics) qui présentent des signaux de succès pour le business. - Nourrir les algorithmes automatiques avec du contenu différenciateur, définir des meilleurs objectifs pour créer de la traction sur les campagnes intelligentes. - Filtrer le trafic frauduleux des campagnes et mettre en place des solutions pour l’exclure. #### Années 2020: le spécialiste SEA devient un partenaire business incontournable et endosse le rôle d’expert en acquisition de clientèle Nous constatons l’automatisation incessante de la plateforme Google Ads, avec à la clé un moindre contrôle sur les campagnes et une visibilité sur les données diminuée. Difficile à dire où s’arrêtera l’automatisation des plateformes publicitaires, sans doute proche d’un système en self-service où il suffira d'inscrire une carte de crédit et d'indiquer un site web comme destination. Du coup, le métier du spécialiste Google Ads consiste plus que jamais à créer de la valeur business tangible pour le client, en influant sur la croissance de ses affaires par des actions sur l’ensemble de l’entonnoir de vente. Au quotidien, notre rôle ne consiste plus à appuyer sur quelques boutons dans les campagnes pour prétendre faire de l’optimisation, nous nous concentrons désormais sur les actions qui auront le plus d’impact sur l'ensemble de l’entonnoir de vente (landing page, impact des messages, positionnement, analyse des données, tracking, qualité des signaux, CRM, accompagnement de la force de vente, etc.) Celui qui était autrefois cantonné à un rôle de technicien en Google Ads est devenu un véritable expert en acquisition de clientèle, un as dans la génération de demande qualifiée. Il est le conseiller privilégié dans la conduite des opérations commerciales de l’entreprise et travaille de concert avec les équipes de vente. Le spécialiste SEA requiert des compétences non seulement techniques et analytiques, mais aussi créatives, relationnelles et entrepreneuriales. Il doit avoir de solides connaissances en économie des marchés et en culture générale (notamment s’il fonctionne en agence ou en freelance, avec des clients dans des secteurs d'activité qui peuvent être très variés). Le métier exige des compétences plus transversales que jamais. Elles vont être essentielles pour comprendre la psychologie de la cible et son parcours d’achat qui aboutiront à une page d'atterrissage hyper convaincante (faisant preuve de créativité commerciale). Le spécialiste Google Ads pilote des outils dopés à l’intelligence artificielle qui se nourrissent du contenu qu’il crée et qui vont lui permettre de se démarquer de la concurrence. La fonction exige dorénavant des profils plus seniors, capables de dialoguer d’égal à égal avec les instances dirigeantes de l’entreprise: les responsables des secteurs marketing, de la force de vente ou le patron dans le cas d’une PME. En 2022, le spécialiste Google Ads est un véritable conseiller en génération de nouveaux business qui noue des liens forts avec les membres de la direction pour piloter des campagnes qui assureront le développement de la clientèle. Il est aujourd’hui un partenaire business à part entière, un expert en acquisition de clientèle. Un rôle qui s’étend donc bien au-delà de la simple maîtrise d’une plateforme publicitaire dont les tâches consistent à : - Créer des campagnes en sélectionnant les meilleurs signaux pour orienter les algorithmes intelligents (construction de segments personnalisés, importation de données client, etc.). - Créer du contenu capable de différencier le produit de la concurrence, en décliner des variantes pour tester des gains potentiels de performance. Optimiser en continu le taux de conversion des pages clés. - Mettre sur pied un entonnoir d'acquisition et synchroniser les signaux de succès (conversions) avec les données de qualification rapportées par le CRM. - Optimiser les campagnes selon les retours des équipes commerciales (qualification des leads, taux de transformation, questions des prospects et enseignements divers). - Maximiser la qualité des leads reçus, s’assurer de la “pureté” des signaux de succès dans le CRM. - Arbitrer des informations parfois contradictoires et prendre les bonnes décisions (par exemple être capable de refuser des recommandations édictées par Google lorsqu'elles vont à l’encontre des intérêts de l’entreprise). - Gérer la croissance (et non plus un budget) en maximisant les profits selon les cibles réputées les plus rentables sur le long terme (cf. Valeur Vie Client). - Conseiller les membres de la direction (générale, commerciale et marketing) de manière proactive. Leur apporter des insights capables de challenger les produits, l’offre, les messages clés, l'expérience utilisateur (UX) et l'expérience d'achat (CX) à partir des données récoltées (analytics), mais également à travers une expérience senior multi industries / multi clients. - Contribuer à la différenciation sur le marché avec des idées novatrices (le spécialiste Google Ads est un growth hacker). - Pratiquer un marketing éthique: savoir rédiger du contenu convaincant, à forte capacité de conversion, sans user de techniques qui pourraient être assimilées à de la manipulation. Être globalement en accord avec la société et les produits que l’on promeut. - Proposer des outils et des solutions qui facilitent la mise en conformité avec la réglementation sur les données (RGPD). Blaise & Bruno proposent des formations en ligne et du contenu dédiés aux spécialistes en marketing numérique qui souhaitent se former à Google Ads et au marketing d'acquisition. ### Clubhouse mérite qu’on s’y attarde Auteur: Blaise Reymondin. Média: LinkedIn. Date: 23.03.2021. URL: https://blaisereymondin.com/medias/clubhouse-merite-quon-sy-attarde. Source originale: https://fr.linkedin.com/pulse/clubhouse-m%C3%A9rite-quon-sy-attarde-un-peu-blaise-reymondin Le 4 février, je reçois un SMS: «Hey Blaise, I have an invite to Clubhouse and want you to join…», accompagné d’une note: «C’est un réseau 100% audio, ça devrait te plaire.» Quand c'est un ami journaliste à la radio suisse romande qui l'envoie, de surcroît un spécialiste des médias et l'une des plus belles voix de la maison, cela ne peut que titiller ma curiosité. ##### Clubhouse, c’est quoi? Imaginez des émissions de radio diffusées en direct sur internet (et donc le monde entier). Sur votre iPhone (exclusivement pour l’instant), vous pouvez consulter le programme et rejoindre celles qui sont en cours de diffusion (rien n’est enregistré). Il est ensuite possible d’ajouter une programmation future à votre agenda pour ne pas manquer celle qui vous intéresse. Le grand truc ici, c'est de pouvoir participer à la discussion. Comme dans une conférence publique, on lève poliment la main (d’un clic) pour demander à monter sur la «scène» (un espace situé à l'avant de la room). Dès que l'un des organisateurs valide sa demande, on va prendre place aux côtés des intervenants. Le dialogue peut démarrer aussitôt son micro activé (d'un autre clic). A proprement parler, c'est plutôt un format de table ronde que de conférence. A noter qu'il n’y a aucune obligation de participer; on peut très bien rester silencieux au fond la classe. Voilà donc ce qu'est Clubhouse: une sorte de radio libre à l'ère d'internet, un podcast live et participatif. ##### Adrénaline Depuis leur canapé, certains ressentiront l'adrénaline d'une prise de parole devant un parterre d'une centaine de personnes. Pendant que d’autres préfèreront vibrer en dézinguant des zombies sur leur PlayStation. Au temps des confinements, chacun choisit sa manière de frissonner. Avouons-le, c'est assez grisant de venir confronter ses idées avec d’autres spécialistes dans ses domaines de prédilection. Même si certains viennent ramener leur fraise dans toutes les rooms, à la manière de ces toutologues qui investissent les plateaux télé. Heureusement, ils ne font habituellement pas long feu; les imposteurs sont ici rapidement confrontés à des contradicteurs, ce qui n'est pas le cas sur un média unilatéral comme Youtube. Sur Clubhouse, mieux vaut savoir de quoi l’on parle et bien connaître son sujet, sans quoi on passera vite pour un charlot. Celles et ceux qui maîtrisent l'éloquence et qui ont de la répartie navigueront dans Clubhouse comme des poissons dans l’eau. Mais pour nous les Suisses, c’est culturellement un peu compliqué. Qu’en est-il des débordements ? Le réseau s’autogère de manière assez miraculeuse grâce à des mécanismes de cooptation et de notification des abus par les membres. Les dérapages verbaux sont du coup peu fréquents. Le mot bateau sur le réseau, c’est la bienveillance; espérons qu’elle survivra à l'ouverture des portes de Clubhouse (qui est pour l'instant une application fermée, accessible sur invitation seulement). ##### Curiosité Pour déceler la valeur dans Clubhouse, il m'a fallu faire preuve d’un peu de curiosité; en commençant par trouver les bonnes personnes à suivre, celles capables de me stimuler intellectuellement. Certaines sont du miel pour les oreilles, et finalement peu importe de quoi elle peuvent causer. J'apprécie les personnes qui ont la faculté de pouvoir m'emporter hors de mes centres d’intérêt habituels, de m’extraire de ma bulle. Pour cela, il est souvent préférable d'ignorer son cercle de connaissances, car elles seront la plupart du temps (encore) inactives sur le réseau. Mieux vaut partir en quête de nouvelles sources d’inspiration. Pour bien débuter, je recommande de suivre également des «clubs», des regroupements d’utilisateurs autour d’un thème donné. En quelques semaines sur Clubhouse, j'ai appris plein de nouvelles choses et découvert quelques personnalités extra-ordinaires. Est-ce une activité chronophage? Pas forcément, car à l'instar de la radio on peut faire d'autres choses en même temps. C'est souvent d'une oreille d'abord distraite que j'entre sur le réseau, laissant la place au charme de la sérendipité; quand le meilleur peut soudainement arriver. ##### Ralentir L'usage de la parole comme unique moyen de communication oblige à ralentir. Ainsi, il est impossible d'écouter et interagir en mode accéléré, comme on a trop souvent pris l'habitude de lire en diagonale. Clubhouse est un réseau à contre-courant, favorisant la lenteur, voire la longueur (certaines conférences s'étirent sur plusieurs heures). Je recommande aux nouveaux arrivants de venir découvrir la plateforme aux extrémités de la journée et durant la pause déjeuner. Comme à la radio, ce sont les heures où il y a le plus d’activité. Alors certes, il y a des zones d'ombre comme la sempiternelle question de l'usage de nos données. Selon la rumeur qui court entre ses murs, tout ce qui y est raconté serait retranscrit pour une éventuelle utilisation à des fins de ciblage publicitaire. Mais qui est vraiment dupe? On sait très bien que quand c'est gratuit... notre parole vaut de l'or, pas moins d'un milliard. [Mise à jour] Paul Davison, l’un des cofondateurs de Clubhouse, a évoqué les projets de monétisation de la plateforme lors de leur conférence «town hall» ce 21 mars. Il en ressort qu’ils privilégieraient la rémunération directe des contributeurs par des abonnements, des événements payants, ou encore par la sponsorisation de certains événements par les marques. A ce stade, leur stratégie ne semblerait pas axée sur de la publicité ciblée (et donc l’exploitation des données des utilisateurs), ce qui pourrait aussi être une manière de se différencier. A suivre... Initialement publié sur LeTemps.ch ### Les horlogers sonnés par l’Apple Watch Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 28.09.2020. URL: https://blaisereymondin.com/medias/les-horlogers-sonnes-par-lapple-watch. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2020/09/23/les-horlogers-sonnes-par-lapple-watch/ Cet été en Suisse, je la voyais partout : aux terrasses des cafés, en ville, à la plage, à la montagne. Il n’y avait qu’à lorgner les poignets pour constater la part de marché phénoménale qu’a gagné la montre connectée d’Apple en 6 années seulement. Des chiffres qui donnent le vertige: la firme à la pomme a vendu 30,7 millions d’Apple Watch en 2019%20et%20Fitbit%20(1%2C6) dans le monde, avec une forte progression observée encore en ce début d’année (+22.6% au 1er trimestre 2020). Du côté des exportations suisses, l’année 2020 s’annonce elle catastrophique avec un recul de 30,5% pour la période de janvier à août. A ce rythme, Apple pourrait avoir vendu trois fois plus de montres que toute l’industrie horlogère suisse à la fin de l’année. #### L’industrie horlogère sur le point de se faire «kodakiser»? Comment ne pas voir un lien entre le succès insolent de la marque à la pomme et la baisse significative des exportations horlogères helvétiques ? Pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour comprendre que c’est l’Apple Watch qui vient mettre des bâtons dans les rouages de nos chers horlogers. Du secteur, j’entends ce lancinant refrain depuis l’apparition des premières montres connectées : « Ce ne sont pas des produits concurrents. On ne joue pas dans la même catégorie. On n’achète pas une montre suisse ou une Apple Watch pour les mêmes raisons. Il y a de la place pour ces deux produits sur le marché. » En tout cas moi je n’ai pas vu pas beaucoup de personnes qui portent une Apple Watch et une belle montre suisse à l’autre poignet. Pour le consommateur, cela sera logiquement l’une ou l’autre. « L’effet Kodak est le risque qu’une entreprise qui est forte sur son marché n’intègre pas la numérisation de son secteur d’activité dans son plan stratégique. Elle veut préserver à tout prix son modèle d’affaires traditionnel, par crainte de cannibaliser son cœur de métier, et ne se positionne pas sur l’avenir. Dans cette configuration, les employés et les dirigeants résistent fréquemment au changement, tandis que les souhaits des clients sont souvent mal interprétés. » — Damir Filipovic, professeur à l’EPFL et au Swiss Finance Institute. #### Pourquoi je ne porte plus de montre traditionnelle Pourquoi est-ce que je ne mets plus de montres mécaniques, alors que j’en possède pourtant quelques-unes (qui me plaisent esthétiquement plus que mon Apple Watch) ? C’est très simple: je ne voudrais plus me passer de l’expérience que m’offre cette montre connectée. Génies du marketing, les ingénieurs de Cupertino maîtrisent l’art de créer de nouveaux besoins et ils nous refont, dix ans après, le même coup qu’avec l’iPhone. Certains trouveront cela futile et n’y adhéreront jamais, mais le constat est qu’elle séduit toujours plus de personnes. #### Les 10 fonctionnalités incontournables pour moi sur l’Apple Watch (et pourquoi mes autres montres restent dans un tiroir) : Parmi les milliers d’applications que l’on peut télécharger sur la montre connectée d’Apple (sur le même principe que sur son smartphone), on trouvera certes beaucoup de gadgets inutiles, mais une dizaine a cependant réussi à changer mon quotidien: - Lorsque je fais de la course à pied (et d’autres sports), je n’ai pas besoin d’emporter mon smartphone pour écouter de la musique, des podcasts ou des livres audio (avec les écouteurs AirPods de la même marque). - J’effectue quasiment tous mes paiements dans les magasins, les restaurants, à la plage, etc. sans contact avec ma montre (via Apple Pay). De cette manière, je n’ai pas besoin de saisir un code, et cela même pour des montants élevés. Voilà qui est bienvenu en période de pandémie. - Lorsque je fais mes courses, je coche sur l’excellente app Bring! (une application suisse) les articles dès que je les ai ramassés dans les rayons. C’est très utile lorsqu’on porte un masque et qu’il est compliqué de déverrouiller son smartphone avec la reconnaissance faciale (par exemple avec le scanner du magasin en main). - La nuit je me sers de la fonction Lampe pour m’orienter et prendre des objets sans risquer de réveiller ma conjointe. De même avec la fonction de réveil qui, par une vibration, ne réveille que moi. - J’ai désactivé quasiment toutes les notifications sur ma montre, du coup celles qui demeurent actives sont vraiment importantes pour moi, par exemple des alarmes pour la maison, des alertes incendie, de température ou d’humidité, ainsi que des SMS restreints à quelques proches. - Si je reçois un appel urgent, je peux y répondre immédiatement même si mon smartphone n’est pas sous la main (par exemple avec les mains occupées, avec les enfants, au sport, etc.) - Lorsque j’ai égaré mon smartphone dans la maison, je peux le faire sonner d’un clic sur ma montre. Une fonctionnalité qui s’avère utile au moins une fois par semaine… - Je déverrouille tous mes ordinateurs Mac sans mot de passe, simplement en m’approchant de l’écran avec ma montre au poignet. - Avec l’Apple Watch, j’ai découvert les vertus de la respiration consciente, que je pratique régulièrement en synchronisant mon souffle avec les vibrations au poignet (sans écran). - Mon Apple Watch détecterait si je chute brusquement et appellerait les services d’urgence en notifiant ma position GPS. Je ne suis pas dans l’âge cible, mais trouve la fonctionnalité plutôt rassurante. #### Quelle succession aux amateurs de (vraies) montres? Nul doute qu’il y aura toujours un marché pour le beau et l’émotionnel, pour de véritables bijoux mécaniques. La question est plutôt de savoir quelle part du gâteau il restera à l’industrie horlogère traditionnelle, notamment en comparaison avec ses plus grandes années. Reste à espérer que les jeunes, la Génération Z et les suivantes, sauront conserver le goût pour la chose horlogère alors que des écosystèmes numériques font tout pour nous retenir captif dans de nouvelles habitudes et la promesse d’usages infinis. ### Télétravail, vidéoconférences, voyages d’affaires… Que restera-t-il après le Corona ? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 26.06.2020. URL: https://blaisereymondin.com/medias/teletravail-videoconferences-voyages-daffaires-que-restera-t-il-apres. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2020/06/26/apres-le-corona-tout-sera-vite-comme-avant-vraiment/ Que restera-t-il des nouvelles habitudes que nous avons adoptées durant cette crise ? Sur les réseaux sociaux, il y a ceux qui parient sur un rapide retour à la normale, aux week-ends Easyjet, à la bise que l’on claque à tout bout de champ. Une fois les risques écartés tout reviendra vite comme qu’avant, nous promettent-ils. Et il y a les autres, ceux qui estiment que ces nouvelles pratiques vont s’installer durablement. Qu’un pareil fait social, total, nous transformera tous un peu, forcément. Ce satané virus aura dans tous les cas réussi à faire bouger les lignes dans de nombreux domaines en un temps record. C’est le cas dans les entreprises qui ont connu une accélération sans précédent dans leur numérisation, avec des répercussions dans le quotidien de tous les collaborateurs. ##### Le télétravail est enfin pris au sérieux Il aura donc fallu une pandémie pour que l’on prenne au sérieux le télétravail. Les dirigeants ont en enfin saisi les avantages, sûrement en découvrant l’augmentation significative de la productivité en Suisse durant la crise. Ainsi, près de la moitié des PME qui ont introduit le travail à distance affirment vouloir le maintenir. Ce mode de travail a longtemps été freiné par le présentéisme, tenace dans nos contrées, et à cause d’un malentendu: celui de croire que le progrès serait de télétravailler à temps complet. Ses partisans ont pourtant toujours défendu l’idée du télétravail à temps partiel, de un à trois jours par semaine par exemple. Fort de cette expérience, une majorité de personnes disent vouloir poursuivre le télétravail après cette période hors-norme. Un retour en arrière serait d’ailleurs difficilement compréhensible alors que les entreprises prétendent s’engager en faveur de l’environnement. ##### Le boom de la visioconférence Avec l’essor du travail à distance, les applications de visioconférence comme Zoom, Microsoft Teams, Whereby ou encore Google Meet ont connu un taux d’utilisation inédit pendant ce Grand confinement. Les entreprises ont maintenant compris que la majorité des réunions de travail peuvent être réalisées à distance. Avec à la clé des économies substantielles et des employés plus heureux de gagner en flexibilité dans l’organisation de leurs journées. Sans compter la planète qui nous remercie. Certes, une fatigue peut à la longue se faire sentir à échanger continuellement via écrans interposés, mais la situation que nous avons vécue était unique; un rééquilibrage va naturellement s’opérer entre meetings virtuels et des rencontres bien physiques que l’on privilégie pour les négociations les plus sensibles, ou lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes d’abord humains. Quoiqu’il en soit, la réunionite restera un fléau, avec ou sans technologie. ##### La messe est dite pour les business trips ? Va-t-on observer à l’avenir une baisse drastique des voyages d’affaires ? Les entreprises semblent découvrir avec surprise, et bien tardivement, que les déplacements professionnels sont en grande partie remplaçables par des visioconférences. Je crois en fait qu’ils ont été longtemps motivés pour de mauvaises raisons et voilà un secret de polichinelle: les voyages professionnels permettent de récolter des points de fidélité (des Miles) qui sont ensuite fréquemment utilisés à titre privé, tranquillos avec la famille. Une pratique répandue et tolérée par nombre d’entreprises et parmi les plus grandes. Je sais que l’idée d’abandonner ce genre de privilège a pu entraîner des levées de boucliers jusque dans les directions générales de multinationales… Les enjeux climatiques ne toléreront sans doute plus l’hypocrisie de ce «tourisme d’affaire», au grand dam des compagnies aériennes et de toute une économie qui leur est dédiée. ##### Exit la bise (et la poignée de main ?) En coulisses, il semblerait que la «mort de la bise» arrange beaucoup de monde et notamment dans un contexte professionnel où elle suscite plus souvent l’embarras que la franche adhésion. Cela dit, la relation à la bise est quelque chose de culturel et son acceptation varie d’un pays à l’autre et selon les régions. Si le retour de la poignée de main, ce symbole de paix entre les hommes, apparait plus probable, elle provoque cependant déjà des situations embarrassantes: comment faudrait-il réagir lorsqu’un supérieur hiérarchique, ou un client, vous tendent la main (ou la joue) et que cela va à l’encontre de vos convictions, de vos principes de précaution ? Quant aux solutions hydroalcooliques, elles pourraient bien perdurer dans les bureaux et les lieux d’aisance; cette pandémie nous a aussi fait prendre conscience du mode de transmission de toutes les maladies. ### Quand le coronavirus leur sort par le nez Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 08.03.2020. URL: https://blaisereymondin.com/medias/quand-le-coronavirus-leur-sort-par-le-nez. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2020/03/08/quand-le-coronavirus-leur-sort-par-le-nez/ Aux portes de notre pays, 16 60 millions de personnes viennent d’être placées en quarantaine. Du jamais vu, mais en même temps j’entends monter l’agacement : «ce n’est qu’une grippe comme les autres….», «je n’en peux plus de ce #coronavirus dans les médias…», etc. Dans ma tribu, il a toujours été de bon ton d’afficher son anticonformisme lorsque survient un phénomène de masse. Sauf qu’il ne s’agit pas cette fois-ci de supporter le dernier tube de Shakira, mais quelques principes de précaution susceptibles de sauver des vies. A l’échelle de la planète, ce sont quelques dizaines de millions de personnes qui seront en sursis ces prochaines semaines. Leur sort dépend – en partie – des comportements que nous adoptons maintenant. Ou pas. Dans une époque où chacun croit ce qu’il a envie de croire, il me parait inconcevable de ne pas appliquer collectivement ces précautions. Du mieux possible, et sans pour autant devenir une bande de toqués. Ni de moutons. Surtout quand les seuls qui doutent sur la question sont d’éminents spécialistes médicaux ou scientifiques (mais jamais les nobels en science infuse que l’on croise sur les réseaux sociaux). Les personnes à risques, votre grand-père, tous les «fragiles» vous remercient déjà du fond du coeur (et des poumons) pour votre aimable contribution. ### «Liker» un contenu haineux est désormais punissable en Suisse Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 23.02.2020. URL: https://blaisereymondin.com/medias/liker-un-contenu-haineux-est-desormais-punissable-en-suisse. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2020/02/23/liker-un-contenu-haineux-est-desormais-punissable-en-suisse/ En Suisse, «Liker» un contenu à caractère haineux ou diffamatoire est désormais punissable pénalement (si un clic l’a rendu visible à d’autres personnes). Dans son arrêt, le Tribunal Fédéral envoie un signal fort qui place la Suisse dans les nations pionnières en matière de responsabilité individuelle sur les réseaux sociaux. Une décision qui n’est d’ailleurs pas passée inaperçue à l’international. De nombreuses voix s’élèvent pour demander une régulation des plateformes comme Twitter ou Facebook. Mais ce dernier (qui fête ses quinze ans) n’atteindra sans doute jamais l’âge de maturité qui lui permettrait de s’autoréguler, car cela reste d’abord un problème de volonté. Alors aussi puissants soient-ils, ces réseaux sont avant tout des outils de communication et d’expression placées dans les mains de leurs utilisateurs. Bien que numériques, ils ne peuvent demeurer éternellement des zones de non-droit exemptés de tous devoirs. La Suisse franchit le pas en considérant qu’un clic n’est pas anodin et qu’il peut, dans certaines circonstances, porter des soupçons accusateurs sur quelqu’un, atteindre à l’honneur ou encore discriminer une communauté. Une simple pression de l’index – un clic – qui est susceptible d’entraîner les mêmes conséquences aux yeux de la loi qu’un salut fasciste, une quenelle ou un discours raciste. Ceux qui le pratiquent comme un doigt d’honneur tendu pourraient désormais y réfléchir à deux fois. ### Google enterre les cookies (et se débarrasse au passage de la concurrence) Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 16.01.2020. URL: https://blaisereymondin.com/medias/google-enterre-les-cookies-et-se-debarrasse-au-passage-de-la. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2020/01/16/google-enterre-les-cookies-et-se-debarrasse-de-la-concurrence/ Google a annoncé la fin imminente de l’acceptation des cookies en provenance de sites tiers sur son navigateur Chrome. Est-ce là un pas en direction d’une meilleure protection de la sphère privée ou plutôt un habile coup pour renforcer une position déjà hégémonique sur le marché de la publicité en ligne ? #### Rappel: qu’est-ce qu’un cookie ? Un cookie est un petit fichier informatique que le navigateur vient déposer sur votre ordinateur lorsque vous visitez un site web. Il en existe 2 types :  - Le cookie propriétaire, déposé par le site que vous visitez, la plupart du temps pour assurer son bon fonctionnement (maintenir une connexion active, conserver le contenu d’un panier d’achat, etc.) - Le cookie tiers, déposé par une entité tierce (comme Google ou Facebook), la plupart du temps à des fins de reciblage publicitaire. #### Qu’est-ce que le reciblage publicitaire ? En voici le principe, par un exemple. Vous avez regardé plusieurs paires de chaussures sur le site de vente Zalando, mais vous n’êtes pas encore prêt(e) à passer à la caisse. Vous allez ensuite apercevoir ces mêmes chaussures dans des publicités un peu partout sur internet, comme si elles vous suivaient à la trace… Ca vous rappelle quelque chose ?   En parcourant le site de Zalando, votre navigateur a reçu un cookie tiers généré par la plateforme publicitaire Google Ads. Lorsqu’ensuite vous visiterez d’autres sites qui accueillent des espaces publicitaires gérés par Google, vous verrez à nouveau apparaître les même escarpins.  #### Google annonce la fin des cookies tiers dans son navigateur Chrome Tout a démarré avec les initiatives en faveur de la vie privée, telles que le règlement européen sur la protection des données (RGPD). Celles-ci soumettent notamment l’utilisation des cookies à l’acceptation préalable de l’internaute lors de sa première visite sur un site. Apple avait saisi l’occasion de se démarquer de la concurrence avec son navigateur Safari, en faisant de la protection de la vie privée un nouvel argument marketing. Safari fut ainsi le premier à bloquer les cookies tiers, espérant devenir un modèle dans la protection des données et attirer de nombreux utilisateurs échaudés par les récents scandales en la matière. Il a ensuite rapidement été suivi par l’outsider Firefox.  Cette semaine, c’est donc au tour de Chrome de suivre le mouvement. Ce qui ne manque pas de nous interroger sur les motivations de Google, le leader avec 70% de parts de marché. #### Un changement sans véritable impact pour les consommateurs Le reciblage publicitaire ne va disparaitre pour autant. Les cookies sont depuis longtemps sur la sellette et les GAFA n’ont pas attendu l’heure d’une réglementation pour élaborer d’autres techniques de suivi comme le fingerprinting. Google et Facebook sont les seuls à disposer de bases de données gigantesques, constituées de plusieurs milliards d’utilisateurs qu’ils connaissent parfaitement grâce à un profilage systématique. Comment procèdent-ils? En nous identifiant lors de l’utilisation des services gratuits auxquels nous sommes connectés en permanence: Gmail, Google Maps, le navigateur Chrome, etc. Sans compter les propriétaires des smartphones qui fonctionnent sous le système d’exploitation Android, soit plus de 9 utilisateurs d’appareils mobiles sur 10 dans le monde!  Rien de bien nouveau: en utilisant des produits «gratuits», c’est nous qui sommes le produit (on se souvient du fameux mantra de l’économie numérique). Mais qu’est-ce qui change alors avec cette annonce ? #### Google est, l’air de rien, en train de tuer la concurrence Pour les acteurs de la publicité numérique, l’abandon des cookies tiers est vécu comme un tsunami. La majorité de ceux-ci ne disposant pas des services de l’ampleur de ceux de Google ou Facebook. Prenons l’exemple du Français Criteo, une entreprise spécialisée dans le reciblage publicitaire. Son cours s’est aussitôt effondré à la bourse après l’annonce de Google. Elle propose en effet aux propriétaires de sites web d’installer un cookie tiers, pour recibler les visiteurs qui n’auraient pas effectués une action déterminante sur leur site (par exemple une demande de contact ou un achat en ligne).  Criteo est une alternative à Google comme il en existe d’autres. Sauf que son modèle d’affaire repose historiquement sur l’usage des cookies tiers. Leur tentative de résistance, sous la forme d’une ultime «bidouille» parait fort limitée et sans doute éphémère.  Si les cookies tiers disparaissent, les acteurs de la publicité numérique auront vraisemblablement de la peine à survivre. Ce qui pourrait logiquement faire les affaires de Google qui s’arrogera inévitablement une plus grande part du gâteau publicitaire. Alors, l’abandon des cookies tiers est-il au final une aubaine pour Google ? Probablement, d’autant plus qu’ils ne sont pas à l’origine de ce mouvement et peuvent dès lors faire mine de se plier aux nouvelles pratiques de l’industrie et à la réglementation naissante. #### Les incitations au respect de la vie privée ne font que renforcer les GAFA Au final, il semble que toutes les initiatives visant à augmenter le respect de la vie privée ne font que renforcer les GAFA. Ceux-ci sont les seuls à disposer d’écosystèmes comptant plusieurs milliards d’utilisateurs connectés en permanence à leurs services. D’un côté nous avons Google avec Gmail, Google Chrome, Google Maps, Youtube. Et de l’autre côté Facebook avec aussi Instagram et WhatsApp. Mais Google a l’avantage de pouvoir capitaliser sur les données de tous les propriétaires de smartphones sous Android, ainsi que des billions de signaux provenant de son outil de mesure Google Analytics. Quelle ironie, notamment si l’on se rappelle que le règlement européen RGPD existe aussi pour tenter de freiner la domination absolue des GAFA.  #### Un marché de la publicité numérique plus concentré que jamais Google, Facebook et (de manière croissante) Amazon dominent toujours plus le marché de la publicité numérique. Et leur leadership n’est pas prêt de s’arrêter: en plus des utilisateurs et de leurs données, ils ont une longueur d’avance dans le développement des algorithmes intelligents (qui se nourrissent de ces données pour progresser). Une intelligence artificielle qui est en théorie capable d’identifier des utilisateurs uniques, sans même qu’ils se soient inscrits à des services.  Avec une telle avance, il est difficile d’imaginer comment l’insolante domination des GAFA pourrait être remise en question dans un avenir proche, si ce n’est par la volonté d’une action politique.  A écouter sur le même sujet: l’interview de Bruno Guyot à l’émission Forum (RTS) du 15 janvier 2020 ### J’ai testé Revolut, la révolution annoncée des services bancaires Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 08.08.2019. URL: https://blaisereymondin.com/medias/jai-teste-revolut-la-revolution-annoncee-des-services-bancaires. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2019/08/05/jai-teste-revolut-la-revolution-annoncee-des-services-bancaires/ On entend beaucoup parler de la monnaie virtuelle de Facebook (la Libra) depuis ce printemps. Elle est cependant menacée par des projets de régulation et on ne sait si elle déferlera un jour sur l’économie mondiale. En attendant, c’est l’application Revolut qui doit donner des cheveux blancs aux banquiers traditionnels. Lancée à Londres en 2014 par deux ex du Crédit suisse, elle a conquis quelques 5 millions de clients en Europe et cela presque sans publicité, portée par l’enthousiasme de ses utilisateurs et le bouche-à-oreille. Revolut a construit sa réputation en proposant des services bancaires sans facturer de frais ou de commissions sur la plupart des opérations. ##### Une application convaincante Lors de ma première utilisation – tout se passe via l’application mobile – je suis séduit par l’interface qui est d’une grande clarté et qui ne ressemble pas vraiment à une plateforme bancaire. Ouvrir un compte virtuel s’avère d’une simplicité déconcertante (il faut néanmoins fournir une preuve d’identité comme une photo passeport). Ensuite, c’est un jeu d’enfant de transférer de l’argent ou d’échanger des cryptomonnaies avec son smartphone. Un environnement ludique que l’on pourrait à la limite trouver pernicieux, s’agissant d’argent bien réel. ##### Une version payante rentable à l’étranger Je souscris assez rapidement à l’offre payante pour bénéficier des avantages réservés aux détenteurs de la carte «Metal» , facturée 160 CHF par année. En plus de l’envoi et de la réception d’argent, elle permet d’échanger des cryptomonnaies, d’effectuer des retraits aux distributeurs de billet dans le monde entier (jusqu’à 600€ par mois sans frais), donne l’accès à un concierge virtuel, à des assurances (dégâts smartphone, médicales, pertes de bagages), offre un cashback immédiat (remboursement) de 0,1 à 1% sur les dépenses et promet un accès facilité aux salons des aéroports. Mais est-ce cher payé? En ce qui me concerne, mon investissement de départ a été amorti en moins de 3 mois (et surtout après 3 voyages). Revolut a désormais remplacé l’usage de mes cartes de crédit traditionnelles pour toutes les transactions en monnaies étrangères, et pour cause: contrairement à ma banque traditionnelle qui me charge 1,75%, il n’y a chez Revolut pas de majoration sur les taux de change, ni frais de transaction; ainsi seul le cours interbancaire est appliqué lors d’un achat à l’étranger. Lors d’un séjour à San Francisco, j’ai également reçu un cashback de 1% sur toutes mes dépenses, y compris pour une note d’hôtel de plusieurs milliers de dollars. En supprimant les frais de traitement sur les transactions en monnaie étrangère, Revolut met en quelque sorte fin à ce qu’on pourrait appeler le «roaming bancaire». Il est piquant de constater que PayPal, le vétéran des plateformes de paiement en ligne, se voit lui aussi «disrupté» par Revolut. Lors d’une commande en ligne effectuée sur un site en Angleterre, j’économise 8,50 CHF sur une commande de 176 CHF en payant en directement en Livre Sterling avec ma carte noire-métal. C’est bien plus intéressant que la conversion en francs suisses qui m’était proposée par PayPal. Et comment ajoute-t-on de l’argent à son compte Revolut? Deux possibilités: en effectuant un virement à partir d’un compte bancaire classique (à un n° IBAN, en l’occurence en Suisse) ou plus étonnant, en débitant une carte de crédit standard sans frais additionnels (expérience faite avec mon émetteur de carte, mais ce n’est apparemment pas le cas chez tout le monde!). Dans le second cas, l’avantage réside dans le transfert instantané du montant sur son compte Revolut, ce qui est fort pratique lorsqu’on souhaite recharger son compte à sec, par exemple au moment où l’on s’apprête à effectuer un règlement dans une boutique. ##### L’ouverture à Apple Pay: la seconde révolution Pour nous autres en Suisse, Revolut fait sauter un verrou en autorisant l’utilisation d’Apple Pay pour les paiements sans contact. Les acteurs bancaires helvétiques ont tout fait pour barrer la route à la pomme et imposer leur propre service (TWINT). Mais voilà qu’elle arrive sur le marché par la porte de derrière, avec Revolut. Dernièrement, c’est avec mon Apple Watch (Revolut + Apple Pay) que j’ai effectué la majorité de mes paiements dans des établissements physiques: restaurants, hôtels, cafés, magasins, stations-service, paillotes de plage, etc. Le taux d’acceptation de ce moyen de règlement a été très élevé: 100% à San Francisco et à Londres, environ 90% lors de mes vacances en Corse cet été (c’est tellement pratique de se promener sans argent liquide à la plage, sans même une carte de crédit ou un smartphone). L’expérience d’achat avec l’Apple Watch a quelque chose de quasi magique, notamment pour ceux qui n’ont en jamais entendu parler; un restaurateur corse qui découvrait ébahi ce moyen de paiement m’a demandé «où j’avais garé ma soucoupe volante»  ?. ##### Un avenir pourtant incertain Revolut ajoute régulièrement de nouveaux services, avec apparemment l’idée de toujours changer la donne. Si l’achat et la vente de cryptomonnaies sont déjà d’actualité, il est désormais possible de boursicoter pour se constituer un portefeuille d’actions avec l’application (toujours sans frais). Quelle est la révolution ici? L’option d’acheter des fractions de valeurs boursières, démocratisant l’accès à des titres onéreux comme ceux d’Amazon ou Apple. Revolut ne va sans doute pas s’arrêter en si bon chemin et l’on peut raisonnablement imaginer qu’ils revisiteront à leur manière l’intégralité des services bancaires classiques (prêts, hypothèques, etc.). A moins qu’ils ne soient d’ici là rattrapés par les rumeurs de liens avec la Russie, susceptibles de compromettre leur licence bancaire européenne? Note: Revolut appliquerait une légère majoration sur les échanges de monnaie durant les week-ends. Bon à savoir! ### Pourquoi on ne peut échapper au profilage des géants du net Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 02.05.2019. URL: https://blaisereymondin.com/medias/pourquoi-on-ne-peut-echapper-au-profilage-des-geants-du-net. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2019/05/02/pourquoi-on-ne-peut-echapper-au-profilage-des-geants-du-net/ Vous faites partie de ces personnes réfractaires aux réseaux sociaux et vous n’avez aucun profil sur Facebook, Instagram ou Linkedin? Que ce soit par conviction ou comme un principe de précaution pour préserver votre vie privée, les scandales à répétition vous ont peut-être donné raison: le bénéfice du doute est désormais révolu pour les géants du net. Mais si vous croyez passer entre les filets en fuyant leurs services en ligne, détrompez-vous: il est quasiment impossible de se soustraire au profilage des GAFA. Si ce ne sont pas vos propres données personnelles qui vous ont trahi, vous aurez été démasqué par celles de vos proches et de vos connaissances… ##### Les non-utilisateurs sont aussi identifiés, traqués Facebook est capable de dresser le portrait «virtuel» des non-utilisateurs de ses plateformes. Ainsi, si vous n’y êtes pas présent, il y a de fortes chances qu’une majorité de vos connaissances soit inscrite sur Facebook/Instagram, WhatsApp ou encore sur Gmail. Dès lors, votre numéro de téléphone et votre e-mail auront été capturés par ces applications mobiles qui sont programmées pour siphonner le carnet d’adresses de chaque utilisateur, et donc vos données qui se trouvaient certainement dans les appareils de vos amis. Avec d’autres techniques comme le pixel tracking, le réseau social parvient à profiler les internautes bien au-delà des 2,7 milliards de membres que comptent Facebook, WhatsApp et Instagram réunis. La fiabilité du procédé est redoutable si l’on pense que nos numéros de téléphone et adresses e-mail fonctionnent comme des identifiants uniques, au même titre que notre numéro de passeport. Boycotter les services en ligne des géants du net pour éviter d’être profilé s’avère vain. Même en ne figurant sur aucun réseau social, en fuyant leurs systèmes de messagerie, en utilisant des alternatives au moteur de recherche de Google ou à Gmail; les plateformes peuvent recomposer les chaînons manquants dans leur base de données à partir des autres utilisateurs. Un enfant de 4 ans parvient à terminer un puzzle d’un millier de pièces s’il n’en reste que quelques-unes à placer et si on lui indique encore quelle pièce est voisine de l’autre. Ce jeu-là ne présente aucune difficulté pour une intelligence artificielle avec de grandes quantités de données. Au final, les GAFA ont certainement cartographié les connexions sociales de toute la population occidentale, et c’est sans précédent dans l’histoire. ##### Nos photos sont des passeports biométriques Un autre point contribue à rendre irréaliste l’anonymat numérique: les photographies de nous-mêmes qui ont été aspirées par les moteurs de recherche et transférées ou stockées dans le cloud. Il suffit d’une seule photographie publiée sur le net dans les vingt dernières années, associée avec son nom dans une légende, pour que l’on puisse être identifié pour l’éternité par les techniques de reconnaissance faciale (des progrès notables sont prévisibles à court terme dans ce domaine). Aviez-vous utilisé votre plus beau portrait pour votre profil Linkedin? Et quid de cette photo publiée il y dix ans dans un quotidien régional, lorsque que vous participiez innocemment à la course à pied du village? Dans sa forme numérique, un article de presse n’a plus rien d’éphémère; il ne finira plus avec les épluchures de légumes mais résidera pour toujours dans le ventre d’un moteur de recherche. Connaissez-vous le site web PimEyes.com? Il permet de rechercher une personne sur le web à partir d’un simple cliché, pourquoi pas pris à l’insu d’une personne dans le métro. S’il se révèle encore moyennement efficace, les GAFA disposent eux des données et des algorithmes pour rendre le procédé quasi infaillible. Et si vous avez réussi à rester invisible dans les moteurs de recherche d’images, il est probable qu’un membre de votre famille ou une connaissance vous ait «tagué» dans une application de photo (par ex. Lightroom, Google Photos, Apple Photos, etc.) ou sur un réseau social. Votre image avec ses caractéristiques biométriques appartiennent dorénavant aux géants du net, sans aucune transparence sur l’usage qu’ils en feront. ##### Du capitalisme de surveillance à l’autocratie robotisée? Les GAFA, biberonnés avec nos données, se conduisent comme des grands gamins immatures qui utilisent leurs pouvoirs de Big Brother à des fins économiques. Des garde-fous doivent être érigés pour éviter le dérapage de ce capitalisme de surveillance vers une société de surveillance, qui n’attendrait qu’un basculement géopolitique pour être validée. Le glissement graduel des plus grandes nations vers l’autocratie ne sont pas les signaux les plus rassurants. «Croire qu’une société cotée puisse internaliser le bien social dans ses choix stratégiques, et accepter, sans y être forcée, de freiner le développement de ses recettes pour améliorer le bien-être commun est un pari déraisonnable. À l’inverse, l’histoire récente montre qu’une menace coordonnée de régulation à l’encontre des géants du net peut être aussi efficace qu’un texte imposé.» La civilisation du poisson rouge, Bruno Patino (Ed. Grasset & Fasquelle) ### Pourquoi je privilégie WhatsApp pour communiquer avec mes clients Auteur: Blaise Reymondin. Média: Bilan (Opinions). Date: 03.02.2019. URL: https://blaisereymondin.com/medias/pourquoi-je-privilegie-whatsapp-pour-communiquer-avec-mes-clients. Source originale: https://www.bilan.ch/opinions/blaise-reymondin/pourquoi-jai-choisi-whats-app-comme-outil-de-communication-professionnel Nous sommes en 2019 et l’information peine toujours à circuler au sein des entreprises. Efficacement, je veux dire. On apprend ainsi que la «réunionite aiguë» coûte 39 milliards par an aux entreprises en Suisse. Quant à l’autre plaie du bureau, elle se nomme e-mail ; l’outil qui était révolutionnaire dans les années 90 est aujourd'hui pointé du doigt pour son côté chronophage, franchement inefficace lorsqu'il s'agit de coordonner des projets au quotidien. Pourtant, et aussi contre-productif soit-il, le courriel demeure en tête des réflexes pour la communication professionnelle. ##### L’essor des messageries instantanées Pour le grand public, les messageries instantanées sont devenues en quelque sorte les nouveaux réseaux sociaux . Fortes de ce succès, elles commencent à avoir le vent en poupe dans les entreprises, stimulées notamment par le développement du télétravail . Les entreprises adoptent des solutions dédiées comme Slack, Microsoft Teams, ou encore Salesforce Chatter. La multinationale Nestlé a porté son choix sur Facebook Workplace pour favoriser la communication entre ses 323’000 collaborateurs . ##### Pourquoi choisir WhatsApp? Avec mes propres clients et partenaires business, j’ai opté pour la solution la plus simple possible: WhatsApp . Oui, la plateforme grand public qui est aussi bien utilisée par les ados que les aînés dans ma famille. Le principal avantage de WhatsApp, c’est qu’elle est justement la messagerie la plus utilisée au monde. L'application est déjà installée sur les smartphones de la plupart de mes interlocuteurs et son utilisation ne nécessite donc aucune adaptation particulière, ou souscription à un abonnement payant. A noter que si dans certains pays c’est Facebook Messenger qui est leader du marché (en France par exemple), il ne serait pas surprenant que les deux plateformes fusionnent prochainement . Durant ma journée de travail, c’est la version Desktop de WhatsApp que j’utilise principalement. Sur un ordinateur, je jongle entre plusieurs groupes de discussion et saisis mes messages sur un vrai clavier; c'est évidemment plus pratique. Une conversation sur WhatsApp n’a ni début ni fin; les sempiternelles salutations d’usage avec les e-mails deviennent superflues, avec un gain de temps à la clé. Mais bien sûr, rien n’empêche de lancer un «Bonjour !» en début de journée sur un fil de discussion. Les smileys ont fait leur apparition dans l'univers corporate 😅: ils font dorénavant partie du langage courant avec leur capacité à transmettre instantanément, et souvent mieux qu'avec des mots, une émotion. Avec WhatsApp, j'ai pu réduire le nombre de update-meetings , qui sont habituellement planifiés pour combler des lacunes dans la transmission des informations. Car les échanges s’effectuent désormais dans la continuité: que mon interlocuteur soit la porte à côté ou à l’autre bout de la planète, les décisions peuvent être prises bien plus tôt, en quasi temps réel. En général, je réponds dans les 1-2 heures sur WhatsApp, ne serait-ce que pour donner quittance à une nouvelle requête. Et quand une réponse nécessite moins de cinq minutes, je préfère la traiter tout de suite. Avec ce canal, je me surprends à répliquer plus vite qu’auparavant, sans jamais interrompre mon travail (pour cela il est impératif de désactiver toutes les notifications sur ses appareils ). ##### Et la sécurité des données? J’entends déjà les rabat-joies: «Non, je ne partagerai pas des données de ma société sur une plateforme qui appartient à Facebook, avec les scandales de non-respect de la protection de nos données personnelles. Et parce que je ne souhaite pas non plus recevoir des publicités ciblées», m'expliquait-on récemment sur les réseaux sociaux. Ma réponse se veut modérée et je la crois responsable: les communications à caractères stratégiques, contenant des secrets industriels ou d’Etat, ne doivent tout simplement pas transiter via des outils de communication numériques sans suivre un protocole élevé de sécurisation (par conséquent plus contraignant). Le niveau élevé de chiffrement utilisé par WhatsApp me semble tout à fait adapté à des messages catégorisés comme «confidentiels», c’est-à-dire convenant à la majorité des échanges dans un cadre professionnel. Pour le reste, il est en effet préférable d'employer une messagerie hautement sécurisée et «open source» comme Signal (moins riche en fonctionnalités et moins populaire que WhatsApp, il faudra persuader vos contacts de l’installer). Je suis convaincu du rôle clé que vont jouer les messageries instantanées dans les entreprises de toutes les tailles, au coeur de la relation-client. Même les médecins commencent à dialoguer de cette manière avec leurs patients, poussés par ces derniers qui comprennent l’avantage de recevoir un premier avis médical, ou un rapide suivi n'exigeant pas forcément une nouvelle consultation au cabinet. Les banques privées vont toutes s’y mettre et elles choisiront peut-être WhatsApp, dès lors que c’est uniquement de cette façon qu'une nouvelle génération de clients voudra communiquer. ### Sans but précis un algorithme restera stupide Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 07.10.2018. URL: https://blaisereymondin.com/medias/sans-but-precis-un-algorithme-restera-stupide. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2018/10/07/sans-but-precis-un-algorithme-restera-stupide/ L’un des problèmes avec l’intelligence artificielle réside dans la difficulté à transmettre les bons objectifs à la machine. C’est pourtant un élément clé pour son utilisation, alors qu’elle n’est nullement dotée de ce que nous appelons le «bon sens commun» pour déduire ce qui est important et ignorer ce qui ne l’est pas. Sans but à atteindre, un algorithme demeurera stupide! C’est un principe aussi important que la quantité de données que nous mettons à disposition de l’IA pour son autoapprentissage ou encore la qualité des algorithmes. Pour l’illustrer autrement qu’avec le jargon de mon domaine du marketing numérique, je vais vous raconter une anecdote personnelle que chacun pourra expérimenter avec son smartphone. J’utilise l’application Apple Musique pour écouter de la musique en streaming. Comme son rival Spotify, elle recourt à l’intelligence artificielle pour apporter des recommandations et faciliter les recherches. Chaque semaine, l‘application me propose une playlist avec les nouveautés musicales qui sont censées me plaire. Cette liste je l’attends avec une certaine impatience, car grâce à elle j’ai déjà découvert de nombreuses perles musicales. Mais voilà qu’un beau matin en écoutant ma liste hebdomadaire de recommandations, je tombe sur le titre Zuma Zoum de Patrick Sébastien : Je peux vous assurer que j’ai zéro affinité avec l’oeuvre du chansonnier français. Mais comment un algorithme supposément intelligent est-il parvenu à me proposer cette chanson? Non, ce n’est pas un bug informatique: l’algorithme intelligent est programmé pour atteindre un but prédéfini par un ingénieur (celui que j’appelle le dresseur d‘IA). Chez Apple, quelqu’un lui a certainement donné pour objectif de me proposer des morceaux similaires à ceux que j’écoute. Mais il se trouve que c’est un très mauvais choix: cela ne signifie aucunement que ce sont ceux-là que je préfère! Heureusement, à la fin de l’histoire mon honneur est sauf et j’ai finalement compris pourquoi mon smartphone m’avait proposé cette rengaine de bal musette: j’ai une fille de cinq ans et cet été elle a invité ses camarades à la maison pour une petite fête. Les mouflets ont guinché sur de la musique dans le genre «Disco Kids». C’était donc ça, mais hélas le mal était fait: l’IA l’avait pris pour un signal de préférence personnelle et depuis, influencé par ces écoutes parasites, elle me propose sans vergogne des titres similaires. Une vraie plaie. Et persévérant dans son erreur, il me propose également des «musiques pour la relaxation». C’est vrai que j’en écoute régulièrement en travaillant, mais le genre ne présente aucun intérêt musical pour moi et dès lors ce n’est pas la peine de m’en proposer dans une playlist de « découvertes musicales ». Ce résultat est d’autant plus absurde qu’Apple connait mes morceaux préférés, j’en ai ainsi signalé plusieurs milliers par des ❤️ (j’aime) depuis une quinzaine d’années. Manifestement, chez Apple ils ne prennent pas en compte les bons signaux pour éduquer leur algorithme de recommandation. Ou en tout cas pas pour moi. L’avènement de l’intelligence artificielle nous rappelle l’importance de fixer les bons objectifs et de les prioriser. Si par exemple dans une entreprise les objectifs n’ont pas été clairement définis, s’ils sont ne sont pas connus de tous les collaborateurs ou s’il s’avère que les dirigeants ne sont pas alignés avec ces objectifs, il est fort probable qu’elle ne les atteindra jamais! ### Tous dresseurs d’intelligence artificielle? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 11.05.2018. URL: https://blaisereymondin.com/medias/tous-dresseurs-dintelligence-artificielle. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2018/05/11/tous-dresseurs-dintelligence-artificielle/ Lorsque nous nous penchons sur un problème pour le résoudre, nous n’avons pas conscience des millions de neurones qui s’activent dans notre cerveau. Ainsi, nous ignorons presque tout sur le fonctionnement de notre intelligence; d’où nous provient tel éclair de lucidité et quels sont les mécanismes qui régissent nos réflexions. Être méthodique, avoir un haut QI et être instruit peut certes aider, mais avant tout nous devons savoir ce que nous cherchons à élucider. #### La boîte noire de l’intelligence artificielle On découvre une étonnante similitude dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA): les chercheurs parviennent à mesurer l‘efficacité des algorithmes de machine-learning pour résoudre un problème, mais ils peinent à démontrer leur logique, à entrevoir ce qui pourrait ressembler à un«raisonnement» derrière le cheminement pris par la machine. En marche, la créature échapperait à ses créateurs. Dans mon activité professionnelle, lorsque j‘interroge mes contacts chez Google sur certains comportements de la plateforme publicitaire Adwords, j’entends de plus en plus fréquemment: «Navré, on n‘en sait pas pourquoi cela fonctionne de cette façon». Et parfois d’avouer: «Avec le machine learning, personne ne sait en fait vraiment comment ça marche.» «Des techniques d’autoapprentissage qui font penser à une nouvelle forme d’alchimie», raconte au magazine Science un chercheur en IA chez Google. L’IA fonctionne de manière plus empirique que mathématique et avance par des millions de tâtonnements successifs («computers learn through trial and error») jusqu’à atteindre sa finalité. Alimentée par un océan de données, elle s’oriente avec des signaux qui lui indiquent si elle est sur la bonne piste pour un succès, ou si au contraire elle s’en éloigne. #### Dompter la machine pour qu’elle atteigne le but fixé Comme nous autres, la machine restera improductive sans une mission précise, sans un cap qu’elle pourra garder dans son viseur. Les livres sur le management et le développement personnel rappellent l’importance de fixer des objectifs clairs et atteignables. Une étape incontournable avant de démarrer avec un plan d’action. «Setting goals is the first step in turning the invisible into the visible.» — Tony Robbins #### Vers des managers d’IA Le rôle du manager d’IA consiste à définir les objectifs pour la machine, de s’assurer qu’ils sont les plus pertinents et vérifier qu’elle en fera le meilleur usage. Le cas échéant, il devra revoir ses objectifs ou prévoir des buts intermédiaires, par exemple si l’objectif initialement fixé se révèle trop élevé, hors d’atteinte d’un premier coup. Sans intention préalable, la machine n’est capable d’aucun miracle technologique; elle échouera et encore plus rapidement que si les décisions avaient été humaines. Alors que l’automatisation va transformer les métiers en profondeur, les écoles doivent former sans tarder les étudiants à devenir des coaches d’intelligence artificielle. Les entreprises ont désormais besoin de leaders qui savent intégrer, diriger et accompagner les cerveaux de silicium. Et, qui sait, un jour les inspirer. «In a company, hundreds of decisions get made, but objectives and goals are thin.» — Ben Horowitz ### SSR-Billag: et si le péril venait du budget des consommateurs connectés? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 14.01.2018. URL: https://blaisereymondin.com/medias/ssr-billag-et-si-le-peril-venait-du-budget-des-consommateurs-connectes. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2018/01/14/ssr-billag-et-si-le-peril-venait-du-budget-des-consommateurs-connectes/ Attaché à la mission du service public dans le paysage médiatique, je voterai non à No Billag. Je crois pourtant que l’initiative a des chances d’être acceptée pour un argument quelque peu différent de ceux entendus jusque-là. Le poste qui a décuplé en vingt ans dans le budget des ménages, c’est celui des coûts liés aux nouveaux médias et au numérique. Dans les années quatre-vingt, l’abonnement à la télévision par câble marquait une première augmentation significative par rapport à ce que coûtait la seule télévision hertzienne. Depuis l’émergence de l’internet à haut débit et du smartphone, le consommateur souscrit à une multitude de services et médias en ligne. Souvent pour un prix qui paraît dérisoire: une dizaine de francs par mois par-ci et par-là. C’est ainsi que la douloureuse gonfle progressivement. Insidieusement. Le budget mensuel d’un foyer composé de deux adultes et de deux adolescents peut désormais ressembler à ça: - 1 abonnement de base Swisscom (S) Internet+TV, avec 4 abonnements de téléphonie mobile: 265 CHF par mois - 1 abonnement familial Spotify pour la musique illimitée: 19,90 CHF par mois - 1 abonnement Netflix HD: 15,90 CHF par mois - 1 abonnement Playstation Plus: 5 CHF par mois - 1 abonnement Apple iCloud (sauvegarde des données et photos 2TB): 10 CHF par mois Total : 315 CHF par mois, soit 3’780 CHF par an. A ceci, il faut ajouter le prix pour l’achat ou le renouvellement des smartphones pour chaque membre de la famille (cela fait un moment qu’un téléphone portable ne sert plus à téléphoner). Sans compter le coût des tablettes, des ordinateurs portables, des applications mobiles et autres jeux achetés au cours d’une année. Actuellement, ce sont les cours en ligne (bien sûr avec abonnement) qui sont en vogue: cours de langues, de cuisine, de programmation, de piano, de yoga, etc. Le poste «média et numérique» peut apparaître aujourd’hui disproportionné au bilan d’une famille moyenne. Dans ce contexte, il est particulièrement risqué de venir lui demander si elle préfèrerait se passer d’une facture de 450 CHF pour Billag. A l’heure où nombre de consommateurs doivent faire des choix économiques, ils adhéreraient certainement à une offre SSR qui ne serait pas au rabais, mais réaménagée ou sur un modèle à options. Car qu’on le veuille ou non, la consommation des médias «à la carte» s’est déjà imposée dans les esprits. Dommage que nous n’ayons pas de plan B, semblent-ils dire… ### Mon expérience patient en 2035 Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 17.09.2017. URL: https://blaisereymondin.com/medias/mon-experience-patient-en-2035. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2017/09/17/mon-experience-patient-en-2035/ Ce billet est celui d’un patient hyperconnecté qui imagine son rapport à la santé dans une vingtaine d’années. 7 Avril 2035, mon fils vient d’avoir 18 ans. Une notification fait vibrer ma montre: c’est mon médecin qui me propose une téléconsultation. L’indicateur principal sur mon état de santé vient de passer du vert à l’orange. Mon assistant de santé personnel s’appelle Hector et c’est un produit de la division Google Health avec laquelle j’ai souscrit un abonnement Premium (celui avec un minimum de publicité). Hector vient d’identifier un risque d’AVC. Heureusement pas pour tout de suite, mais il pourrait survenir dans une période estimée entre 8 et 12 ans. L’alerte est annoncée avec un taux de fiabilité de 93%; il n’y a pas de temps à perdre. Hector me propose trois spécialistes pour m’accompagner (dont deux sont localisés dans ma ville). J’ai cependant préféré recevoir l’avis de mon médecin de famille qui a réagi rapidement; il est déjà installé dans mon salon via une projection holographique. Son ton se veut rassurant: « un traitement préventif associé à des modifications dans votre comportement alimentaire, des exercices physiques ciblés et de la relaxation seront capables d’endiguer la menace avec 86% de chances de succès ». Sournois et souvent détecté trop tard, cela m’aurait sans doute été fatal au siècle dernier. Dopé à l’intelligence artificielle, Hector m’a instantanément préparé un programme sur mesure. Mon praticien le supervisera et m’assistera dans son application; je peux compter sur lui pour répondre à mes questions d’humain à humain, pour me guider et me motiver, sans prise de rendez-vous. ##### Quand la santé devient la première préoccupation du quotidien Chaque matin au réveil, Hector me concocte un podcast personnalisé (ce que nous appelions jadis une « émission de radio »). Après la météo et les actualités, j’écoute le bulletin de santé du jour, avec un plan d’action pour les 24 prochaines heures. Il contient diverses mises en garde, des conseils nutritionnels (adaptés à l’état du stock de mon frigo). Il me suggère notamment des activités sportives accommodées selon la météo et mon emploi du temps, des conseils pour influer sur mon niveau de stress ou un sentiment de fatigue naissant. Il me dicte la posologie des éventuels médicaments à prendre au cours de la journée (une notification sur ma montre me le remémorera au moment venu). En tout temps, il est possible de demander des explications ou d’interroger son conseiller de santé virtuel. Normal, Hector est un agent conversationnel; il comprend et parle un langage tout à fait naturel. Et en cas de doutes ou d’incompréhension, mon médecin se joindra à notre dialogue. La santé n’a jamais occupé une place aussi significative dans notre quotidien, devenant la principale préoccupation chez les biens portants. Prendre soin de soi peut par moments être ludique, à la manière du jeu vidéo des Sims ou les Tamagotchis de mon enfance; ces personnages dont il fallait s’occuper et ne pas laisser mourir en surveillant quelques indicateurs. La file d’attente du cabinet médical appartient au passé; comme d’ailleurs les journaux et les brochures commerciales qui jonchaient les salles d’attente. La consultation est moins associée à un état de santé défaillant ou à la maladie, mais elle a évolué en une sorte d’assurance vie, au sens littéral. Au-delà d’un thérapeute, on va consulter l’équivalent d’un coach de vie. Ce guide humain, que certains considèrent comme leur « ange gardien » dans un monde dématérialisé et robotisé, m’aide dans mes démarches curatives. Il m’oriente dans la fabrication d’obstacles face aux maladies du vieillissement, afin d’inhiber la maladie d’Alzheimer, de repousser les limites de ma mort et des usures du corps. Pour au final profiter pleinement d’une espérance de vie inédite dans l’histoire de l’humanité. Longtemps décrié par les professionnels de la santé, l‘autodiagnostic par les données s’est naturellement imposé par son efficacité sans égal, et inévitablement pour des raisons économiques. Si cela a créé au passage toute une série de nouveaux défis à la société, le fantasme d’une médecine d’abord préventive est finalement devenu réalité. ##### Mon corps, cette source intarissable de données Auparavant, on m’envoyait faire des analyses de sang (ou d’urine) à la fréquence d’une ou deux fois par décennie. Elles sont maintenant réalisées en temps réel, tout au long de la journée. Des micro-capteurs mesurent mon taux de glycémie, ma masse graisseuse et musculaire, le nombre de globules et de plaquettes, les minéraux et autres marqueurs d’infection ou d’inflammation. Ils détectent des anomalies dans ma tension ou mon rythme cardiaque et tout indice de fatigue ou de stress. La nuit, ils jaugent l’efficacité de mon sommeil. En bref, ils scrutent ma qualité de vie. Avec l’essor des nanocapteurs, je transporte l’équivalent d’un laboratoire d’analyse de niveau hospitalier du début du siècle dans un tout petit centimètre carré. Plus discret qu’un piercing, on le distingue à peine sous la peau de ma nuque où sont logées les cellules électroniques qui veillent sur mon état de santé 24/7. Énergiquement autonomes, elles se rechargent lors de chaque mouvement de mon corps. Ce sont elles qui transmettent des millions de données chaque jour au système de santé. La recherche de symptômes a toujours comporté une part de subjectivité. Un élément que la société et les organes de régulation ont décidé de ne plus tolérer (à l’instar de la conduite de véhicules en mode manuel qui est bannie depuis une dizaine d’années). Elle a progressivement été remplacée par le diagnostic d’une intelligence artificielle guidée par trois types de données: les signaux produits en nombre par notre corps, le génome, la corrélation d’un cas avec des millions de précédents à travers le monde. Il serait impossible de traiter manuellement, ne serait-ce qu’une infime partie, de la montagne de données recueillies. Imprimé, mon dossier médical tiendrait sur plusieurs millions de pages au format A4. La tâche dépasse désormais l’entendement humain. Le traitement de nos données médicales par les géants de l’intelligence artificielle (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, Yandex, Baidu, etc.) a bien rencontré des résistances au début, mais la majorité d’entre nous a préféré choisir les bénéfices de ces nouvelles technologies, notamment dans les régions où les médecins avaient disparu. ##### Un nouveau rôle pour le médecin Dans le domaine de l’aviation, les pilotes de ligne naviguent depuis longtemps en mode automatique. Ils supervisent des instruments de vol et sont formés pour intervenir en cas de grave complication. Ils rassurent l’équipage et les passagers lorsque survient un imprévu. Mon médecin veille sur moi comme l’aiguilleur du ciel qui suit des centaines d’avions sur son écran radar. Il est alerté dès les premiers signes de turbulence, avant même la dégradation de l’état de santé de ses patients. En aval d’un diagnostic automatique, il entre en scène suivant les recommandations dictées par le système de santé. Jour après jour, c’est une véritable collaboration qui s’instaure avec mon health manager. On partage et l’on échange autour d’une connaissance largement accessible via les systèmes experts de santé et les communautés en ligne. Il m’accompagne ainsi dans toutes les étapes de ma vie et m’aide à interpréter, à relativiser l’expertise implacable des systèmes intelligents de santé. Le professionnel a dû simplifier son discours, naguère trop professoral, pour endosser un rôle de pédagogue. L’empathie n’est plus une qualité en option chez mon docteur, elle est au coeur de sa prestation. Avec des progrès certainement trop brutaux, les gens rechignent à s’en remettre complètement à la décision des machines, aussi fiables soient-elles. Sa première mission est alors d’expliquer et de recréer des liens de personne à personne, par un dialogue constant. Débarrassé des tâches répétitives et sans valeurs ajoutées, le praticien peut se concentrer sur ce qui le rend irremplaçable: un regard humain et extérieur sur la façon dont je « traite mon corps », avec le sens critique qui le distingue encore de la machine. ##### La santé, au-delà de la fatalité Avec une expertise médicale qui s’est démocratisée et des systèmes de santé intelligents nourris au big data, l’espérance de vie a été repoussée au-delà de ce que nous pouvions autrefois considérer comme des limites franchissables. La maladie et le vieillissement ne sont plus considérés comme des fatalités, mais des erreurs de parcours. Des fautes par négligence qui incombent souvent à sa propre responsabilité plutôt qu’à un coup du sort. La mort est une notion toujours plus lointaine; on en viendrait à culpabiliser qu’elle arrive un jour. A paraître également dans la revue Swiss Sports & Exercise Medicine, 4/2017 ### Facebook: la grosse fatigue? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 09.05.2017. URL: https://blaisereymondin.com/medias/facebook-la-grosse-fatigue. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2017/05/09/facebook-la-grosse-fatigue/ Je viens d’être papa pour la seconde fois; le plus heureux des événements avec son cortège d’émotions. Mais pour annoncer l’arrivée du petit dernier, je me suis contenté d’envoyer quelques messages via SMS et WhatsApp. Pourquoi n’ai-je pas partagé ce moment privilégié sur Facebook, alors qu’il était évident d’y communiquer la naissance de ma fille il y a quatre ans? Il semblerait que notre relation avec le réseau social se soit compliquée. ##### De réseau social à média dépersonnalisé A ses débuts, Facebook n’était qu’une plateforme d’échange pour les étudiants américains. Avec presque 2 milliards de membres actifs par mois (et moins de 5% de faux profils), Mark Zuckerberg peut se targuer d’avoir constitué la plus grande communauté de l’Histoire. Le réseau social s’est profondément transformé en une dizaine d’années, pour devenir le premier média de la planète. De «social», il ne reste aujourd’hui pas grand-chose depuis que les gens ont emporté leurs affaires personnelles sur les messageries instantanées WhatsApp et Messenger. Les statuts individuels ont petit à petit cédé la place à des publications rédigées par les médias traditionnels et des leaders d’opinion; bref, par tous ceux qui trouvent un intérêt dans l’histoire. Rares sont les utilisateurs qui contribuent encore avec du contenu personnel, un tantinet original. La plupart de mes amis se servent du réseau en mode passif, en rasant les murs. Quant aux commentaires, ce sont à peu près toujours les mêmes qui «ramènent leur fraise» (dont je fais partie). Il y a bien Instagram pour susciter un regain de créativité auprès d’un large public, mais il n’assume pas un rôle de «média social» avec un usage qui reste majoritairement anonyme, limité à la diffusion de photos et vidéos. Sur Facebook, de nouvelles fonctionnalités apparaissent régulièrement pour tenter d’apporter un second souffle à nos récits personnels. Pourtant, ni les souvenirs (ce jour-là), les filtres ou les récentes Stories ne sont parvenus à endiguer ce manque d’engagement sur la plateforme. ##### Crise de confiance Facebook paierait-il l’addition pour son manque de transparence dans l’exploitation de nos données personnelles? Au-delà d’une certaine lassitude, la curiosité des débuts a cédé la place à l’anxiété; chacun craignant de se voir déposséder de sa vie privée, d’une atteinte à sa réputation en ligne, ou d’être même un jour poursuivi par ses enfants pour avoir publié quelques anodines photos de famille. Et si les utilisateurs comprennent le principe de «quand c’est gratuit c’est que je suis le produit», beaucoup le considèrent comme un marché de dupe. ##### Un empire publicitaire au stade embryonnaire Le désengagement visible des utilisateurs n’est pas sans répercussion sur la stratégie marketing des entreprises. Frileux et repus d’information, les consommateurs refusent désormais de suivre aveuglément telle marque de pâte à tartiner ou le salon de coiffure du quartier. L’époque où il fallait à tout prix bâtir sa communauté de «fans» est révolue. Les publicitaires doivent changer leur fusil d’épaule et cibler des communautés plus authentiques, comme les véritables centres d’intérêt des consommateurs. Des données disponibles à foison sur le réseau, qui recoupés avec des critères sociodémographiques représentent une mine d’or numérique. Ce n’est pas par hasard si Facebook domine actuellement le marché mondial de la publicité en ligne, conjointement avec Google. Malgré la dépersonnalisation qui affecte son réseau principal, Facebook est en mesure de tirer sur toutes les cordes étant donné que les messageries WhatsApp et Messenger lui appartiennent également. Une annonce est aussi attendue le mois prochain dans le domaine de la télévision; un autre média traditionnel qui risque de passer quelques nuits blanches… Statistiques Facebook (mai 2017) ### Le numérique fait-il de nous des junkies? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 23.02.2017. URL: https://blaisereymondin.com/medias/le-numerique-fait-il-de-nous-des-junkies. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2017/02/23/le-numerique-fait-il-de-nous-des-junkies/ Comme un vigneron qui viendrait confesser que le vin soûle, je vous propose d’aborder un sujet que les technophiles taisent à l’ordinaire : la tendance addictive du digital. Connaissez-vous cette manie qui consiste à dégainer son portable comme Lucky Luke, dès les premiers instants de cerveau disponible? Vous arrive-t-il de vous reconnecter ainsi sans but précis, juste pour vérifier s’il n’y a rien de nouveau? Peut-être dans l’expectative d’un ultime like sur votre réseau social favori? À moins que vous ne guettiez l’arrivée d’un message sur WhatsApp ou un courriel de votre chef. D’autres sont accros à l’actualité, à des jeux comme Pokemon GO ou Minecraft. J’ai même un beau-père qui ne décroche pas des enchères en ligne sur eBay. Pour les psys, ces syndromes portent le nom de trouble obsessionnel compulsif (TOC). Mais comment ne pas devenir un « toqué du numérique », alors que nous consultons notre portable plus de 200 fois par jour en moyenne, avec au total plusieurs milliers d’interactions à la fin de la journée sur l’ensemble de nos appareils (clics, tapotements, voix, joystick pad, etc.) Selon l’institut Nielsen, les Américains passent aujourd’hui 10 heures et 39 minutes par jour devant un écran. L’essentiel de cette activité est consacré à consulter son smartphone, suivi par la télévision, un ordinateur et finalement une tablette […] En enlevant la période de sommeil, 7h30, il ne reste que 6 heures par jour pour se confronter au réel, souvent avec réticence. «L’économie de l’irréel au pouvoir», Stéphane Garelli Dans une vidéo qui a fait le buzz, le conférencier Simon Sinek raconte que l’addiction aux écrans serait engendrée par «un shoot de dopamine». La dépendance surviendrait dans un processus de gratification immédiate, suivi immanquablement par un phénomène de manque. #### Des pistes pour trouver un équilibre Je partage avec vous quelques-uns de mes trucs pour éviter la surchauffe des neurones. Puissent-ils augmenter votre productivité, vous épargner une onéreuse digital detox, ou encore contribuer à la paix de votre ménage. - Cultiver une «pleine conscience» de tous les instants, afin de garder à l’esprit ce que l’on souhaite accomplir dans l’heure et d’ici la fin de la journée. - Réduire les notifications au minimum. Désactiver tous les avertissements en provenance des réseaux sociaux et télécharger ses courriels manuellement (après avoir terminé une activité). Et si ce n’est pas suffisant, accomplir ses tâches en mode avion. Selon Simon Sinek, « les notifications ont pris trop d’importance dans notre quotidien, au point d’influer sur l’estime et la confiance en soi des utilisateurs qui restent suspendus aux réactions de leur communauté en ligne. ». - Lever la tête pour réfléchir: le idées ne viennent pas avec les yeux embués dans un flot d’information. Les écrans sont connus pour exercer un pouvoir hypnotique, contre-productif pour la créativité. Je change de lieu de travail plusieurs fois par jour pour renouveler mon énergie et profite ainsi de me réoxygéner lors de chaque transition. - Réaliser lorsqu’on passe en mode zombie. Marquer un arrêt complet avec les outils digitaux, aérer la pièce, marcher. Dans la mesure du possible, faire une sieste régénératrice ou une séance de méditation. Effectuer des pauses régulières pour ne pas atteindre ce stade… - Privilégier les échanges humains: le temps d’une séance professionnelle, d’une soirée galante ou d’une partie de jeu avec les enfants; on goûte au plaisir de rester déconnecté. - Quantifier son utilisation des médias & réseaux sociaux. Définir un quota journalier et décompter le temps passé. Attention, l’addition peut se révéler salée. - Porter une montre:je constate qu’un ami en porte à nouveau une à son poignet, il m’explique: «c’est pour éviter la tentation de replonger à tout moment dans l’effervescence de mon smartphone». - Au lit? No-go zone! « Il n’y a rien de mal dans l’usage des réseaux sociaux et des smartphones. Le problème, c’est le manque d’équilibre. » — Simon Sinek #### L’immersion dans le virtuel, jusqu’à la nausée? Pour le spécialiste de la réalité augmentée Robert Scoble, nul doute que nous travaillerons bientôt simultanément sur une multitude d’écrans virtuels. Comment? Avec un casque de réalité virtuelle vissé sur la tête. Par exemple, «si vous êtes un trader et que vous travaillez avec 5 écrans devant vous, vous pourrez bientôt en voir 2500.». Chez moi, je crains que cette immersion permanente ne provoque une gueule de bois sans fin. Trouver une place pour l’humain et son propre équilibre au centre d’un univers numérique en perpétuelle expansion, voilà un autre défi pour le siècle. A lire aussi: Désactivez vos Notifications Push! ### Post-vérité: chacun choisit de croire ce qu’il a envie de croire Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 19.12.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/post-verite-chacun-choisit-de-croire-ce-quil-a-envie-de-croire. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2016/12/19/post-verite-quand-chacun-choisit-de-croire-ce-quil-a-envie-de-croire/ L’émission « 20h55 le jeudi » sur France 2 a présenté en exclusivité ce 15 décembre un dialogue entre Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozy qui avait été enregistré lors du G8 en 2007. On découvre l’ancien président français sortant groggy de l’entretien après une conclusion peu diplomatique de son homologue russe : « Si tu continues sur ce ton je t’écrase […] » Deux jours après la diffusion de ce documentaire, je tombe sur une interview de Jean-David Levitte, l’ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy. Il remet en question la véracité du reportage et met en avant les preuves qui démontrent que cette rencontre n’aurait, en fait, pas tourné au pugilat. Ce cas anecdotique me paraît cependant symptomatique de l’ère post-factuelle: dans un premier temps le lecteur est attiré par une publication racoleuse (en l’occurrence diffusée par la première chaîne de TV publique française, à priori crédible). Les faits sont ensuite contestés par une personnalité influente, dont les propos sont relayés par un autre média de référence (le magazine Le Point). Chaque version devient plausible ou improbable; cochez ce qui vous convient. Cette année 2016 a vu le débat d’opinion basculer dans une contestation systématique des faits. Exit les nuances de gris, cette course à l’information/désinformation nous promet une marge d’erreur constante de 50%. L’avantage, c’est qu’à chaque coup on sait à l’avance que l’un des protagonistes use de manipulation ou que son contradicteur fait preuve d’une mauvaise foi crasse. Allez savoir lequel… Brexit, élections américaines, Syrie, 11 septembre, changement climatique, ondes électromagnétiques: comme dans une partie de morpion jouée par des machines, le résultat de ce jeu d’influence et de dupes est toujours nul. Désemparés nous choisissons de croire ce que nous avons envie de croire; la vérité n’est plus un fait mais une opinion. ### Le numérique trouve sa place au cœur de l’enseignement (au-delà de la programmation) Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 31.10.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/le-numerique-trouve-sa-place-au-cur-de-lenseignement-au-dela-de-la. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2016/10/31/le-numerique-trouve-sa-place-au-coeur-lenseignement-au-dela-de-la-programmation/ Le numérique va prendre le chemin des écoles; comment pourrait-il en être autrement alors qu’il est désormais au centre de tout ? Dans ce débat, il y a un point où je serais tenté d’inscrire “hors sujet” en rouge sur la marge: la question de l’enseignement de la programmation. Ma crainte est de voir l’informatique instruite sous une forme obsolète et finalement secondaire; un peu comme si l’on misait tout sur le latin/grec pour préparer nos enfants à leur avenir, eux qui connaîtront encore une accélération sans précédent. Non, le numérique n’est pas la discipline qui vient juste après l’éducation physique et les travaux manuels; c’est une nouvelle culture qui doit trouver naturellement sa place au coeur de l’enseignement. J’ai appris à programmer à l’âge de 10 ans (en 1981) et assimilé depuis plusieurs langages informatiques. Mais je ne crois pas que ce soit un prérequis aujourd’hui: on peut dorénavant assembler des modules applicatifs dans le cloud computing à la manière de Legos et réaliser des sites web assez complexes sans une seule ligne de code (et si nécessaire, tous les experts sont à disposition en ligne pour quelques dollars seulement). L’informatique a en quelque sorte rejoint le niveau d’abstraction qu’a connu l’électronique il y a une quarantaine d’années. En bref, ce n’est pas forcément moins compliqué qu’avant mais on peut se concentrer sur d’autres choses. Avec chaque progrès survient le besoin pour des compétences nouvelles; ainsi les enfants doivent maintenant développer des facultés inédites pour parvenir à analyser des problèmes, façonner des algorithmes, organiser des données, maîtriser les réseaux sociaux. Je vois même une urgence qui n’a rien de technologique: apprendre à mieux communiquer dans un monde globalisé (avez-vous constaté comme les petits Anglo-saxons sont nettement plus à l’aise à l’expression orale ?) Et pour faire face à une intelligence artificielle qu’on annonce omnipotente, il serait opportun d’aiguiser dès à présent un aspect fondamentalement humain: le sens critique. ### Entrepreneur de lui-même, il a 20 ans et gagne «12’000 balles» (et frime un peu) Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 02.09.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/entrepreneur-de-lui-meme-il-a-20-ans-et-gagne-12000-balles-et-frime. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2016/09/02/a-20-ans-il-gagne-12000-balles-cest-un-entrepreneur-de-lui-meme/ Installé à la terrasse d’un café, je me laisse distraire par une conversation téléphonique qui démarre quelques tables plus loin: « Tcho mec, c’est incroyable ce qui m’arrive [mec] (son mode de ponctuation) J’ai tellement bien fait de quitter mon patron [mec] Je bosse comme un taré maintenant (rires…); 14 heures par jour, même le samedi, t’imagines [mec]?!..» C’est un gamin d’environ vingt ans, musculeux et outrageusement bronzé, qui s’entretient avec celui qui j’imagine être son meilleur ami:  « Tu le croiras pas [mec] à la fin du mois je vais toucher 12’000 balles, net sur mon compte à la poste! Encore une semaine et viva la fiesta à Pattaya! Eh, pis après [mec] j’ai un autre mandat à 50’000 qui m’attend. C’est de la folie [mec]!.. » Trahi par son bermuda de travail, je comprends que ce garçon est un ouvrier du bâtiment. J’apprendrai au fil de sa conversation qu’il est monteur de fenêtres sur un chantier, un peu plus loin dans la rue. Au-delà de l’amusement que me suscite le personnage avec son « parler jeune », je m’interroge sur cette fameuse génération Y qui a été étiquetée de tous les noms d’oisif: démotivée, ingérable, anar… Toute une tranche d’âge qui serait carrément désintéressé, pas moins que ça. Une stigmatisation que je crois largement exagérée; et si le comportement décrié n’était que la démonstration d’une capacité d’adaptation? Dans les entreprises, cela fait un moment qu’on a jeté les plans de carrière aux oubliettes. Pour qui donc, ou pour quoi, ces jeunes nés à la fin des trente glorieuses voudraient-ils mouiller la chemise, en sachant qu’ils n’atteindront probablement pas les revenus de leurs parents? Le monde du travail a amorcé sa profonde mutation, pour le meilleur ou pour le pire (les avis divergent). L’activité indépendante est en essor; selon une étude, 40% de la main-d’oeuvre aux États-Unis gagnera sa vie sous ce régime en 2020. J’ai 45 ans et cela fait presque cinq ans que je suis indépendant (quinze ans comme entrepreneur). Jamais je ne me suis senti aussi stable professionnellement: il y a en effet peu de chance que je perde tous mes clients en même temps. Et vous savez quoi? Il est plus facile d’en acquérir de nouveaux que de passer au travers d’hasardeux processus d’embauches. Je suis convaincu que notre économie en mutation réserve un trésor d’opportunités à ceux qui ont décidé de prendre en main leur destin professionnel. Devenir « entrepreneur de soi », c’est créer un contrepoids à l’évaporation de la sécurité de l’emploi. Une posture que les employés devraient adopter sans tarder, ne sachant à quelle sauce ils seront prochainement mangés. Tout le monde n’est certes pas prédisposé à voler de ses propres ailes, où la frontière entre vie professionnelle et privée demeure ténue. Pourtant, se lever chaque matin passionné par son métier avec une flexibilité absolue dans l’organisation de son temps permet de jouir d’une autre forme de liberté; beaucoup plus épanouissante qu’attendre chaque jour le coup de sifflet qui marque la fin du temps de travail réglementaire. Dans le secteur des services, la désintermédiation bat son plein. Des plateformes comme Upwork, Toptal, ou Freelancer (et bien sûr Linkedin) accueillent déjà plusieurs dizaines de millions de freelancers à travers le monde: informaticiens, rédacteurs, traducteurs, architectes, designers, etc. Si dans le tertiaire la compétition se joue désormais à l’échelle globale, le secteur secondaire devrait suivre fatalement le mouvement, mais avec un avantage de taille: déléguer à l’étranger des missions via internet s’avère logiquement plus compliqué pour des travaux manuels. Un répit qui ne sera que de courte durée, quelques années avant le boom de l’impression en 3D des matériaux transformés qui permettra, par exemple, la production à moindre coût de n’importe quel élément de construction. Sur les chantiers, on posera bientôt des fenêtres imprimées en 3D aussi facilement qu’on assemble des LEGO. Parmi les ouvriers, on observera quelques robots ayant atteint l’âge de maturité. Environ une vingtaine d’années. ### Le petit futé voyage désormais connecté Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 05.08.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/le-petit-fute-voyage-desormais-connecte. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2016/08/05/le-petit-fute-voyage-desormais-connecte/ Vive les vacances ! Et adieu les vadrouilles encombrées par le poids des guides en papier, à jouer au boy-scout pour déchiffrer des cartes touristiques. Aujourd’hui je dévore les bons plans glanés sur le net en suivant des itinéraires tracés sur mon iPhone (ou l’Apple Watch). La technologie apporte une nouvelle dimension au voyage et permet, paradoxalement, de relever la tête. Suivez le guide!… Sur l’écran de mon smartphone, une région devient un jeu de Pac-Man grandeur nature où je pars engloutir des repères préalablement enregistrés sur Google Maps (représentés sous la forme d’étoiles sur l’application), suivant une sélection des lieux réputés à la ronde: une exposition à ne pas manquer, le top des musées, des sites historiques, le marchand de glace dont tout le monde parle… Pour moi, l’expérience s’avère plus ludique et enrichissante qu’une chasse aux Pokémon; parce que la réalité n’est ici pas grimée mais révélée. Avec leur évolution, les applications de navigation débouchent notre horizon; elles nous permettent de découvrir ce qu’il y a au-delà de ce qui relie un point A à un point B. Depuis l’arrivée du GPS, on ne voyage plus comme avant en voiture, et c’est désormais aussi vrai à pied ou à vélo. ##### Une journée qui se prépare en ligne Une journée de découvertes commence par la reconnaissance virtuelle des lieux, et je vais enregistrer méthodiquement dans l’application Google Maps les points d’intérêt dans la zone que je souhaite explorer. Mes bons tuyaux, je les grappille essentiellement sur des billets de blog (rédigés de préférence par des « locaux de l’étape »), ou encore sur l’incontournable TripAdvisor, mais aussi sur des applications comme Foursquare et la version numérique du célèbre guide Lonely Planet . Sur Google Maps on peut rechercher une adresse, un nom d’établissement ou une attraction locale. Il est également possible d’effectuer une recherche par catégorie, en utilisant des mots clés au sens plus large pour dénicher son bonheur dans les alentours, par exemple: des théâtres, cinémas, piscines municipales, cafés, restaurants, bars, épiceries, etc. Parmi les nouveautés de Google Maps, il y a la possibilité d’effectuer ce type de recherche en cours de trajet (à pied ou en véhicule). L’outil idéal pour organiser des escales dont on se souviendra! Le navigateur de Google intègre aussi les transports publics avec leurs horaires, et ceci presque pour le monde entier: trains, bus, Uber (évidemment) et parfois même les taxis traditionnels (si, si). Pour le globe-trotteur c’est une petite révolution qui simplifie grandement la mobilité, jusqu’alors refrénée par la complexité des réseaux de transport urbain. Je me laisse donc guider par l’iPhone le long d’un parcours minutieusement jalonné, où la fantaisie autorise toutes les échappées (puisqu’il est impossible de se perdre). A noter que depuis la dernière version de l’application Google Maps, on peut ajouter plusieurs étapes à un itinéraire pédestre (ou en voiture). J’ai par exemple l’habitude de ponctuer mes pérégrinations par des pauses-café, rarement dans le premier troquet venu mais je cède volontiers à la mode du « third wave of coffee » où des passionnés hirsutes servent un petit noir dont ils détiennent le secret. ##### Economiser les batteries Tous ces kilomètres à pied, ça use, ça use… les accus. Je vous livre quelques astuces pour garder le cap toute la journée. Et sinon, il ne vous restera qu’à suivre les cohortes de touristes armés de selfie-sticks qui s’agitent tous dans la même direction… - L’iPhone possède depuis peu un mode économie d’énergie qui, étonnamment, ne bride que très peu les fonctionnalités de l’appareil (il bloque des tâches de fond énergivores). Je vous conseille de l’enclencher dès le début d’une balade ! Ce paramètre s’active dans les Réglages, puis sous l’option Batterie. - Enregistrez des zones géographiques pour une consultation hors connexion, cela préservera la batterie et vous fera économiser des frais de roaming. Pour Google Maps, suivez ces instructions. - Dans votre besace, n’oubliez pas d’embarquer un petit chargeur ou un câble de recharge rapide. ##### L’émergence d’un nouveau canal publicitaire Evidemment, ce n’est pas pour rien si Google et Apple se livrent actuellement une bataille pour cartographier chaque recoin de notre planète. Comme toujours sur internet, la gratuité n’est qu’une impression de surface. Car d’un point de vue économique, les enjeux sont colossaux: nous sommes à l’aube d’un énorme marché publicitaire qui consiste à appâter le chaland pour l’amener jusque au point de vente physique (des restaurants, magasins, attractions, etc.). Certains choisiront alors de tout débrancher pour redécouvrir la joie éphémère de s’égarer vraiment dans une ville, de passer par des chemins de traverse, des quartiers qui n’ont rien d’autre à offrir qu’une authenticité complètement désintéressée. Quitte à y perdre son temps, le luxe ultime. ### Adieu la « télé » Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 12.05.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/adieu-la-tele. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2016/05/12/adieu-la-tele/ Le Petit Journal de Canal+ s’arrêtera fin juin. Une nouvelle anodine, mais qui symbolise pour moi la fin d’une époque. Je suis un enfant de la télé qui voit le générique de fin tomber sur le petit écran. Mon sevrage télévisuel a été progressif pour s’achever avec le rendez-vous quotidien des JT, que je visionnais en léger différé via la Swisscom TV. Un rituel quasi religieux qui commençait sur RTS Un et se poursuivait parfois avec le journal de France 2 (en attendant le trublion Yann Barthès qui a su réinventer le genre). Les Suisses passent moins de 2 heures par jour devant la TV, contre 5 heures aux Etats-Unis. En faisant le compte, le solde demeurait démesuré: quelque 300 heures par année passées devant la TV; soit l’équivalent de six semaines de travail, ou soustraites à d’autres activités. Alors que le temps serait plus précieux que l’argent, je ne trouve désormais aucun stimulus à suivre ces messes de l’ère cathodique. A 20 heures, j’ai déjà été informé pendant la journée par l’intermédiaire de nouveaux rancards avec l’information: sur les réseaux sociaux (par dosettes), via des applications dédiées comme Le Temps (dans les transports et comme tout le monde au petit coin). Je me connecte parfois aussi à des agrégateurs de contenu comme Nuzzel ou Flipboard. Et avec les notifications automatiques sur nos smartphones, il est impossible de manquer une breaking news. Sur Facebook, on dénombre 1,65 milliard d’utilisateurs actifs par mois qui y consacrent en moyenne 50 minutes par jour (contre 17 minutes sur Youtube). Malléables, les réseaux sociaux sont le reflet de ce que nous en faisons et se révèlent à moi comme d’incomparables outils d’éveil et de veille. Sur Facebook, j’ai appris à dompter l’algorithme en jaugeant la pertinence des informations reçues; dans le but de faire progresser la qualité de mon flux d’actualités.  Et j’y trouve d’ailleurs des productions issues des chaînes de télévision traditionnelles, en général celles qui sont susceptibles de m’intéresser. Les vidéos produites pour le web surpassent le légendaire prime-time aux États-Unis. Dans mon salon trônera encore un grand écran connecté, quant à la téloche elle peut reposer en paix au paradis des avachis. Bientôt, on ne regardera plus la « télé » mais on suivra des productions sur le net. La tendance actuelle vers la désintermédiation voudrait qu’elles s’affranchissent prochainement de leurs chaînes. ### Inégalable, la liseuse électronique va supplanter le livre Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (Opinions). Date: 15.04.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/inegalable-la-liseuse-electronique-va-supplanter-le-livre. Source originale: https://www.letemps.ch/opinions/inegalable-liseuse-electronique-va-supplanter-livre Le livre finira marginalisé par la liseuse électronique, comme l'ont été le disque vinyle, le film argentique et la machine à écrire, prédit Blaise Reymondin, conseiller indépendant en marketing digital. Lorsque Amazon lance sa première liseuse électronique en 2007 sous le nom de «Kindle», les médias parlent d'une révolution qui devait préfigurer la mort du livre traditionnel (cf. The Economist, novembre 2007: «The book is dead»). Dix ans sont passés et le livre en papier se porte plutôt bien. Je prédis qu'il finira pourtant marginalisé par la liseuse électronique. Voilà pourquoi. L'annonce d'un nouveau produit passe par un processus connu: les médias créent un intérêt qui va gonfler jusqu'à éclater; il aurait la capacité de changer le monde, mais c'est évidemment prématuré. Pendant une période de doute légitime, l'idée fait son chemin et le produit progresse par améliorations successives. Les cycles d'innovation s'avèrent en général plus longs qu'on ne le supposerait initialement. #### Le même destin que le disque vinyle, le film photographique ou la machine à écrire Se souvient-on qu'il fallut vingt ans au téléphone portable pour devenir une commodité? Et quelque dix années furent encore nécessaires pour qu'il parvienne à ce stade de maturité (le smartphone). Un autre exemple: Apple avait déjà sorti une tablette digitale en 1993, sous le nom de Newton. C'est seulement en 2010 que la marque à la pomme rencontra le succès avec son iPad. Pourquoi le livre aurait-il un autre destin que le disque vinyle, le film photographique ou la machine à écrire? La lettre manuscrite devint un jour dactylographiée, le télégraphe se transforma en télex, puis en fax; et depuis ils ont tous été remplacés par l'e-mail. Qui lui-même est sur la sellette, progressivement remplacé par l'usage des messageries instantanées. #### «A la recherche du temps perdu» d'une seule main... Le nouveau Kindle vient d'être annoncé. Affichant 131 grammes sur la balance, ce modèle baptisé Oasis a la capacité de loger plus d'ouvrages que de raison, soit plusieurs milliers. A la recherche du temps perdu pourrait être parcourue dans son intégralité avec une seule main... L'autonomie n'est plus un problème avec plusieurs mois de veille pour une seule recharge de batterie! Pendant ce temps, les feuilles d'un roman ont le temps de jaunir. Nul doute que le confort de lecture a surpassé celui du papier. De nouvelles technologies d'encres électroniques sont apparues, mises en lumière par un rétro éclairage LED qui permet de lire aussi dans la pénombre (c'est pratique au lit, pour ne pas déranger son conjoint). On peut encore évoquer les pages qui ne se tournent plus inopinément sous le poids d'un gros volume (surtout au début et à la fin). Ce ne sont là que quelques-uns des avantages qui prêchent en faveur du numérique. #### La résistance de générations qui n'ont connu que la matière La résistance à ce support provient vraisemblablement de générations qui ont développé une affinité particulière avec le papier, qui n'ont connu que la matière. Personnellement, je ne peux plus me passer de la possibilité de surligner des textes, de retranscrire des extraits dans mon bloc-notes électronique, de retrouver instantanément l'endroit où ma lecture s'est arrêtée, et cela sur n'importe lequel de mes appareils. Quant à l'expérience prétendue inimitable de la librairie de quartier par rapport au téléchargement en ligne, je voudrais vraiment y croire; mais correspond-elle seulement à la réalité? Je vous rapporte l'anecdote de Manuel Diaz, considéré en France comme le «Séguéla du numérique». Manuel se rend chaque semaine dans sa librairie préférée dans le quartier du Louvre à Paris, un établissement spécialisé dans l'art contemporain. A chacune de ses visites, le vendeur lui redemande ce qu'il cherche, sans parvenir à se souvenir qu'il est un habitué. D'un autre côté, Amazon.fr lui propose spontanément tous les ouvrages susceptibles de l'intéresser, en fonction de ses achats précédents et ses goûts personnels. Et il reçoit des recommandations pertinentes de ses véritables relations sociales. ### La dématérialisation comme palliatif à nos penchants matérialistes Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 02.03.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-dematerialisation-comme-palliatif-a-nos-penchants-materialistes. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2016/03/02/la-dematerialisation-comme-palliatif-a-nos-penchants-materialistes/ Ca y’est, après dix ans je déménage. Dans les cartons, je range des centaines de CDs et DVDs qui ne finiront pas sur une étagère, mais à la cave. Pourquoi enlaidir un intérieur rénové dans le style épuré avec ces ribambelles multicolores qui attrapent la poussière ? Heureusement, le format MP3 est dépassé: avec mon abonnement sur Qobuz.com, j’accède à plus de trente millions de titres en streaming et en qualité CD (format FLAC), ou même en haute définition (échantillonné en 24 bits, oui on entend la différence). Tout ça pour le prix de quelques albums par mois. Et c’est pareil pour les films. Il y a une vingtaine d’années, je désirais constituer ma filmothèque idéale et achetais des DVDs pour les revoir plus tard. Un acte onéreux et futile dès lors qu’il aurait fallu plusieurs vies pour les visionner… sur un support qui est déjà obsolète. En ligne, l’offre n’est pas aussi abondante que pour la musique, mais les productions disponibles sur Netflix, Swisscom TV et d’autres sites satisfont mes attentes de cinéphile. A la fin, c’est de toute façon le temps qui manque. Un film c’est long, alors que dire des séries ! Et les livres, ceux en papier ? Ils sont les derniers rescapés et vont retrouver la chaleur d’une bibliothèque. Pourtant, le confort de lecture sur ma liseuse Kindle Paperwhite demeure inégalable à mes yeux. Il est probable que les offres de location illimitées aient bientôt raison de cet ultime fétichisme. Le seul objet qui importe finalement en 2016, c’est son smartphone. Les ados l’ont bien compris; eux qui entretiennent un autre rapport avec la propriété matérielle, ils ne voient plus l’intérêt de posséder ce qui est disponible à portée de clic, et de manière quasi illimitée. Les centaines de milliards d’applications téléchargées ne peuvent être sans incidence sur notre enclin à consommer des biens physiques. Ainsi, combien de nos achats compulsifs sont désormais détournés vers les app stores plutôt que des boutiques ? La dématérialisation pourrait-elle avoir un effet palliatif sur nos penchants matérialistes ? Si tout doit aujourd’hui tenir dans notre portable, cela vaut aussi pour nos petites addictions. ### Les enjeux colossaux de la conversation homme-machine Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 04.01.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/les-enjeux-colossaux-de-la-conversation-homme-machine. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2016/01/04/les-enjeux-colossaux-de-la-conversation-homme-machine/ Le web est né il y a exactement un quart de siècle au CERN à Genève, mais étonnamment nous utilisons toujours une souris et un clavier électromécaniques pour naviguer dans cette gigantesque toile de données. Si l’émergence des écrans tactiles n’a pas vraiment révolutionné son fonctionnement, les balbutiements de Siri et Google Now nous montrent une nouvelle voie. ##### Les limites du web actuel Les améliorations de son interface, des graphismes ou ce qu’on désigne comme l’expérience utilisateur ne sont en fait que des béquilles pour pallier l’impossibilité de converser naturellement avec nos appareils. Non, l’usage du web et des applications mobiles n’est pas intuitif lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes un tantinet complexes, dans un contexte donné. Prenons l’exemple des achats en ligne: le processus ne répond actuellement pas au comportement inné du consommateur, mais à une inepte logique applicative et des contraintes visuelles. Dans un futur proche, une demande pourra être finalisée à partir de simples échanges en langage naturel, sur une messagerie instantanée. Imaginons cet échange avec le bot Alexa : – Alexa, je veux le short de Stan Wawrinka, celui qu’il portait lorsqu’il a gagné Roland Garros. – OK Blaise. Il peut vous être livré demain dans votre taille, pour 90 CHF, frais de port offerts. Pour confirmer l’achat avec votre carte VISA, dites « commande ». – Euh, c’est pour offrir. J’en ai besoin en taille XL et avec un paquet cadeau. – D’accord Blaise, pour confirmer dites « commande ». – Commande. – Merci Blaise, votre voix a été authentifiée et le paiement est validé. ##### Au-delà de la parole, maîtriser la distribution Les géants du net ont entamé une course à la recherche et au développement. Celui qui aura dompté en premier la conversation homme-machine prendra un avantage compétitif déterminant. L’enjeu n’est pas des moindres: dominer les futurs canaux de distribution des biens et des services, se passer des intermédiaires. Ainsi, Google travaille sur une application de messagerie dédiée, Amazon a déjà lancé une première mouture de son assistant virtuel Echo, Facebook planche sur une version intelligente de Messenger baptisée « M ». Sans oublier Siri chez Apple et l’évolution attendue de la messagerie Whatsapp. Quant à l’outsider Viv, il serait en avance sur la mêlée selon des blogs spécialisés.    ##### Une rupture pour les acteurs du digital La diminution de notre dépendance aux écrans va bouleverser nos habitudes de consommation. Bientôt, des conseillers personnels omniscients guideront nos achats en ligne vers le produit le plus adapté à un besoin que nous aurons intuitivement exprimé, par oral ou par écrit. Le conseiller-robot aura réponse à presque tout, partout où nous avons besoin de lui: dans notre salon, la cuisine, la voiture, etc. A l’heure où la transformation digitale devient une priorité pour l’industrie traditionnelle, le secteur du numérique devra lui aussi se redéfinir sous le diktat de l’intelligence artificielle. Les acteurs du digital que sont les spécialistes en référencement, les agences de marketing ou les professionnels du e-commerce peuvent déjà songer à se réinventer s’ils ne veulent pas être exclus de la discussion. Photo: Her de Spike Jonze – 2013 ### Peut-on digitaliser ses secrets ? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 27.09.2015. URL: https://blaisereymondin.com/medias/peut-on-digitaliser-ses-secrets. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2015/09/27/peut-on-digitaliser-ses-secrets/ Nous avons pris l’habitude de numériser sans distinction des informations confidentielles. Devrait-on réserver un traitement particulier à nos secrets ? Le récent vol de données sur le site de rencontres adultères Ashley Madison a eu des répercussions d’une violence inouïe pour ses utilisateurs. Ce piratage informatique aurait provoqué au moins trois suicides et semé la zizanie chez des millions de ménages à travers le monde. Au-delà d’un jugement moral, l’imprudence de ces internautes peut nous paraître bien naïve. Mais sommes-nous pour autant conscients des secrets, en tous genres, que nous livrons en pâture à la digitalisation ? Un excès de confiance qui peut mettre en danger nos vies privées ou causer d’irrémédiables dommages industriels, économiques ou politiques. ##### Une crise de confiance tardive Il ne se passe pas un jour sans que les médias n’évoquent des cas de hacking, des infections par des logiciels malveillants,des tentatives de phishing. La dernière filouterie à la mode ? Le ransomware, ou plus simplement dit le racket par Internet. Quant à la nouvelle version de Windows, le système d’exploitation le plus utilisé au monde, elle serait truffé de mouchards; officiellement dans le but de mieux comprendre nos habitudes d’utilisation et de perfectionner le logiciel. Alors que l’affaire PRISM impliquant la National Security Agency est encore dans toutes les mémoires, nous n’avons pas plus d’éléments rassurants sur la non-présence de portes dérobées dans les services du cloud. Malgré leur relative sûreté, pourrions-nous vraiment témoigner une confiance aveugle à Google, Dropbox, Salesforce, Facebook (inclus Messenger & WhatsApp), et consorts ?  A l’heure où nous réalisons qu’il est impossible de garantir une discrétion absolue à nos données, devrait-on s’en accommoder comme une fatalité ? ##### Distinguer confidentiel et secret La réponse tient peut-être moins de la technologique que de la terminologie. Je vous propose de redéfinir deux termes qui sont sans doute archaïques dans leurs versions encyclopédiques :  Une information confidentielle est tenue à l’écart du domaine public. Sa divulgation inopportune n’aurait toutefois que des répercussions limitées, non “vitales”. Elle est généralement sous protection légale. Un secretest une information qui, en cas de fuite, menacerait l’intégrité d’un individu ou d’une organisation jusqu’à sa mise en danger morale, physique ou financière. ##### On ne freinera pas la transformation digitale La transformation digitale figure en tête des priorités pour les entreprises en quête de compétitivité. Plutôt qu’avancer à reculons, je leur suggère de revoir la classification d’un infime volume d’informations: secrets de fabrication, feuille de route stratégique, etc. Sans oublier toutes les cachotteries de la compagnie (qui n’existent bien sûr pas chez vous).  Pour la catégorie la plus sensible, on pourrait envisager de n’utiliser que des systèmes informatiques déconnectés. Un exercice qui demande cependant beaucoup de discipline et des processus paradoxalement compliqués.  Puisque le numérique n’est pas capable d’apporter une garantie absolue sur l’intégrité de mes données, je dois m’en remettre à ces principes de précaution : Pour des informations confidentielles : - Choisir des mots de passe forts et toujours différents. Edward Snowden nous donne quelques conseils dans cette vidéo. - Ne jamais les mémoriser dans une application tierce, à l’exception d’un coffre-fort numérique (par exemple 1Password). Attention, la clé “Master” du coffre est une information classée top secrète ! - Activer l’authentification en deux étapes pour tous les services cloud. Pour des informations secrètes : - Sous la forme manuscrite (analogique) uniquement. - Les stocker dans un coffre-fort traditionnel (à défaut, une boîte à biscuits planquée sous le lit). Sans céder à la paranoïa, c’est un enragé du numérique qui vous le dit. ### L’autorité d’un média comme « Le Temps » peut-elle se mesurer ? Auteur: Blaise Reymondin. Média: Le Temps (blog Ère numérique). Date: 04.09.2015. URL: https://blaisereymondin.com/medias/lautorite-dun-media-comme-le-temps-peut-elle-se-mesurer. Source originale: https://blogs.letemps.ch/blaise-reymondin/2015/09/04/media-suisse-de-reference/ « Le Temps » mérite-t-il son sous-titre de« MÉDIA SUISSE DE RÉFÉRENCE », que d’aucuns qualifient d’autoproclamé ? Comment peut-on mesurer l’autorité d’un titre de presse au-delà de son tirage, du nombre de ses lecteurs ou de l’opinion du landernau médiatique ? Je tente d’apporter un élément de réponse en me basant sur les mécanismes de ranking qui furent à l’origine du succès de Google. ##### De la référence classique au référencement numérique La valeur d’une référence se jauge habituellement par le nombre de citations de tiers bénéficiant eux-mêmes d’une réputation, et ainsi de suite. Un système vertueux qui est à la base de la reconnaissance sociale; le monde académique l’utilise par exemple depuis longtemps pour déterminer la renommée des professeurs d’université. C’est sur ce principe de référencement que Larry Page et Sergeï Brin édifièrent les fondations de Google en 1998, donnant naissance au fameux algorithme basé sur les concepts de PageRank et TrustRank. Une logique qui est au cœur du mécanisme de Google pour classer les résultats d’une requête (même si de nombreux autres facteurs comme la qualité du contenu, la vitesse de chargement ou la compatibilité avec les appareils mobiles entrent également dans l’algorithme aujourd’hui). La recette exacte de Google n’étant pas dévoilée, des spécialistes indépendants essaient d’en déchiffrer les composantes dans le but d’aider au référencement de sites web (en anglais Search Engine Optimisation ou SEO). Moz est une organisation privée dont la respectabilité n’est plus à prouver chez les professionnels du SEO. Il propose une panoplie d’études et d’outils, dont un score d’Autorité et les échelles MozRank / MozTrust qui s’efforcent de se rapprocher au plus près des indicateurs secrets de Google. ##### Définition des scores L’Autorité évalue le « poids » d’un domaine Internet, selon un algorithme qui combine l’ensemble des signaux analysés sur les hyperliens relatifs à un site. Le MozRank traduit la popularité d’un nom de domaine sur l’Internet. Le score, de 0 à 10, augmente selon le nombre et la qualité des liens externes qui pointent vers le site. Le MozTrust est établi de manière similaire, mais il rapporte le niveau de confiance selon l’éloignement du site avec des sources à très haute crédibilité, comme les plus prestigieuses universités, des sites gouvernementaux ou toute autre source considérée comme une référence éminente. A noter que ces scores fonctionnent selon une échelle logarithmique, c’est-à-dire qu’une différence entre 70 et 80 est beaucoup plus considérable qu’entre 60 et 70. ##### Le classement En Suisse romande, « Le Temps » arrive en seconde position selon ces critères. Sur un plan national, le titre se profile en cinquième position juste derrière « 20 Minutes » (20min.ch) qui est un cas particulier puisqu’il profite d’une influence partagée entre la Suisse alémanique et romande, en utilisant le même nom de domaine (20min.ch/ro). Titre Autorité MozRank MozTrust rts.ch 85 6.45 6.74 letemps.ch 81 6.10 6.51 tdg.ch 76 6.00 6.36 lematin.ch 75 5.95 6.26 24heures.ch 74 5.96 6.31 lenouvelliste.ch 66 5.56 5.93 laliberte.ch 64 5.37 5.88 hebdo.ch 62 5.52 5.87 bilan.ch 61 5.63 5.86 illustre.ch 58 5.25 5.64 pme.ch 44 4.86 5.08 Résultats pour les médias suisses alémaniques : Titre Autorité MozRank MozTrust nzz.ch 87 6.66 6.88 srf.ch 87 6.69 6.78 20min.ch 81 6.40 6.52 blick.ch 80 6.28 6.34 derbund.ch 70 5.81 5.99 telezueri.ch 60 5.60 5.67 Il parait intéressant de constater que les médias plus populaires n’obtiennent pas le plus haut degré de reconnaissance. En Suisse alémanique, la «Neue Zürcher Zeitung» (NZZ) fait même jeu égal avec la chaîne de télévision publique SRF. La notion de référence étant aussi personnelle, je vous laisse y trouver vos propres repères. Evaluer un nom de domaine avec Moz ## Interviews et citations ### «Avec Claude, je possède désormais la puissance d’une équipe entière»: une plongée dans l’IA agentique d’Anthropic Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 18.05.2026. URL: https://blaisereymondin.com/medias/avec-claude-je-possede-desormais-la-puissance-dune-equipe-entiere-une. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/avec-claude-je-possede-desormais-la-puissance-d-une-equipe-entiere-une-plongee-dans-l-ia-agentique-d-anthropic Blaise Reymondin y est présenté comme: Ce spécialiste du marketing numérique intervient régulièrement comme expert dans nos pages, étant à la pointe dans l’utilisation des derniers outils d’intelligence artificielle. Contexte: L'article est entièrement consacré à Blaise Reymondin et à sa pratique de l'IA agentique d'Anthropic (Claude Cowork, Claude Code). Le journaliste Anouch Seydtaghia le suit dans une démonstration de cas d'usage professionnels (sites web, gestion de projets) et privés (vacances, santé). Chapeau de l'article: «Blaise Reymondin utilise les nouveaux outils d’Anthropic pour coder, gérer des projets, planifier ses vacances et suivre sa santé. Une démonstration concrète de l’IA agentique qui s’installe dans le quotidien». Propos de Blaise Reymondin: Le SMS envoyé au journaliste pour proposer une démo du service Cowork lié à Claude: «Ses développements sont incroyables, je te montre volontiers des cas d’usage» Contexte: Blaise Reymondin est indépendant. Son assistant au quotidien, c’est Claude Cowork. Gros utilisateur, il a opté pour la version Max, à 200 dollars mensuels. «Il y a encore 2 ans, livrer un site web complexe représentait deux à trois mois de travail, avec des allers-retours interminables entre développeurs, designers et chefs de projet. Aujourd’hui, je boucle le même projet en trois semaines avec Cowork. La grande rupture, c’est que Claude exécute du code, ouvre un navigateur, pilote des sous-agents: il tient la distance sur des tâches longues, ce qu’un chatbot classique ne peut pas faire» Contexte: sur son rôle dans les projets de sites web pilotés via Claude Code, Notion et Lovable. «Avec Claude Cowork, je suis un orchestrateur. Comme si j’avais une équipe autour de moi, mais sans les tensions, les réunions interminables, les malentendus. J’avais ce rôle il y a 15 ans, à la tête d’une agence e-commerce que j’avais cofondée. Aujourd’hui je le retrouve, seul, mais avec des outils IA. Ils ne sont pas non plus infaillibles, mais ils me donnent la puissance de frappe d’une équipe entière. A moi de tenir mon rôle de leader et de garant de la qualité, comme tout dirigeant…» Contexte: il demande à Claude d’ouvrir Chrome, de parcourir le site produit, de lister les points ouverts, les incohérences, les manques. «C’est un sous-agent de Claude qui prend le relais pour vérifier le travail. Le résultat est au niveau. Seul, je livre des projets aboutis en une fraction du temps des agences traditionnelles, pour une fraction du prix. C’est tout le rapport de force entre indépendants et grandes structures qui se redessine» Contexte: côté privé, Claude a été chargé de planifier ses vacances en famille, de Londres jusqu’aux Cornouailles. «Cela m’a fait changer le tracé. Claude m’a aussi proposé des options pour le ferry, ajouté des conseils pratiques. Je fais moi-même les réservations finales, je veux garder le contrôle. Mais l’IA multiplie les pistes que je n’aurais pas explorées seul. Et le système se relit en continu, sans que je le demande, comme un second cerveau qui repasse derrière moi.» Contexte: suivi de santé — il a demandé à Claude de lui construire un tableau de bord de santé interactif, intégrant bilans sanguins, antécédents et examens passés. «L’IA fait des corrélations entre des examens d’il y a 10 ans et des symptômes actuels. Elle suit l’évolution de mes analyses sanguines dans le temps. Et elle a pointé un facteur de risque cardiovasculaire d’origine génétique que mon suivi médical de routine n’avait pas mis en évidence.» Contexte: bilan sanguin complet effectué via le service care.health, qui a permis de détecter une anomalie cardiovasculaire génétique. «Claude a ensuite préparé un PDF structuré pour ma médecin traitante, qui a confirmé la justesse de l’analyse. L’IA ne remplace pas le médecin, loin de là. Mais elle peut détecter dans une grande quantité de données personnelles des «patterns» qu’on ne verrait pas seul, et elle peut faire gagner un temps précieux dans des décisions de santé. C’est fascinant. Et c’est exactement ce qui pourrait faire basculer la santé de la réaction à l’anticipation.» ### L’intelligence artificielle hallucine toujours énormément, mais il y a des pistes pour limiter les dégâts Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 07.01.2026. URL: https://blaisereymondin.com/medias/lintelligence-artificielle-hallucine-toujours-enormement-mais-il-y-a. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/l-intelligence-artificielle-hallucine-toujours-enormement-mais-il-y-a-des-pistes-pour-limiter-les-degats Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, fin connaisseur des chatbots et expert en marketing Google Contexte: Épisode 5/5 de la série «Intelligence artificielle, kit de survie pour cet hiver». L'article traite des hallucinations des chatbots (DeepSeek, ChatGPT, Gemini, etc.), des aveux des géants du numérique et des pistes pour limiter les erreurs. Blaise Reymondin intervient dans la section «Préciser ses demandes» pour expliquer le rôle de la qualité des prompts. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: après le constat des taux d'erreurs élevés des chatbots, l'article introduit les parades possibles. «Nous sommes en grande partie responsables des problèmes de fiabilité de l’IA: nous formulons souvent mal nos demandes, les prompts» «Si vous posez une question très générale à un professeur de physique nucléaire lors d’une conférence grand public, il vous répondra de manière volontairement simplifiée. Ce n’est que si vous précisez que vous êtes vous-même physicien qu’il adaptera son discours et entrera dans un niveau de détail plus élevé. Avec l’IA, le mécanisme est exactement le même: sans contexte, on ne peut pas attendre des réponses à la hauteur de ses capacités réelles. Or, dans nos usages quotidiens, nous omettons très souvent de fournir ce contexte et les informations nécessaires à une réponse de qualité.» Introduit par «Selon Blaise Reymondin,»: «la qualité du prompt est donc centrale, tout comme ce que l’on pourrait appeler le «préchauffage» du modèle, c’est-à-dire une phase de cadrage préalable avant de poser une question clé. Il faut lui indiquer les sources à considérer, le niveau d’expertise attendu, l’objectif poursuivi: en somme, préparer le terrain. C’est un exercice exigeant, dans lequel l’intelligence humaine conserve un rôle déterminant. Ce qui fait la différence, ce n’est pas la longueur des instructions, mais leur pertinence: la qualité du contexte, des données et des consignes fournies en entrée.» ### Les navigateurs dopés à l’IA? Derrière les promesses, des résultats mitigés et des risques Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 31.12.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/les-navigateurs-dopes-a-lia-derriere-les-promesses-des-resultats. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/les-navigateurs-dopes-a-l-ia-derriere-les-promesses-des-resultats-mitiges-et-des-risques Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, fin connaisseur des chatbots et expert en marketing Google, utilise parfois ces navigateurs. Contexte: Épisode 2/5 de la série «Intelligence artificielle, kit de survie pour cet hiver». L'article dresse le bilan des navigateurs web dopés à l'IA lancés en 2025 (Comet de Perplexity, Atlas d'OpenAI, Dia, etc.): promesses immenses, résultats mitigés, risques de prompt injection. Blaise Reymondin y témoigne de son usage de ces navigateurs et de leurs limites. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: section «Tâtonner comme un humain» — sur son usage de ces navigateurs. «Ils me sont utiles dans des contextes précis: quand je ne maîtrise pas une interface, quand sa complexité est rebutante, ou pour des tâches rébarbatives d’extraction de données sur des plateformes fermées (sans interface de programmation, ou API). Plutôt que de suivre une recette de cuisine préparée par ChatGPT, l’IA prend le contrôle de ma souris et de mon clavier pour atteindre l’objectif.» Contexte: «Mais le spécialiste constate aussi les limites de ces systèmes.» «On peut observer ces outils tâtonner à la manière d’un humain, ce qui est fascinant, poursuit-il. Mais d’un point de vue performance, c’est absurde: ils consomment énormément de ressources par rapport à un dialogue direct avec une plateforme web (via API).» ### ChatGPT, Gemini, Lumo, Euria ou Claude: quel chatbot choisir pour quelle tâche? Voici comment sélectionner votre assistant IA Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 30.12.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/chatgpt-gemini-lumo-euria-ou-claude-quel-chatbot-choisir-pour-quelle. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/chatgpt-gemini-lumo-euria-ou-claude-quel-chatbot-choisir-pour-quelle-tache-voici-comment-selectionner-votre-assistant-ia Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, fin connaisseur des chatbots et expert en marketing Google Contexte: Épisode 1/5 de la série «Intelligence artificielle, kit de survie pour cet hiver». Tour d'horizon des forces et faiblesses des principaux chatbots (ChatGPT, Claude, Gemini, Euria, Lumo, Mistral, etc.). Blaise Reymondin est cité dans les sections consacrées à Claude et à Gemini. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: section «Claude, un petit truc en plus» — Claude d'Anthropic présenté comme un assistant d'écriture et d'analyse particulièrement fiable. «C’est clairement mon coup de cœur, et la version 4.5 excelle: il semble mieux comprendre que les autres les problématiques que je lui expose et va directement au but que je souhaite atteindre, en ce sens il me paraît davantage orienté solution que ChatGPT ou Gemini. Et côté rédaction, c’est le meilleur, je pourrais presque parler d’un «supplément d’âme» en le comparant aux modèles concurrents» Contexte: section «Gemini, austère mais efficace». «Je me tourne volontiers vers Gemini 3 pour obtenir un autre avis, notamment lorsque la réponse de Claude ne me satisfait pas. Son principal atout réside dans sa fenêtre de contexte en entrée, sans doute l’une des plus larges du marché: on peut lui soumettre des prompts très volumineux, voire des livres entiers, et travailler sur des corpus denses sans devoir tout découper» Toujours sur Gemini («Mais le service n’est pas très accessible, car»): «Google reste en retrait sur l’expérience utilisateur. Le problème ne tient pas seulement au design: l’ensemble demeure très «geek», pensé avant tout pour des ingénieurs. L’interface est parfois rébarbative, l’expérience n’est ni ludique ni vraiment engageante» ### La publicité pourrait bientôt s’infiltrer au cœur de ChatGPT, avec des risques importants de dérives Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 03.12.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-publicite-pourrait-bientot-sinfiltrer-au-cur-de-chatgpt-avec-des. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/la-publicite-pourrait-bientot-s-infiltrer-au-coeur-de-chatgpt-avec-des-risques-importants-de-derives Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, expert en marketing Google Contexte: L'article (titre de la liste de travail: «ChatGPT s'apprête-t-il à se lancer dans la publicité? Pourquoi c'est compliqué») analyse les indices d'une arrivée prochaine de la publicité dans ChatGPT, découverts dans une version bêta Android, et les risques de dérives. Blaise Reymondin y intervient comme expert en marketing Google sur les enjeux de confiance et de monétisation. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «La prudence est de mise, et pour de bonnes raisons, estime Blaise Reymondin, expert en marketing Google:» «ChatGPT dispose d’une mémoire conversationnelle. Le système retient les détails personnels partagés au fil des échanges, par exemple la situation familiale, les projets professionnels ou encore des préoccupations de santé. Les utilisateurs confient à ces assistants des informations très personnelles. Transformer cette relation de confiance, bâtie sur une connaissance intime des utilisateurs, en levier publicitaire risque de provoquer un rejet massif» Contexte: «Selon l’expert, l’acteur qui résistera ainsi à la tentation publicitaire pourrait se différencier significativement sur ce marché désormais ultra-compétitif.» «Anthropic, avec son assistant Claude, semble incarner cette voie. L’entreprise revendique des choix idéologiques pour son modèle: un positionnement centré sur la sécurité, la fiabilité et l’alignement éthique de l’IA. La publicité, avec son cortège de ciblage comportemental et de manipulation de l’attention, pourrait apparaître difficilement compatible avec cette vision. Cette sobriété assumée pourrait devenir un argument commercial décisif si ChatGPT se lance dans la voie de la publicité» Contexte: après l'expérimentation publicitaire abandonnée de Perplexity. «Chacun expérimente à petite échelle, mais personne ne semble oser tirer le premier à gros calibre avec de la publicité. Le risque d’endommager un avantage concurrentiel semble jusque-là contrebalancer les opportunités de monétisation» Contexte: sur la crainte que les annonceurs soient déçus. «Selon le Pew Research Center, les utilisateurs cliquent sur les liens intégrés aux réponses IA dans à peine 1% des cas. Et sur Google, ce phénomène du «zéro clic» s’amplifie: 69% des recherches se terminent désormais sans aucun clic vers un site externe. Pour un annonceur qui paie pour générer du trafic qui engendrera ce que nous appelons des «conversions», c’est-à-dire de la valeur commerciale tangible, c’est un problème majeur» Résumé «tout en une phrase»: «les chatbots captent l’attention, mais sans la rediriger» Propos rapporté (indirect): «Seuls des formats plus visibles, comme des carrousels latéraux ou des questions sponsorisées, pourraient atteindre des taux de clic jugés acceptables, de l’ordre de 5 à 6%, affirme Blaise Reymondin.» ### ChatGPT pourrait intégrer de la publicité: pourquoi c'est risqué Média: Watson. Date: 03.12.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/chatgpt-pourrait-integrer-de-la-publicite-pourquoi-cest-risque. Article original: https://www.watson.ch/fr/international/chatgpt/111099258-chatgpt-pourrait-integrer-de-la-publicite-pourquoi-c-est-risque Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, expert en marketing Google Contexte: Watson relaie la découverte, dans une version bêta de l'application Android de ChatGPT, de références à une fonctionnalité publicitaire. L'article (signé «hun») s'appuie sur les révélations du développeur Tibor Blaho et sur un article du Temps, et interroge les risques d'un modèle publicitaire pour OpenAI. Blaise Reymondin y est cité via l'interview accordée au Temps. Propos de Blaise Reymondin: Phrase d'introduction (verbatim): Interrogé par Le Temps, Blaise Reymondin, expert en marketing Google, développe: «ChatGPT dispose d’une mémoire conversationnelle. Le système retient les détails personnels partagés au fil des échanges, par exemple la situation familiale, les projets professionnels ou encore des préoccupations de santé. Les utilisateurs confient à ces assistants des informations très personnelles. Transformer cette relation de confiance, bâtie sur une connaissance intime des utilisateurs, en levier publicitaire risque de provoquer un rejet massif». ### LinkedIn, réseau professionnel devenu réseau social Média: Le Temps. Journaliste: Julie Eigenmann. Date: 21.10.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/linkedin-reseau-professionnel-devenu-reseau-social. Article original: https://www.letemps.ch/carrieres-et-formation/linkedin-reseau-professionnel-devenu-reseau-social Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en numérique Contexte: Après les élections en Suisse, l'article décrypte l'évolution de LinkedIn, devenu le réseau social numéro 1 en Suisse (4,9 millions d'utilisateurs actifs en 2025), vers des contenus politiques et personnels bien au-delà de sa vocation professionnelle. Blaise Reymondin y intervient comme spécialiste en numérique aux côtés de recruteurs. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: sur la place de LinkedIn en Suisse, devant Instagram et Facebook. «C’est devenu un réseau complètement mainstream, bien au-delà de sa vocation d’origine de réseau professionnel, observe Blaise Reymondin, spécialiste en numérique. On voit de plus en plus de posts à caractère politique, ce qui est assez logique: la plateforme conserve une connotation de sérieux où les débordements sont moins fréquents que sur d’autres réseaux.» Contexte: si la conversation n'est plus toujours professionnelle, l'aspect travail n'est jamais loin. «L’architecture de la plateforme s’articule toujours autour du CV, mais dans les faits c’est devenu un réseau d’échange d’idées et de défense de causes variées» Contexte: à la question «Avec quelles limites?». «Le réseau comporte un important garde-fou: les utilisateurs sont tenus par leurs relations, qui sont d’abord professionnelles. Beaucoup sous-estiment cependant l’impact que peut avoir une prise de position publique sur certains sujets sensibles, notamment face à leur hiérarchie ou à des clients.» ### Comment OpenAI transforme méthodiquement ChatGPT en un écosystème dont il sera de plus en plus difficile de sortir Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 01.10.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/comment-openai-transforme-methodiquement-chatgpt-en-un-ecosysteme. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/comment-openai-transforme-methodiquement-chatgpt-en-un-ecosysteme-dont-il-sera-de-plus-en-plus-difficile-de-sortir Blaise Reymondin y est présenté comme: "Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully" (plus loin: "Blaise Reymondin, fin spécialiste de l’IA") Contexte: L'article analyse la transformation de ChatGPT en écosystème complet: achats en ligne intégrés (Etsy, Shopify), assistant proactif Pulse, contrôle parental. Blaise Reymondin est l'expert principal cité pour analyser la stratégie d'OpenAI. Nota: l'article n'est pas en format Q/R malgré le type «Interview» de la liste; toutes ses interventions sont reprises ci-dessous. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: à la question «La stratégie?». «OpenAI est en train de construire bien plus qu’un assistant conversationnel: c’est un véritable écosystème intégré qui vise à devenir incontournable tout au long de la journée, de 13 à 99 ans» Contexte: «Il ajoute qu’avec l’introduction toute récente du contrôle parental,» «OpenAI signale clairement son ambition de devenir un service familial mainstream, à l’image des grandes plateformes comme YouTube ou Netflix. Une stratégie qui rappelle celle des GAFAM dans les années 2010, mais considérablement accélérée: là où Google, Apple ou Meta ont mis une décennie à construire leurs écosystèmes, OpenAI tente de le faire en seulement quelques années.» Contexte: «Pour Blaise Reymondin, fin spécialiste de l’IA,» «ce contrôle parental est ici révélateur de cette ambition: en rassurant les parents sur la sécurité d’usage pour leurs enfants, OpenAI peut élargir sa base d’utilisateurs potentiels et légitime ChatGPT comme un outil domestique du quotidien plutôt qu’un énième outil professionnel ou de niche réservé à quelques geeks» Contexte: «OpenAI semble construire méthodiquement ce que Blaise Reymondin appelle «le système d’exploitation de l’ère de l’IA»:» «Chaque nouvelle fonctionnalité renforce l’effet de réseau et la captivité des utilisateurs dans cet écosystème. Avec l’e-commerce, il ouvre la voie à une monétisation bien au-delà des abonnements et des accès à son interface de programmation d’application (API): commissions sur les ventes et publicité contextuelle qui pourrait apparaître en marge des réponses.» Conclusion de l'article: «Face à une stratégie d’intégration verticale, les concurrents pourraient bien peiner à suivre le rythme, car il ne s’agit plus seulement de rivaliser sur la qualité d’un modèle de langage, mais sur un écosystème de services interconnectés. Et une fois ces habitudes installées, il deviendra très compliqué pour la concurrence de venir déloger OpenAI» ### En savez-vous assez sur l'IA pour décrocher un emploi? Média: Blick. Journaliste: Ellen De Meester. Date: 04.09.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/en-savez-vous-assez-sur-lia-pour-decrocher-un-emploi. Article original: https://www.blick.ch/fr/suisse/les-indispensables-du-cv-en-savez-vous-assez-sur-lia-pour-decrocher-un-emploi-id21199982.html Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing numérique au sein du collectif Blaise & Bruno, basé à Pully (VD) Contexte: Article de Blick sur la montée des compétences IA («AI fluent», «AI literate») exigées sur le marché du travail suisse, alors que 60% des Suisses utilisent désormais des outils d'IA. Blaise Reymondin y intervient comme expert aux côtés de Valérie Isabel (cabinet Finders), sur la valeur de ces compétences dans un CV. Propos de Blaise Reymondin: En ratant le train (ou la fusée) en marche, une entreprise risque de perdre en compétitivité, souligne Blaise Reymondin, spécialiste en marketing numérique au sein du collectif Blaise & Bruno, basé à Pully (VD): «Un employeur soucieux de rester compétitif a tout intérêt à savoir reconnaître un candidat habile avec ces outils, qui peut réunir à lui seul une véritable équipe d’experts virtuels autour de lui. Ce type de compétences peut d'ailleurs compenser partiellement le manque d’expérience d’un jeune candidat.» Dans le cas des profils plus séniors, notre expert précise qu'il s'agira de maîtriser suffisamment l’IA pour être capable de poser un regard critique sur les résultats qu’elle fournit: «Car si l'intelligence artificielle a réponse à tout, cela ne signifie pas pour autant qu’elle apporte la bonne solution, ajoute-t-il. Un humain qualifié doit y veiller.» «Expérimentez! conseille Blaise Reymondin. Avec ChatGPT ou Gemini, chacun peut explorer à son rythme sur des cas personnels ou professionnels. L’évolution des outils est si rapide qu’aucune formation théorique ne peut être à jour, c’est seulement en pratiquant intensément qu’on peut développer – et revendiquer – ces nouvelles compétences.» Notre intervenant encourage tout candidat à mettre en valeur les ressources acquises via l'expérimentation: «Il ne suffit pas de mentionner ChatGPT parmi les outils qu’on utilise à la manière de Word ou PowerPoint, explique-t-il. Le but est de parvenir à démontrer qu’on est animé d’une curiosité, qu’on fait la différence entre les différents modes (réflexion, recherche approfondie, création de visuels), qu’on en fait un vrai usage pratique. Et si l’on souhaite aller plus loin, il existe des outils pouvant vraiment faire la différence sur un CV, dont n8n par exemple, qui permet l’automatisation de processus entiers de l’entreprise.» Pour Blaise Reymondin, la transformation occasionnée par l'IA est plus abordable que celle du numérique, qui avait déjà révolutionné le monde du travail il y a une vingtaine d'années: «Contrairement à l’informatique qui demandait de maîtriser des logiciels complexes, l’IA parle notre langue, rappelle-t-il. On dialogue avec elle naturellement, on lui explique notre but, notre contexte. C’est aussi une révolution de l’accessibilité!» «Il y a actuellement débat entre les spécialistes, car certains relativisent l’impact de l’IA sur l’emploi, conclut Blaise Reymondin. Mais il me semble impossible qu’il n’y en ait aucun, bien qu’il soit difficile d’en prédire l’ampleur ou le moment où cela deviendra significatif.» ### \"On a gagné un temps fou\": ces vacanciers qui ont planifié leurs séjours grâce à l'intelligence artificielle Média: BFMTV. Journaliste: Jeanne Bulant. Date: 16.08.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/on-a-gagne-un-temps-fou-ces-vacanciers-qui-ont-planifie-leurs-sejours. Article original: https://www.bfmtv.com/tech/on-a-gagne-un-temps-fou-ces-vacanciers-qui-ont-planifie-leurs-sejours-grace-a-l-intelligence-artificielle_AN-202508160038.html Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise, qui travaille dans le marketing numérique" / "ce Suisse de 53 ans" / "Blaise Reymondin et sa famille [...] Le couple et ses deux enfants, originaires de Lausanne (Suisse) Contexte: Reportage BFMTV sur les Français (et Suisses) qui utilisent l'IA générative pour planifier leurs vacances, appuyé sur une étude Ipsos (un Français sur trois y a déjà recouru). Blaise Reymondin y témoigne à titre personnel: road-trip familial d'une semaine en France planifié avec ChatGPT, et voyage de trois semaines en Namibie. Propos de Blaise Reymondin: Passages le mentionnant (verbatim): Cet été, Blaise Reymondin et sa famille séchaient sur les idées de destination de vacances idéales. Le couple et ses deux enfants, originaires de Lausanne (Suisse), voulaient éviter "les grosses chaleurs et la Méditerranée tout en restant sur le continent européen". Faute d'inspiration, le père de famille a décidé de se faire aider de l'intelligence artificielle (IA) générative, quelques semaines avant le voyage prévu en juin. "On a gagné un temps fou car cette partie de la France nous était totalement inconnue", se réjouit Blaise, qui travaille dans le marketing numérique. "Ça nous a d'abord aiguillés pour dégrossir le type de voyage qu'on voulait, ensuite pour dénicher des étapes auxquelles on aurait jamais pensé nous-mêmes, et même réserver des logements concrets ou des activités. Maintenant avec les nouvelles versions, il peut même vérifier les disponibilités de certains lieux." Cela fait déjà plusieurs années que ce Suisse de 53 ans a adopté l'IA comme planificateur de vacances. "Pour moi, il n'y avait rien de pire que Google pour préparer un voyage: on y passe des heures, on tombe sur des pubs ou sur des blogs bien référencés mais obsolètes. L’IA, elle, extrait directement l’essentiel parmi tout ce qu'elle trouve, et selon nos objectifs." Pendant les dernières vacances de Pâques, c'est également grâce à l'IA que Blaise, sa femme et leurs deux enfants ont réalisé "le plus beau voyage de toute leur vie", trois semaines en Namibie. "Honnêtement on aurait pas eu l'idée de nous-mêmes de choisir cette destination mais quand on lui a exposé notre contexte familial avec l'âge de nos enfants, notre envie d'aventures avec du soleil mais sans trop de monde, il nous a sorti la Namibie..." Ni une, ni deux, l'IA tape dans le mille car le séjour est idyllique. "C'était parfait à tous les niveaux. Ça a coché toutes les cases: le côté aventures, l'affluence raisonnable, la bonne période pour y aller...", s'extasie encore le quinquagénaire. ### Les débuts catastrophiques de GPT-5 sont un signal d’alerte sérieux pour OpenAI, l’éditeur de ChatGPT, soupçonné de suffisance Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 12.08.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/les-debuts-catastrophiques-de-gpt-5-sont-un-signal-dalerte-serieux. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/les-debuts-catastrophiques-de-gpt-5-sont-un-signal-d-alerte-serieux-pour-openai-l-editeur-de-chatgpt-soupconne-de-suffisance Blaise Reymondin y est présenté comme: "Fin connaisseur des chatbots, Blaise Reymondin [...] celui qui est aussi spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully" (plus loin: "l’expert en technologie") Contexte: Article publié le 11 août 2025 (modifié le 13) après le lancement raté de GPT-5 par OpenAI: réponses jugées moins bonnes, suppression abrupte des anciens modèles, critiques massives. Deux experts sont interrogés: Blaise Reymondin et Rémi Sabonnadiere (Effixis). Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Fin connaisseur des chatbots, Blaise Reymondin livre un verdict sévère:» «On attendait un miracle, une révolution. Nous avons eu une mise à jour incrémentale bancale, un lancement frisant l’amateurisme avec même des erreurs grossières lors de sa présentation. Une forme de suffisance jugée par les observateurs comme impardonnable à ce niveau des enjeux et des attentes très élevés. La marque ChatGPT-5, fantasmée depuis plus de deux ans, est retombée comme un soufflé après le verdict des premiers tests utilisateurs» Contexte: «Pour l’expert en technologie,» «le principal problème est l’absence de choix, ainsi que la désactivation abrupte des anciens modèles. La décision d’OpenAI de supprimer des anciens modèles n’a pas que des répercussions émotionnelles auprès d’utilisateurs qui s’y sont attachés, mais également fonctionnelles. C’est par exemple critique dans l’utilisation de ChatGPT au sein d’agents d’automatisation de processus métiers qui doivent pouvoir reposer sur leur prévisibilité. L’évolution des modèles est normale, mais elle ne devrait pas survenir sans préavis, du jour au lendemain» Contexte: sur la question de la suite pour OpenAI après ce «bad buzz». «Je ne partage pas la vision d’un OpenAI dominant, et encore moins après ce lancement chaotique, estime Blaise Reymondin. Claude, édité par Anthropic, reste le modèle de langage préféré des développeurs, ainsi que pour la rédaction de textes. De son côté, Gemini de Google est très bon et sa prochaine version pourrait déclasser tous ses rivaux, notamment en élargissant encore sa gigantesque fenêtre de contexte, c’est-à-dire la taille autorisée pour les données en entrée du prompt. C’est déterminant pour le développement assisté par IA et la recherche scientifique. A cela s’ajoute xAI d’Elon Musk, qui a montré la progression la plus spectaculaire cette année, avec ses investissements pharaoniques. Sans oublier les modèles chinois dont le très attendu Deepseek R2. Cette intensité concurrentielle est inédite dans le domaine de la tech.» ### ChatGPT-5: la nouvelle version de l'IA devient plus autonome Média: 24 heures. Journaliste: Salomé Philipp. Date: 08.08.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/chatgpt-5-la-nouvelle-version-de-lia-devient-plus-autonome. Article original: https://www.24heures.ch/chatgpt-5-la-nouvelle-version-de-lia-devient-plus-autonome-506653103823 Blaise Reymondin y est présenté comme: l’expert romand Blaise Reymondin, pionnier du marketing digital et expert en IA Contexte: Article (Abo) de 24 heures publié au lendemain du lancement de GPT-5 par OpenAI. Blaise Reymondin commente les capacités «agentiques» du nouveau modèle et leurs conséquences sur l'emploi; l'article inclut aussi un entretien séparé avec Stéphane Koch sur les risques. Propos de Blaise Reymondin: Un sentiment partagé par l’expert romand Blaise Reymondin, pionnier du marketing digital et expert en IA. Il commente ces nouvelles fonctionnalités technologiques, dont ses capacités «agentiques», c’est-à-dire la faculté d’agir de manière autonome pour accomplir une série de tâches. «Les agents en vogue comme Comet (Perplexity), Dia, ou Manus, et sans aucun doute, rapidement, ChatGPT-5, sont capables de prendre en main le navigateur. On peut alors l’observer travailler en temps réel maniant un clavier et une souris virtuels», explique-t-il. «Mais nous voyons déjà la suite arriver: la prise en main de tout l’ordinateur, le pilotage de toutes les applications qu’il peut contenir», prévoit l’expert. «Lorsqu’on crée des agents, ils se mettent parfois en pause pour demander des validations humaines à des moments clés – par exemple, pour une authentification. Ils attendent ainsi la suite des instructions ou des confirmations», précise Blaise Reymondin. «Il faudra vérifier que les processus sont exécutés correctement et assurer leur bon déroulement», explique-t-il. Propos rapportés (verbatim): Selon lui, l’automatisation à grande échelle modifiera inévitablement les rôles au sein des entreprises, voire leur structure même. Les métiers évolueront avec, à la clé, un besoin accru en sensibilité et vigilance humaine. ### Brutalement et silencieusement, l’intelligence artificielle envahit nos vies. Pourtant, nous n’avions rien demandé… Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 14.06.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/brutalement-et-silencieusement-lintelligence-artificielle-envahit-nos. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/brutalement-et-silencieusement-l-intelligence-artificielle-envahit-nos-vies-pourtant-nous-n-avions-rien-demande Blaise Reymondin y est présenté comme: "Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully" (plus loin: "Ce fin connaisseur des services d’IA") Contexte: Grand format sur l'irruption simultanée de l'IA générative dans WhatsApp (Meta AI), Gmail (Gemini), Word (Copilot) et les iPhone (Apple Intelligence), activée par défaut sans que les utilisateurs l'aient demandé. Plusieurs experts sont interrogés (Yann Ferguson, Isaac Pante, Emily Turrettini, Anna Jobin, Jérôme Berthier); Blaise Reymondin apporte un regard plus pragmatique dans la section «Apprendre à les utiliser». Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Mais la partie n’est pas aussi déséquilibrée que cela.» «Je compare l’arrivée de l’IA générative à celle des téléphones, puis des smartphones ou de tous les objets connectés qui nous entourent. On nous a vendu des appareils extrêmement puissants. Au début, nous ne savions pas très bien comment les utiliser, tant au niveau social que technique – nous ne mettions pas notre téléphone en mode silencieux au restaurant, par exemple. Puis nous avons appris. Et aujourd’hui, ces outils nous facilitent la vie de manière incroyable, tant au niveau privé que professionnel» Contexte: «Ce fin connaisseur des services d’IA» (la citation démarre dans le corps de la phrase du journaliste): «refuse cependant d’utiliser ces nouveaux services de manière passive. D’abord, certains sont vraiment mauvais, comme Apple Intelligence. Je trouve que Meta AI intégré au sein de WhatsApp n’est pas encore très convaincant et préfère utiliser des outils tiers pour retranscrire les messages vocaux que je reçois. Ensuite et surtout, il faut vraiment éduquer tout le monde, à commencer par les plus jeunes, à interagir avec l’IA. Celle-ci va rester et se développer, on ne peut rien contre cela. A nous d’apprendre aux jeunes générations à les employer de manière critique pour en tirer le meilleur» ### La guerre entre Google et les chatbots d’intelligence artificielle est lancée et nous concerne tous Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 09.05.2025. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-guerre-entre-google-et-les-chatbots-dintelligence-artificielle-est. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/la-guerre-entre-google-et-les-chatbots-d-intelligence-artificielle-est-lancee-et-nous-concerne-tous Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully Contexte: Après le témoignage d'Eddy Cue (Apple) révélant la première baisse des recherches Google dans Safari en 22 ans, l'article analyse la concurrence croissante entre Google et les chatbots IA (ChatGPT, Perplexity, Claude). Blaise Reymondin est l'expert unique cité («Un expert analyse ce changement majeur», selon le chapeau). Propos de Blaise Reymondin: Contexte: les chatbots deviennent des concurrents de Google. «On constate un glissement progressif, dans un premier temps générationnel. On voit que les 18-40 ans privilégient de plus en plus, pour leurs requêtes exploratoires, des agents intelligents comme ChatGPT, ou utilisent le social search sur TikTok ou Instagram» Introduit par «Selon lui,»: «l’intégration prochaine d’achats instantanés dans ChatGPT, annoncée par OpenAI, pourrait encore précipiter le glissement hors du périmètre de Google. C’est un signal clair que la recherche transactionnelle va se jouer désormais aussi ailleurs» Contexte: à la question de savoir si des annonceurs se demandent déjà s'il faudra investir dans la publicité au sein des chatbots. «On reçoit beaucoup de demandes d’entreprises qui veulent gagner en visibilité sur ChatGPT, notamment via la publicité, répond Blaise Reymondin. Mais les plateformes tardent à proposer des emplacements sponsorisés et je comprends bien la raison: dégrader l’expérience de leur chatbot avec des annonces sponsorisées risquerait de donner un énorme avantage compétitif à un concurrent direct qui s’abstiendrait de le faire» Contexte: «Le spécialiste note par ailleurs que les chatbots ont d’immenses avantages par rapport à Google.» «Pour mes requêtes nécessitant plusieurs pistes, des conseils sur mesure ou une aide à la décision, j’utilise ChatGPT ou des services similaires. Je vais encore sur Google lorsque je cherche une réponse unique et factuelle: l’adresse d’un restaurant, les horaires d’un musée, la météo, etc. Google me livre quasi instantanément sa réponse quand ChatGPT prend encore cinq à dix secondes, parfois plus, cela peut faire une grosse différence» «Mais par exemple pour préparer un voyage en famille, ChatGPT (avec la fonction DeepResearch) me rédige un programme avec des suggestions personnalisées heure par heure, des restaurants qui devraient plaire aux enfants, des activités sur mesure pour notre famille, etc. Une fois qu’on a goûté à cette expérience de recherche, il est difficile de revenir en arrière» Encadré «Les entreprises doivent se préparer»: «Il est urgent de travailler dès aujourd’hui l’optimisation de son site web pour être considéré par les chatbots intelligents. La priorité est d’optimiser ses contenus pour que ChatGPT, et les autres modèles, les citent «naturellement» dans leurs réponses: structuration des données, questions-réponses enrichies, signaux de fiabilité et d’autorité. Les fondamentaux de l’optimisation pour les moteurs de recherche demeurent, mais la cible n’est plus seulement un moteur de recherche en particulier; c’est tout un écosystème d’IA conversationnelles qu’il faut chercher à convaincre par la pertinence de son contenu» ### «La plateforme ne correspond plus à nos valeurs»: de plus en plus d'organisations suisses désertent X Média: Blick. Journaliste: Ellen De Meester. Date: 14.12.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-plateforme-ne-correspond-plus-a-nos-valeurs-de-plus-en-plus. Article original: https://www.blick.ch/fr/suisse/lavis-damnesty-wwf-caritas-la-plateforme-ne-correspond-plus-a-nos-valeurs-de-plus-en-plus-dorganisations-suisses-desertent-x-id20411109.html Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing numérique au sein du collectif Blaise & Bruno, basé à Pully (VD) Contexte: Enquête de Blick sur l'exode des organisations suisses (Amnesty, RTS, CHUV, McDonald's Suisse...) quittant X sous l'ère Elon Musk. Blaise Reymondin analyse les motivations de ces départs, ce qu'ils coûtent en audience, et l'avenir de X face à Bluesky. Propos de Blaise Reymondin: Pour Blaise Reymondin, spécialiste en marketing numérique au sein du collectif Blaise & Bruno, basé à Pully (VD), il ne s'agit pas d'une surprise: «Je comprends que des entreprises veuillent quitter X, affirme-t-il. La désinformation qui y circule et les positions tranchées d'Elon Musk, qui se pose en figure anti-woke et en défendeur d’une liberté d'expression quasi absolue, peuvent inquiéter les organisations.» Pour le spécialiste, cette volonté de prendre leurs distances avec une plateforme devenue clivante est logique: «Ces entreprises cherchent à protéger avant tout leur image de marque qui pourrait être ternie par l'association avec la réputation sulfureuse de X.» «Un réseau social, c'est avant tout la communauté qu'on a patiemment construite au fil des années, bien plus qu'une simple plateforme technique, note Blaise Reymondin. On ne peut pas juste claquer la porte et espérer recréer la même chose ailleurs. Pour une entreprise qui a bâti une audience fidèle sur X, partir représente une vraie perte. Parmi celles qui franchissent le pas, soit elles n'avaient jamais vraiment trouvé leur public sur la plateforme, soit elles font primer leurs valeurs avant tout le reste, et c'est en cela respectable.» Mais ne vous inquiétez pas trop pour Elon Musk! Selon Blaise Reymondin, il peut dormir sur ses deux oreilles: «Je doutais de l'avenir de X il y a encore quelques mois, mais aujourd'hui, je ne parierais plus sur son échec. Je pense même que la plateforme va avoir plus d'influence que jamais. D'une part, Musk investit massivement dans l'intelligence artificielle – son IA Grok se montre déjà à la hauteur de ses rivaux. D'autre part, X est devenue la référence pour accéder à une information qu'on ne trouve pas dans les médias traditionnels.» Notre expert cite notamment des actualités de niche et spécialisées, qu'il estime d'une richesse exceptionnelle: «Pour prendre un exemple personnel, je suis passionné par l'IA et le biohacking, et X est devenue ma source privilégiée pour suivre ces sujets.» Pour le spécialiste, c'est plutôt la plateforme Bluesky, fondée par Jack Dorsey, cocréateur de feu Twitter, qui ne devrait pas crier victoire trop tôt: «Bluesky, c'est un peu le plan B, une sorte d'arche de Noé pour les utilisateurs de X qui ne sont plus à l'aise sur un réseau trop connoté à leur goût, analyse-t-il. On sent un frémissement, mais rien n'est joué. Pour beaucoup, c’est X qui reste incontournable.» ### Voici les pouvoirs de plus en plus puissants proposés par l’intelligence artificielle Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 30.11.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/voici-les-pouvoirs-de-plus-en-plus-puissants-proposes-par. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/intelligence-artificielle/voici-les-pouvoirs-de-plus-en-plus-puissants-proposes-par-l-intelligence-artificielle Blaise Reymondin y est présenté comme: Vous l’avez certainement déjà lu dans nos pages ces dernières années, l’homme est féru de technologie. Spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully, il fait partie de ces gens curieux des dernières innovations, qui aiment les tester et les apprivoiser. Contexte: Article du dossier spécial «2 ans de ChatGPT», entièrement construit autour du partage d'expérience de Blaise Reymondin, rencontré au café Ordinary Man près de la gare de Lausanne. Chapeau: «Recherche en ligne, création de chatbots personnalisés, conseil dans la vie de tous les jours… Les possibilités sont infinies. Voici le partage d’expérience de Blaise Reymondin, curieux des dernières innovations». L'article est structuré en sections thématiques, chacune constituée d'une longue citation de Blaise. Propos de Blaise Reymondin: ##### Tester «Tout le monde a déjà entendu parler d’IA, mais peu de gens prennent le temps de tester les nouveaux outils que nous avons à disposition. J’ai des amis dans des professions libérales qui rechignent à débourser 20 francs par mois pour une IA. C’est absurde, tant ces services peuvent décupler nos capacités au quotidien, que ce soit à titre professionnel ou privé. C’est pourquoi j’invite régulièrement mon entourage à découvrir des nouveaux outils, ne serait-ce que la version gratuite de ChatGPT, pour se former leur propre opinion et, surtout, pour se préparer à la révolution annoncée.» ##### La recherche «Pour la première fois depuis vingt-cinq ans, le réflexe spontané à toutes mes questions n’est plus de me rendre sur Google. Pour l’actualité ou pour choisir des produits à acheter, je privilégie désormais Perplexity. Pour des questions plus personnelles, qui nécessiteraient une forme de réflexion, je me tourne vers ChatGPT. C’est un changement de paradigme complet après un quart de siècle d’archi-domination de Google. J’alterne aujourd’hui entre différents services d’IA, mais je pense qu’à l’avenir, nous utiliserons un écosystème unique pour toutes nos interactions avec ces services dits «intelligents». C’est ce qui explique la course actuelle entre les majors, OpenAI, Microsoft, Google, Anthropic et même Apple, pour s’imposer au cœur de nos ordinateurs et smartphones. Selon des rumeurs crédibles, OpenAI lancerait bientôt son propre navigateur propulsé à l’IA. »Si les réponses apportées par les IA sont impressionnantes, elles ne sont pas toujours justes, mais leur fiabilité s’améliore continuellement. N’oublions pas que ChatGPT a 2 ans seulement, ces technologies ne sont qu’à leurs débuts. Attendons les versions 6 ou 7 avant de juger leur capacité à transformer vraiment la société. »ChatGPT excelle à répondre à presque toutes les questions que je me pose au quotidien. Claude est connu pour être meilleur à la rédaction. Chez Google, les outils d’IA disponibles en version bêta sont impressionnants, notamment les modèles expérimentaux de Gemini et l’extraordinaire outil Notebook LM, capable de créer des podcasts d’un réalisme saisissant. Cependant, Google peine à les intégrer correctement dans sa suite logicielle Workspace et à les rendre accessibles au grand public.» ##### Les conversations «Les acteurs de l’IA cherchent à créer une expérience quasi humaine en intégrant la voix à leurs chatbots. ChatGPT Advanced Voice mène actuellement cette tendance avec l’expérience la plus convaincante: des conversations en temps réel, sans temps de latence, incluant des nuances et même de l’émotion dans la voix. Les barrières linguistiques vont voler en éclats grâce à des outils de traduction simultanée de plus en plus fluides. J’en ai fait l’expérience lors de repas de famille: ma mère, qui ne parle pas allemand, et ma belle-mère, qui ne parle pas français, peinaient à communiquer. Mais avec ChatGPT Advanced Voice posé sur la table, la traduction se fait instantanément, sur simple commande vocale: «Traduis tout ce que tu entends en français en allemand, et vice-versa.» C’est incroyable… Non, la technologie ne se dresse pas toujours comme un mur entre les humains.» ##### Le GPT Store «Je pratique le biohacking, qui consiste à optimiser et mesurer son état de santé à l’aide des technologies. Des agents GPT spécialisés interrogent les bases de données scientifiques pour valider les propriétés des éléments nutritionnels, des compléments alimentaires et des pratiques sportives. Par exemple, pour la vitamine D, l’agent de la base de données Consensus évalue ses bénéfices potentiels en s’appuyant sur des études scientifiques et me fournit des recommandations d’usage, la meilleure heure pour en prendre, des contre-indications, etc. J’ai également développé mon propre agent GPT qui effectue ce travail de manière autonome, attribuant un score de validation scientifique à chaque bénéfice et délivrant des réponses complètes et structurées.» ##### La programmation «Mon premier métier était programmeur en informatique. Aujourd’hui, dans mon activité de marketing numérique, j’ai parfois besoin d’effectuer des tâches de programmation spécifiques – notamment pour analyser des campagnes publicitaires Google ou encore détecter des coûts par clics abusifs. Ce qui me prenait auparavant une journée entière ne me demande qu’une demi-heure grâce à ma collaboration avec ChatGPT. J’ai également testé des outils de développement comme Cursor et Bolt, qui permettent de créer des applications complètes à partir de simples instructions données en langage naturel, en français. En comparaison de ma carrière précédente, j’estime que la productivité dans le domaine informatique a été multipliée par dix au minimum.» ##### Images et vidéos «Je suis attentif à ce qui se passe dans le domaine de la création d’images et de vidéos par IA. C’est sans doute le secteur le plus impressionnant de l’IA aujourd’hui, parce que visuel. Je citerais par exemple Runway Gen-3, qui est un des leaders actuels dans le domaine de la création vidéo. Il faut voir les démos impressionnantes! Personnellement, j’envisage de me cloner numériquement avec HeyGen. L’idée est de créer un double numérique capable de dire tout ce que je souhaite à travers une production audiovisuelle très professionnelle qui, sans cette technologie, nécessiterait des coûts élevés de production et des heures passées devant la caméra, au montage, etc. Ça me paraît aussi intéressant pour les personnes qui ne se sentent pas à l’aise devant une caméra, mais qui ont pourtant des choses importantes à dire. Ces outils vont rendre accessible comme jamais la production audiovisuelle.» ##### Une carte mentale «Avec l’outil Mapify, je crée des cartes mentales à partir de n’importe quel type de document (PDF, doc, site web) et surtout de liens YouTube. La plateforme vidéo regorge de connaissances précieuses, mais il n’est pas rare que les contenus vraiment pertinents se limitent à quelques minutes perdues au milieu de plusieurs heures de visionnage fastidieux. Les titres sont aussi trompeurs, car les créateurs de contenu surenchérissent dans des accroches «putaclic» pour être visibles, rendant difficile de discerner rapidement la réelle valeur avant un visionnage. Il existe bien des solutions pour obtenir des résumés ou une transcription complète, mais soit elles sont trop réductrices et manquent les passages importants, soit elles restituent l’intégralité au format texte, ce qui est chronophage à la lecture. Avec Mapify, on va produire une carte mentale structurée à partir d’une vidéo YouTube. L’outil organise l’information de manière hiérarchique, pour identifier instantanément les éléments les plus intéressants dans le contenu. Si le mindmap généré m’apparaît particulièrement pertinent, alors je déciderai de prendre le temps pour regarder la vidéo dans son intégralité. »Pour aller au-delà de la carte mentale, Gamma est un outil d’IA qui crée automatiquement de magnifiques présentations de type PowerPoint à partir de documents ou même d’un lien YouTube. Le résultat peut encore être amélioré en quelques coups de baguette magique.» ##### L’organisation «ChatGPT est un assistant exceptionnel pour la préparation de voyages, et je l’utilise systématiquement depuis deux ans. Lors d’un échange avec l’IA, on peut organiser et optimiser ses itinéraires, notamment pour identifier les points incontournables d’une région en fonction de critères précis: l’âge des enfants, leurs préférences, leurs activités favorites, la saison, et bien d’autres paramètres. »Récemment, ChatGPT m’a guidé vers l’un des plus beaux voyages de ma vie. Nous recherchions une destination familiale pour Pâques, avec un faible décalage horaire, qui offrirait une expérience unique, comme l’observation d’animaux sauvages. ChatGPT a identifié la Namibie comme l’une des meilleures options pour cette période selon le climat, la température à cette époque, les précipitations, la sécurité avec des enfants. Il nous a également aidés à concevoir un itinéraire sur mesure et à préparer les questions pertinentes pour affiner notre projet avec une agence locale. Accompagnés d’une IA, nous ne sommes désormais novices en rien, voire un peu experts en tout.» ##### Avec les enfants «ChatGPT est un outil d’apprentissage extraordinaire pour chacun et pour accompagner les enfants dans leur parcours scolaire. Il permet notamment de créer un lot de questions-réponses selon la matière et les exercices faits en classe, dans un but de révision avant un test. L’une de mes approches consiste à scanner les fiches de classe de ma fille et à demander à ChatGPT de générer des questions adaptées, toujours différentes mais en lien avec la matière et son niveau scolaire. J’utilise ensuite un second chat pour préparer les réponses, ce qui est particulièrement utile car, en tant que parent, on peut rapidement être dépassé par la matière enseignée. L’objectif n’est jamais d’obtenir des réponses toutes faites, comme avec une calculatrice, mais plutôt d’accompagner l’enfant dans la compréhension du processus qui mène à la solution.» ##### De la parole au texte «L’IA transcrit la parole avec une fidélité remarquable, en ajoutant même la ponctuation au texte produit. Fireflies est un outil très apprécié pour les vidéoconférences. Il transcrit automatiquement les conversations, résume les points clés de la réunion, identifie les intervenants et analyse les échanges pour générer un plan d’action précis avec les tâches assignées à chaque participant. Parmi les outils de transcription, Superwhisper se distingue comme un puissant logiciel qui convertit avec précision chaque conversation, podcast ou vidéo en texte. WhatsApp a également annoncé l’arrivée prochaine de la transcription des messages vocaux.» ##### L’automatisation «Des outils comme Zapier ou Make permettent aux applications de dialoguer entre elles et avec des chatbots intelligents. D’autres outils émergents, comme Langflow ou Runner H, qui permettent de façonner des agents pour automatiser des tâches complexes ou répétitives. Ces outils et plateformes se combinent entre eux comme des briques LEGO pour répondre à des besoins spécifiques, sans lignes de code. Des services autonomes qui peuvent, par exemple, extraire des informations clés dans mes e-mails lorsqu’ils arrivent, les analyser, puis rédiger des réponses sur mesure pour le destinataire. La dernière tendance qui marquera l’année 2024 est la prise de contrôle de l’ordinateur par l’IA, capable d’interagir avec l’ensemble de nos applications selon nos ordres, appelés «prompt.» ##### Le futur «Pour ces prochaines années, je crois davantage à une intense collaboration homme-machine qu’à la délégation complète de tâches ou à la substitution complète des métiers. L’IA sera notre partenaire de chaque instant pour transformer nos questions et nos idées en solutions concrètes, enrichissant notre réflexion à travers un processus itératif; des conversations continues où nous échangeons et construisons en symbiose avec l’IA. »Ceux qui ont adopté l’IA connaissent les super-pouvoirs qu’elle procure. De nombreux employés utilisent clandestinement l’IA dans leur entreprise, conscients que ceux qui ne s’en servent pas risquent d’être remplacés par ceux qui l’utilisent. Ces outils nous procurent une expérience inédite: celle de ne jamais être seul, face à nos questions, nos doutes, tant dans notre vie personnelle que dans notre vie professionnelle. Qui d’autre pourrait nous offrir cette disponibilité et cette patience sans limites?» ### Quelles valeurs transmettre à vos clients sur les réseaux sociaux? Média: The Ark. Date: 23.07.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/quelles-valeurs-transmettre-a-vos-clients-sur-les-reseaux-sociaux. Article original: https://www.theark.ch/fr/news/quelles-valeurs-transmettre-a-vos-clients-sur-les-reseaux-sociaux-5622 Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste des réseaux sociaux et du marketing digital Contexte: Article du blog de la Fondation The Ark (Sion), tiré de propos recueillis le 6 décembre 2013 au TechnoArk de Sierre lors de la Rencontre de l'Incubateur The Ark. Blaise Reymondin y détaille les valeurs qu'une entreprise peut transmettre à ses clients via les réseaux sociaux: résoudre les problèmes, guider, divertir, offrir des avantages. Propos de Blaise Reymondin: Phrase de présentation (verbatim): Mais quelles sont les valeurs que l'entreprise peut transmettre grâce aux réseaux sociaux? Les réponses de Blaise Reymondin, spécialiste des réseaux sociaux et du marketing digital? Blaise Reymondin prend l'exemple d'un pépiniériste. «Pour lui, il ne sert à rien de ?pousser? un catalogue sur un flux Facebook. Il s'agirait plutôt de faire un ?Monsieur jardinier?, qui donne des conseils». À propos du divertissement comme valeur: «c'est aussi une valeur, mais pour autant que cela fonctionne» Note: les points d'interrogation dans la première citation figurent tels quels sur la page (guillemets d'origine mal encodés par le site). ### Les intelligences artificielles parleront bientôt comme des humains Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 13.07.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/les-intelligences-artificielles-parleront-bientot-comme-des-humains. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/intelligence-artificielle/les-intelligences-artificielles-parleront-bientot-comme-des-humains Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully Contexte: Article de la série estivale «L'IA, rattrapage d'été» consacré aux agents conversationnels vocaux (Moshi de Kyutai, ChatGPT 4o d'OpenAI) capables de tenir des conversations quasi humaines. Blaise Reymondin y intervient sur la traduction simultanée et les assistants vocaux intelligents. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: sur le champ des possibles ouvert par les IA vocales à faible latence. «Les outils de traduction simultanée utilisant l’IA vont faire tomber les barrières linguistiques, facilitant la communication entre personnes de cultures et langues différentes. Ces technologies vont permettre de converser dans sa langue maternelle, dans une parfaite compréhension réciproque de son interlocuteur dans une autre langue. Mieux encore, chacun entendra la traduction en quasi-temps réel avec la voix de l’autre et les intonations utilisées. Cela va révolutionner de nombreux secteurs dont le tourisme, la culture (doublage), l’événementiel ou les call-centers» Contexte: sur l'analyse en temps réel d'appels frauduleux annoncée par Google. «On va pouvoir déléguer des tâches d’organisation aux assistants intelligents qui vont agir à notre place, par exemple pour effectuer des appels téléphoniques, poursuit le spécialiste. J’ai surtout hâte de disposer d’un répondeur téléphonique intelligent qui trie les appels indésirables en démarrant la conversation en posant les bonnes questions, et qui claquera le bec à un marchand d’assurance ou quelconque autre bonimenteur lorsqu’il aura été démasqué par l’IA» Propos rapporté (indirect): «Comme le souligne Blaise Reymondin, cela pose de nombreuses questions à la fois éthiques et de sécurité: est-ce que notre interlocuteur sera dans tous les cas averti lorsqu’il aura affaire à une IA?; comment s’assurer que notre voix ne soit pas utilisée à notre insu, pour duper quelqu’un?» ### Comment embrasser, au niveau professionnel, la révolution de l’IA Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 10.07.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/comment-embrasser-au-niveau-professionnel-la-revolution-de-lia. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/intelligence-artificielle/comment-embrasser-au-niveau-professionnel-la-revolution-de-l-ia Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully Contexte: Article de la série estivale «L'IA, rattrapage d'été» donnant des conseils pour adopter l'IA au travail: tester les outils, accroître sa productivité, déléguer les tâches à faible valeur ajoutée. Blaise Reymondin y intervient sur l'utilisation clandestine de l'IA par les salariés, les métiers à risque et le prompt engineering. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: au niveau professionnel, il faut essayer des solutions, tout en respectant les directives de son entreprise. «On observe de plus en plus une utilisation clandestine de cette technologie par des salariés. Ils sont nombreux à avoir compris l’avantage compétitif que leur confèrent les IA génératives. Et ils ne sont pas prêts à s’en passer, préférant travailler en secret si nécessaire, en contrevenant au règlement de l’entreprise et en utilisant leur propre IA; il est pour eux hors de question de perdre leurs nouveaux superpouvoirs» Contexte: les licenciements justifiés par l'arrivée de l'IA se multiplient. «Les métiers les plus à risque sont les «ouvriers de l’information» : tous ceux qui traitent, transforment et redistribuent de l’information – et des données – ont du souci à se faire. Car l’IA générative excelle à ces tâches. Sont concernés les gestionnaires, les juristes, les assureurs, les métiers de support à la clientèle, les comptables, les auditeurs, les professionnels du marketing, les traducteurs, les rédacteurs, les journalistes, les analystes, les banquiers ou encore les programmeurs informatiques» Contexte: sur l'apprentissage des interactions avec l'IA («Mais pour Blaise Reymondin, ce»): «prompt engineering n’est qu’une compétence intermédiaire, du bricolage temporaire à un moment où les IA génératives sont à leur tout début. La clé sera de savoir transmettre des exigences et des objectifs en langage naturel, de manière claire et précise. Des compétences transversales qui exigent une forte culture générale et un sens critique aigu. Il sera crucial de superviser les IA, de s’assurer que les résultats correspondent aux attentes, de les ajuster au besoin.» ### Vidéo, audio, texte: comment utiliser au mieux tous les nouveaux outils d’intelligence artificielle? Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 10.07.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/video-audio-texte-comment-utiliser-au-mieux-tous-les-nouveaux-outils. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/intelligence-artificielle/video-audio-texte-comment-utiliser-au-mieux-tous-les-nouveaux-outils-d-intelligence-artificielle Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully Contexte: Article de la série estivale «L'IA, rattrapage d'été» passant en revue les nouveaux usages des outils d'IA générative (résumés de réunions, création de musique avec Suno, vidéos, etc.) plus de 18 mois après le lancement de ChatGPT. Blaise Reymondin y intervient sur les usages des étudiants et la création de contenu. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: cas de l'enseignement, après l'exemple d'une professeure utilisant ChatGPT pour un barème Excel. «L’IA se révèle incontournable pour les étudiants souhaitant réviser un cours, préparer un test ou un examen. On voit apparaître de nouveaux usages qui ne consistent pas à demander à l’IA la solution directe à un problème scolaire, à faire ses devoirs à sa place par exemple, mais où l’étudiant demande de préparer des questions-réponses à partir de ses supports de cours et de ses notes, observe Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully. Un autre nouvel usage consiste à demander à l’IA d’expliquer le plus simplement possible quelque chose que l’élève n’aurait pas compris, en décortiquant la résolution d’un problème étape par étape.» Contexte: côté productions audiovisuelles, l'évolution est très rapide. «L’IA devient incontournable dans la création de contenu, que ce soit pour la musique, l’art, l’écriture ou la production vidéo. Les outils sont adoptés massivement par le grand public (comme le service Canva, la création d’images via Dall-E, et bien sûr ChatGPT qui devient accessible à tous dans sa version la plus évoluée, etc.). Dans quelques mois, Apple Intelligence marquera encore un tournant dans la démocratisation de l’IA pour tous» ### ChatGPT, Gemini, Claude ou encore Grok… Comment bien choisir son IA? Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 09.07.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/chatgpt-gemini-claude-ou-encore-grok-comment-bien-choisir-son-ia. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/intelligence-artificielle/chatgpt-gemini-claude-ou-encore-grok-comment-bien-choisir-son-ia Blaise Reymondin y est présenté comme: grâce notamment à l’expertise d’un féru d’IA, Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully Contexte: Article de la série estivale «L'IA, rattrapage d'été» comparant les principaux services d'IA générative (ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot, Perplexity, Grok, Le Chat). L'article est écrit «grâce notamment à l'expertise» de Blaise Reymondin, crédité dès l'introduction. Une seule citation directe lui est attribuée (section Gemini); le reste de l'article s'appuie sur son expertise sans le citer nommément. Propos de Blaise Reymondin: Phrase d'introduction le créditant: «Voici l’essentiel à savoir, grâce notamment à l’expertise d’un féru d’IA, Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully.» Contexte: section «Gemini» — «Mais ce n’est de loin pas la préférée de Blaise Reymondin:» «Les démonstrations effectuées dans le cadre des grandes messes annuelles de Google sont certes bluffantes, mais la plupart des fonctionnalités ne sont que des annonces de produits futurs. Les outils IA de Google déçoivent dans leur usage pratique et peinent à rivaliser avec le leader ChatGPT. L’intégration avec la suite bureautique Google Workspace est très critiquée et souffre de la comparaison avec la suite Copilot de Microsoft.» ### Facebook a 20 ans: «Ce réseau social a fait de chacun de nous un média» Média: Blick. Journaliste: Lucie Fehlbaum. Date: 05.02.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/facebook-a-20-ans-ce-reseau-social-a-fait-de-chacun-de-nous-un-media. Article original: https://www.blick.ch/fr/news/suisse/blaise-reymondin-specialiste-en-marketing-digital-facebook-a-20-ans-ce-reseau-social-a-fait-de-chacun-de-nous-un-media-id19401671.html Blaise Reymondin y est présenté comme: L’expert Blaise Reymondin, spécialiste en marketing numérique au sein du collectif Blaise & Bruno, basé à Pully (VD)" / "Le spécialiste vaudois en marketing numérique Blaise Reymondin Contexte: Interview intégrale accordée à Blick à l'occasion des 20 ans de Facebook (4 février 2024). Blaise Reymondin analyse l'héritage du réseau social: démocratisation de la parole, transformation des rapports sociaux, migration vers un public plus âgé. Propos de Blaise Reymondin: Blaise Reymondin, Facebook naissait en 2004. Sommes-nous toujours les mêmes humains depuis? Ce qui a changé, c’est qu’on sait qu’on peut communiquer à grande échelle en tant qu’individus. Facebook a été le réseau précurseur pour faire de chacun de nous un média en puissance. La parole s’est démocratisée. À la grande époque de Facebook, en 2010-2015, c’était très enthousiasmant et porteur d’espoir. De l’espoir, carrément? Alors que seuls les médias classiques décidaient de qui avait voix au chapitre, soudainement, quelqu’un disait ou photographiait quelque chose et cela pouvait faire le tour du monde. On a vu tous les mauvais côtés, les déconvenues. Mais on ne peut pas revenir en arrière. On a ouvert la boîte de Pandore. Comment Facebook a changé nos rapports sociaux? Sommes-nous désormais plus à l’aise en ligne? Les gens passent tellement d’heures dessus que ça ne peut pas être neutre. Auparavant, chacun avait un nombre «humain» de connaissances, on comptait ses amis «sur les doigts de la main». Facebook nous permet d’échanger avec des centaines de relations, même si ça n’est pas très profond. Ce réseau permet avant tout de dialoguer avec des gens que l'on connaît réellement. Sur Instagram par exemple, on suit plus facilement des influenceurs, des médias, des comptes sous pseudonymes. Facebook est le seul à conserver cette notion de «vrais» amis? Facebook était le premier réseau social à rencontrer un succès à l’échelle globale en reproduisant principalement les relations que nous avons déjà dans la vraie vie. Dans les grandes années, nous étions plusieurs milliards d’utilisateurs actifs et nous savions que notre réseau réel était là, à portée de clic, réceptif à ce que l’on avait à dire. Mais cela a changé… LinkedIn est sans doute le seul à avoir conservé ce statut: on sait que l'on peut toucher la quasi-intégralité de nos connaissances, ceux de la «vraie vie». Mais sur ce dernier, l’angle est sérieux, professionnel. Le grand succès de Facebook, c’est donc de pouvoir toucher nos communautés existantes, et c’est ce qu’ils tentent de transposer aujourd’hui à WhatsApp, via les statuts. Même si WhatsApp n’est pas à proprement dit un réseau social. Comment expliquer cette migration de la plateforme vers un public plus âgé? Facebook a très peu changé en vingt ans, c’est un réseau plus conservateur que les autres qui convient sans doute à des utilisateurs plus âgés, moins enclins à des nouveautés qui peuvent déstabiliser. Facebook était leur premier réseau social et ils n’ont pas envie de tisser des liens ailleurs, sur un autre réseau. Autrement dit, ces personnes se sentent sur Facebook comme à la maison. Facebook est en ce sens rassurant, car il ne les a pas perdus en route. Les seniors sont aussi à l’aise dans cet entre-soi et s’éclatent même sur Facebook, en étant moins exposés aux critiques des plus jeunes. Meta (ndlr: la multinationale fondée par Mark Zuckerberg, qui comprend Facebook, Instagram, WhatsApp et Oculus VR) l’a bien compris. Le mieux à faire pour eux c’est de ne pas toucher à Facebook. ### Bonnes résolutions: Prendre un virage sain permet de gagner jusqu’à 24 années Média: Le Matin Dimanche / 24 heures. Journaliste: Caroline Zuercher. Date: 04.02.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/bonnes-resolutions-prendre-un-virage-sain-permet-de-gagner-jusqua-24. Article original: https://www.24heures.ch/bonnes-resolutions-prendre-un-virage-sain-permet-de-gagner-jusqua-24-annees-502703564386 Blaise Reymondin y est présenté comme: Cet expert en numérique, aujourd’hui âgé de 52 ans" / "L’entrepreneur vaudois Contexte: Article santé du Matin Dimanche (repris par 24 heures) sur l'impact d'une hygiène de vie saine sur l'espérance de vie. Blaise Reymondin y témoigne à titre personnel de son «virage sain»: arrêt quasi total de l'alcool après un Dry January, boxe, biohacking. Il ouvre et clôt l'article, photographié à l'entraînement de boxe avec son coach Nuno Goncalves. Propos de Blaise Reymondin: L’an dernier, Blaise Reymondin a relevé le défi du Dry January. «À fin janvier, je me suis senti tellement bien que j’ai décidé qu'à l'avenir je ne boirais jamais plus d’un verre.» Résultat? Jusque-là, il consommait 5 à 10 verres de vin par semaine. En 2023, il n’en a avalé que douze. «Je n’ai pas trouvé cela difficile. Le plus rude, c’est la pression sociale. Il y a des connaissances qui me chambrent, mais je vois cela comme le reflet de leur propre culpabilité par rapport à l’alcool.» Cet expert en numérique, aujourd’hui âgé de 52 ans, n’en est pas resté là. «Se passer d’alcool est un grand cap, que je suis fier d’avoir passé. Du coup, je me suis demandé ce que je pourrais encore faire pour me sentir mieux.» Des petites alertes de santé l’y ont encouragé. Sans oublier ses jeunes enfants, avec qui il souhaite faire du sport encore longtemps. «En fait, j’ai réalisé que je vivais dans le déni en croyant avoir une vie saine. Je ne parlerais pas de changement radical, car j’ai toujours fait un peu de sport, mais cela a été un grand virage.» L’entrepreneur vaudois a revu son alimentation. Il s’est remis au sport de manière sérieuse. Il pratique l’entraînement à la boxe et le biohacking – qui consiste à mesurer sa santé avec des appareils connectés, puis à adapter son comportement en fonction des résultats. «On peut me considérer comme un rabat-joie, parce que je garde le contrôle sur ce que j’ingère, ou parce que je scrute mes paramètres cardiaques, mon sommeil, etc. Mais je crois savoir m’arrêter, un contrôle obsessionnel serait cause d'un stress qu’on veut justement éviter.» En tout cas, Blaise Reymondin compte bien ne pas revenir en arrière. Il regrette plutôt de ne pas avoir effectué son changement de cap plus tôt – vers 30 ou 40 ans. «À la cinquantaine, j’imagine que c’est un peu le dernier moment», glisse-t-il. Blaise Reymondin, lui, n’a plus de douleurs dans les lombaires ni dans les cervicales. Depuis qu’il a pris de nouvelles habitudes, son sommeil est de meilleure qualité et son niveau de stress a diminué. «Mes efforts portent leurs fruits, des analyses médicales que j’ai effectuées ces derniers mois l’ont aussi confirmé. Et puis, il y a un côté joueur là derrière: ce sera intéressant de voir si je peux encore progresser.» ### Vingt ans après ses débuts, pourquoi Facebook conserve-t-il un tel pouvoir d’attraction? Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 04.02.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/vingt-ans-apres-ses-debuts-pourquoi-facebook-conserve-t-il-un-tel. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/vingt-ans-apres-ses-debuts-pourquoi-facebook-conserve-t-il-un-tel-pouvoir-d-attraction Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully (VD) Contexte: Article pour les 20 ans de Facebook (lancé le 4 février 2004), qui compte alors plus de 3 milliards d'utilisateurs réguliers. Plusieurs experts expliquent la résilience du réseau: Blaise Reymondin, Stéphane Koch et Léanne Dejeu. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: comment expliquer cet immense pouvoir d'attraction de Facebook? «Parce que les liens sociaux existent déjà, qu’ils ont été créés en nombre il y a une dizaine d’années, à la grande époque de Facebook. Les plus de 35 ans sont moins attirés par la nouveauté, ils sont naturellement plus conservateurs avec l’âge; ce qu’ils veulent, c’est que leurs publications trouvent une audience, ils veulent une communauté réceptive et active, ça ne les intéresse pas de la recréer ailleurs» Contexte: plus modernes, TikTok et Instagram auraient dû enterrer Facebook, mais ce n'est pas le cas. «Ces réseaux ont un fonctionnement peut-être trop rapide pour les plus âgés, l’équivalent d’une consommation fast-food des médias, qui propose une déferlante d’images et de vidéos. Les aînés préfèrent les échanges plus slow food qu’on trouve sur Facebook, avec ses publications simples composées d’un texte, d’un lien ou d’une image» Contexte: sur la faible évolution de Facebook en vingt ans. «On sent bien que les priorités sont partout ailleurs chez Meta: l’intelligence artificielle, le metaverse, Instagram, Threads [concurrent de X, ndlr], etc. Mais c’est sans doute cette stabilité qui plaît aux utilisateurs «seniors»; ils ne sont pas déboussolés comme ils le seraient sur les autres plateformes qui connaissent des changements fréquents» ### La photo 2024 du Conseil fédéral, ou la montagne qui vient à Mahomet en son Palais Média: Le Temps. Journaliste: Nicolas Dufour. Date: 02.01.2024. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-photo-2024-du-conseil-federal-ou-la-montagne-qui-vient-a-mahomet. Article original: https://www.letemps.ch/suisse/la-photo-2024-du-conseil-federal-ou-la-montagne-qui-vient-a-mahomet-en-son-palais Contexte: Article sur la photo officielle 2024 du Conseil fédéral et rétrospective des neuf photos précédentes. Blaise Reymondin n'y est pas interviewé: l'article intègre un de ses tweets parodiques, dans la section sur les parodies générées par l'intelligence artificielle. Propos de Blaise Reymondin: Pas de citation journalistique directe. L'article embarque le tweet suivant de Blaise Reymondin (@reymondin), publié le 31 décembre 2023, précédé de la phrase du journaliste: «Et à l'heure de l'inflation de l'intelligence artificielle, les parodies n'ont pas tardé.» «J’ai demandé à https://t.co/0kNWCzKwks de régénérer la photographie officielle du Conseil Fédéral pour 2024. L’IA semble avoir un biais sexiste en ce qui concerne les figures du pouvoir.» — Blaise Reymondin (@reymondin) December 31, 2023 ### Voici les nouveaux «super-pouvoirs» que vous offre l’intelligence artificielle au quotidien Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 29.12.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/voici-les-nouveaux-super-pouvoirs-que-vous-offre-lintelligence. Article original: https://www.letemps.ch/economie/voici-les-nouveaux-super-pouvoirs-que-vous-offre-l-intelligence-artificielle-au-quotidien Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin (codirecteur de la société Blaise & Bruno) Contexte: Premier article d'une série consacrée aux conséquences de l'arrivée de l'IA générative, un an après le lancement de ChatGPT: sélection de services d'IA (productivité, reconnaissance et création d'images, vidéos, doubles numériques, musique). Blaise Reymondin fait partie du panel d'experts sollicités pour la sélection: «nous avons fait appel à plusieurs experts de l’IA: la blogueuse spécialisée Emily Turrettini, Rémi Sabonnadiere (directeur d’Effixis), Blaise Reymondin (codirecteur de la société Blaise & Bruno), Marine Cauz (doctorante à l’EPFL et responsable chez Planair), Matthieu Corthésy (formateur ChatGPT️) et Ari Kouts (responsable Innovation Synvance Consulting (groupe VISEO)).» Propos de Blaise Reymondin: Pas de citation directe entre guillemets. Propos rapporté (indirect), au début de la sélection: «De nombreux outils propulsés par l’IA apparaissent chaque semaine, mais très peu d’entre eux résisteront au temps, avertit d’emblée Blaise Reymondin. Il suffit qu’un acteur majeur intègre la fonctionnalité phare d’une start-up pour que cette dernière soit en péril. Son conseil: éviter les abonnements annuels, même s’ils ont l’air financièrement plus intéressants sur une durée de douze mois, car on ne sait jamais combien de temps une solution IA restera d’actualité.» ### Avec ou sans X (ex-Twitter), LinkedIn est en plein essor Média: Le Temps. Journaliste: Julie Eigenmann. Date: 06.12.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/avec-ou-sans-x-ex-twitter-linkedin-est-en-plein-essor. Article original: https://www.letemps.ch/economie/avec-ou-sans-x-ex-twitter-linkedin-est-en-plein-essor Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en numérique Contexte: L'article s'interroge sur un possible effet de vases communicants entre X (ex-Twitter), qui perd des membres depuis son rachat par Elon Musk, et LinkedIn, qui a franchi le milliard d'utilisateurs. Deux experts sont interrogés: le sociologue Olivier Glassey et Blaise Reymondin. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Des vases communicants entre les deux plateformes, Blaise Reymondin, spécialiste en numérique, n’y croit pas tellement non plus. L’explication est pour lui plutôt politique:» «Je pense qu’une large part des utilisateurs ayant une sensibilité de gauche partent en courant de X qui s’est droitisé de façon très claire, façon droite populiste, alors qu’il était auparavant plutôt de gauche ou centre gauche. Pour beaucoup, des réseaux émergents comme Mastodon ou Bluesky représentent une alternative, mais ils n’offrent pas encore une communauté assez importante. Le moment représenterait aussi une vraie opportunité de se positionner pour Facebook, s’il s’assumait comme le réseau des seniors.» Contexte: «LinkedIn ne constitue pas naturellement un lieu accueillant pour les ex-abonnés Twitter, selon Blaise Reymondin.» «Le discours sur ce réseau professionnel risque de ne pas intéresser ceux qui, à sensibilité de gauche, ont quitté X. LinkedIn reste connoté droite libérale, très lié aux entreprises, à la notion de réussite, et certains raillent d’ailleurs cette dimension.» Contexte: «La notion d’anonymat joue aussi un rôle important, insiste Blaise Reymondin.» «Sur X, on peut avoir un pseudo-anonymat, même si on peut être identifié. Il n’y a pas de place pour cela sur LinkedIn, où on est connecté d’abord à un véritable réseau professionnel: c’est ce qui empêche certains dérapages.» Propos rapporté (attribué au «spécialiste», la fin est entre guillemets dans l'article): «Reste que s’il ne bénéficie pas directement des départs de la plateforme d’Elon Musk, LinkedIn est en effet devenu incontournable pour n’importe quel professionnel aujourd’hui, note le spécialiste. Ça ne veut pas dire que chacun se reconnaisse suffisamment dans son contenu pour y être vraiment actif.» Note: l'article ajoute que LinkedIn est devenu plus «cool», s'est un peu «décoincé», parfois même trop, «s'accordent à dire les deux experts» (Reymondin et Glassey). ### Quatre pistes pour tracer un premier bilan d’une folle année en intelligence artificielle Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 29.10.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/quatre-pistes-pour-tracer-un-premier-bilan-dune-folle-annee-en. Article original: https://www.letemps.ch/economie/quatre-pistes-pour-tracer-un-premier-bilan-d-une-folle-annee-en-intelligence-artificielle Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully (VD) Contexte: Onze mois après le lancement de ChatGPT, l'article dresse un premier bilan de l'IA générative en quatre pistes, avec le regard de deux experts: Emma Lejal Glaude (Swisscom) et Blaise Reymondin. Article lié à l'édition 2023 du Forum des 100. Propos de Blaise Reymondin: ##### 1. Un accès à l’information transformé Contexte: «De son côté, Blaise Reymondin estime que c’est l’accès à l’information qui a été bouleversé:» «Il y a maintenant un quart de siècle que les moteurs de recherche comme Google ont démocratisé l’accès à la connaissance universelle, le problème, c’est que c’est à nous de trouver du sens parmi les résultats de recherche, parfois dans une avalanche d’informations, si l’on veut en tirer quelque chose. ChatGPT marque un grand bond en avant par sa capacité à répondre directement aux questions et aux problèmes, même complexes.» Introduit par «Selon Blaise Reymondin,»: «pour la première fois, la notion d’assistant intelligent n’est pas exagérée (bien que la notion d’intelligence soit éloignée de la nôtre)» ##### 2. Un bouleversement du monde du travail Contexte: «La remise en question est massive, esquisse Blaise Reymondin:» «Les coûts marginaux de la production d’analyses se rapprochent de zéro, ce qui remet en question notre perception de certaines tâches qui étaient autrefois considérées comme ayant une forte valeur ajoutée humaine. Par exemple, dans le domaine des professions libérales, de nombreuses activités peuvent être remises en question à la lumière de l’avancée de l’IA.» Contexte: «Et il y a le risque, pour certains, de se voir déclassés, poursuit le spécialiste en marketing.» «Dans le monde du travail, une catégorie de personnes a clairement compris que l’IA représente un game changer. En collaborant avec cette technologie, elles acquièrent des compétences littéralement surhumaines. D’autres, par contre, prennent le risque d’être reléguées à l’arrière-plan. Parmi elles, certaines sont passées à côté du grand boom de l’IA depuis un an, tandis que d’autres, bien qu’informées, se replient dans une forme de déni.» ##### 3. Du positif… ou surtout du négatif? Contexte: «Blaise Reymondin s’intéresse, lui, aux «hallucinations» de ChatGPT, soit sa capacité à inventer de fausses réponses.» «Pour remédier à ces limites, des mécanismes de contrôle sont progressivement ajoutés pour vérifier la véracité des informations rendues, ainsi que des accès à l’information en temps réel (par exemple via Bing Search). Et tout aussi important, les utilisateurs apprennent en parallèle à utiliser ces outils, comme nous avions appris à «surfer» sur le web à l’époque, nous apprenons à exercer un regard critique sur ce que nous renvoie ChatGPT, à vérifier ses réponses en les confrontant à différentes sources. Ainsi, nous parvenons à en tirer les bénéfices tout en minimisant les risques de prendre en compte des informations fausses.» Contexte: «Le spécialiste distingue un autre risque,» «celui de la paresse intellectuelle engendrée par la disponibilité permanente de ces assistants intelligents, omniscients et dotés d’une patience illimitée. Une technologie qui pourrait dissuader d’exercer son propre jugement critique, de chercher à approfondir sa compréhension d’un sujet si n’importe quelle réponse est toujours à portée de la main (ou de la voix).» ##### 4. Quelles évolutions pour 2024? Contexte: «Les agents conversationnels intelligents sont aujourd’hui assez faibles dans la résolution de problèmes numériques, constate Blaise Reymondin.» «Initialement conçus sur des bases de statistiques prédictives qui génèrent des séquences textuelles, ces systèmes ont des difficultés à gérer des opérations arithmétiques pourtant élémentaires. L’intégration de modules mathématiques spécifiques, des «surcouches» de contrôle, devrait permettre de combler cette lacune. Une évolution que l’on peut imaginer comparable à celle qu’a connue le générateur d’images Midjourney, qui a ainsi pu corriger sa tendance à compter de manière erronée le nombre de doigts et de dents sur les représentations humaines.» Contexte: «L’une des évolutions les plus attendues des IA génératives va consister à intégrer nos propres données, pour nous restituer des réponses mixtes, alliant de la connaissance universelle avec nos propres informations, poursuit le spécialiste en marketing.» «Cela représente une étape majeure dans la quête d’un «second cerveau» qui vient augmenter nos compétences cognitives. Après avoir externalisé notre mémoire dans des disques durs puis dans le cloud, nous sommes désormais en mesure d’étendre notre capacité à raisonner et à analyser. L’activité «intellectuelle» nécessaire pour mettre en perspective de l’information et résoudre des problèmes n’est plus réservée exclusivement au genre humain.» ### Quels sont les (rares) métiers qui ne seront pas remplacés par l'IA? Média: Blick. Journaliste: Tiffany Terreaux. Date: 11.10.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/quels-sont-les-rares-metiers-qui-ne-seront-pas-remplaces-par-lia. Article original: https://www.blick.ch/fr/news/economie/un-expert-confronte-chatgpt-quels-sont-les-rares-metiers-qui-ne-seront-pas-remplaces-par-lia-id19027559.html Blaise Reymondin y est présenté comme: le Vaudois Blaise Reymondin, expert en numérique Contexte: Format original de Blick: ChatGPT liste dix domaines résistants à l'automatisation, et Blaise Reymondin («un expert confronte ChatGPT») commente chacun d'eux point par point. Ses dix réponses intégrales ci-dessous. Propos de Blaise Reymondin: 1. Les métiers créatifs Graphistes et designers vont devoir redoubler de créativité s’ils veulent rivaliser avec l’IA, notamment avec l'arrivée d’outils innovants comme Midjourney ou DALL-E 3. Ces derniers sont en mesure de générer en quelques secondes des photos et des illustrations très convaincantes, jusqu’à faire vibrer notre sensibilité humaine. Côté cinéma, on fait aussi grise mine et les studios sont en grève. Logique alors que les cascadeurs se voient remplacés par des clones virtuels, qui sont non seulement moins coûteux, mais permettent d’éliminer les risques tout en offrant une plus grande crédibilité visuelle (pas besoin de cacher les visages). Pareil pour les doubleurs de séries et films; avec un outil comme HeyGen, il est possible de doubler un acteur dans quasi toutes les langues en utilisant sa propre voix et tonalité, jusqu’à recréer les mouvements de lèvres de l’acteur sur le film. Rapidement, il n'y aura plus aucun film doublé par des humains; c’est une évidence dès lors que le rendu par IA s’avère nettement plus convaincant. En revanche, les comédiens de théâtre et les artistes de cirque (acrobates, clowns, jongleurs...) seront les grands bénéficiaires de cette ère technologique. Les spectateurs chercheront à vivre une performance intrinsèquement humaine, rendant inconcevable le remplacement de ces artistes. Cette évolution technologique pourrait redynamiser leur métier et rehausser la valeur accordée à ces genres artistiques. Dans un monde majoritairement virtuel, les gens seront encore plus réceptifs au frisson créé par une prise de risque humaine qui se déroule en temps réel, incarnée en chair et en os. 2. Soins et santé Avec l'émergence de l'IA, l'accès à des réponses médicales complètes deviendra aisé pour tout un chacun, grâce à la possibilité de dialoguer avec un médecin virtuel omniscient et à la patience illimitée, et ce, à un coût quasi nul. La profession médicale pourrait se métamorphoser vers un rôle de coach de vie, où le médecin accompagne son patient dans une dimension plus humaine, notamment durant des périodes difficiles ou des décisions doivent être prises. L'essentiel de l'expertise médicale sera transmise par une IA, étant donné leur aptitude surhumaine à analyser des quantités énormes de données et les corréler avec les symptômes, la littérature et les connaissances universelles. Dans le milieu médical, les postes requérant le moins de qualifications seront sans doute plus résistants au remplacement par l'IA. Tous les métiers prodiguant des soins à la personne, par exemple, ne sont pas à risque (bien au contraire). Du côté des plus qualifiés, les chirurgiens spécialisés verront leur capacité augmentée avec l’intelligence artificielle. 3. Éducation La profession d’enseignant est loin d'être menacée, elle endosse même un rôle crucial à l’ère de l’intelligence artificielle auprès des plus jeunes, pour leur inculquer des valeurs humaines plus essentielles que jamais et stimuler leur esprit critique L’enseignement doit accueillir à bras ouvert ces nouvelles technologies, sans quoi elle formera une génération d’inadaptés, incapables de trouver leur place en complémentarité de l’intelligence artificielle. 4. Services sociaux Ces professions ne vont pas disparaître, c'est une évidence. Le rapport humain fait toute la différence, alors que les individus qui sollicitent ces services sont eux-mêmes touchés dans leur humanité. Ils ont besoin d'être entendus et soutenus par un semblable. 5. Recherche et développement Les chercheurs peuvent tirer beaucoup d’avantages de l'IA, cette technologie agissant comme une sorte de super-pouvoir leur permettant d'accélérer leur travail de recherche et d’élargir leur champ d'exploration. Je vois là l’opportunité unique d'accélérer la recherche sans toucher aux budgets. En ce sens, je ne crois pas qu’ils soient dans une catégorie à risque. 6. Gestion Les postes décisionnaires, à dimension stratégique, demeureront irremplaçables, principalement pour des raisons idéologiques. En revanche, les analystes financiers, data analystes, gestionnaires bancaires et métiers similaires notamment dans l’assurance sont extrêmement à risque. Un haut dirigeant dans un établissement bancaire me disait récemment que, selon son estimation personnelle, 90% des emplois dans le secteur pourraient être remplacés par une IA. 7. Métiers manuels et artisanaux Ils sont manifestement parmi les métiers les mieux blindés face à l'IA, toutefois, ils ne sont pas totalement épargnés par les avancées rapides dans divers secteurs. Par exemple, les véhicules électriques requièrent moins de réparations au garage. Dans les métiers de la construction, l'usage croissant d'éléments modulaires préfabriqués permet des montages plus rapides, qui nécessitent moins de personnes. 8. Relations publiques et communication Tout métier qui nécessite beaucoup de travail rédactionnel est fortement exposé au risque. Les compétences de ChatGPT à l’écrit sont déjà remarquables et l’outil ne cesse de s’améliorer. Si pour l'heure une touche humaine demeure souhaitable, on peut s’interroger jusqu’à quand? Sans doute quelques mois seulement. Des secteurs comme le lobbying semblent toutefois être épargnés. En effet, l'interaction humaine et les relations interpersonnelles demeurent cruciales dans le jeu des négociations et de la communication délicate (ou de crise). Le pouvoir d'influence demeurera, je le crois, un jeu humain. 9. Métiers axés sur les émotions Il est relativement aisé pour une IA d'identifier l’état émotionnel humain, que ce soit à travers un discours, le timbre de la voix, les expressions du visage, etc. Ces professions auraient tout à gagner à collaborer étroitement avec l’IA, d'autant plus que la demande surpasse souvent l'offre sur le marché. L'IA peut potentiellement venir en soutien à ces spécialistes. 10. Ventes et négociation La négociation comporte intrinsèquement des limites telles que le prix maximum d'une vente, les délais, etc.. L'IA est apte à s'engager dans le jeu de la négociation et à respecter les limites établies jusqu'à un certain point. Néanmoins, la dimension humaine revêt souvent un rôle primordial dans l’acte d’achat. Je conseillerais aux vendeurs et négociateurs de se préparer en amont en s’exerçant avec un agent conversationnel intelligent, de lui demander de jouer le rôle de l’acheteur coriace et déterminé. Conclusion (propos rapportés, verbatim): En fin de compte, Blaise Reymondin explique que ce ne sont pas dans un premier temps des métiers qui vont être remplacés, mais des tâches qui seront automatisées. L'évolution de ces intelligences artificielles dites génératives est actuellement fulgurante, des innovations majeures surviennent chaque semaine depuis le début de l’année et elles ne pourront manquer d'entrer rapidement dans la société. ### Comment utiliser l’intelligence artificielle pour doper votre entreprise Média: PME Magazine. Journaliste: Mary Vakaridis. Date: 19.09.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/comment-utiliser-lintelligence-artificielle-pour-doper-votre. Article original: https://www.pme.ch/dossiers-et-hors-series/2023/09/19/comment-utiliser-lintelligence-artificielle-pour-doper-votre-entreprise-632768 Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, cofondateur de Blaise & Bruno, agence marketing Contexte: Dossier du mois de PME Magazine sur l'usage de l'IA par les entrepreneurs suisses. Plusieurs dirigeants témoignent (Assymba, Collège Champittet...). Le témoignage de Blaise Reymondin est titré «Attention au style gnangnan de ChatGPT». Propos de Blaise Reymondin: Témoignage intégral, sous le titre «Attention au style gnangnan de ChatGPT»: «Nous sommes une agence spécialisée dans l’acquisition de clientèle. Pour nos propres clients, nous devons créer des pages web très persuasives pour capter un maximum de contacts. Lorsque je rencontre par exemple un chirurgien esthétique qui veut accroître sa patientèle, je discute avec lui pour comprendre quels sont les besoins de ses patients, leur état d’esprit, les objections courantes. Puis je demande à ChatGPT de retravailler les notes brutes que j’ai prises. Le logiciel est capable de me proposer un projet de page avec les arguments clés. Mais nous sommes encore loin du résultat final et il faut reformuler, car le style de ChatGPT est la plupart du temps trop convenu, gnangnan. On doit aussi bien sûr tout vérifier. Il est encore trop tôt pour déléguer des tâches à ce logiciel d’IA, mais il est d’ores et déjà un assistant personnel dont je ne pourrais plus me passer.» ### ChatGPT s’invite déjà au bureau Média: Le Temps. Journaliste: Julie Eigenmann. Date: 13.04.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/chatgpt-sinvite-deja-au-bureau. Article original: https://www.letemps.ch/economie/chatgpt-sinvite-deja-bureau Blaise Reymondin y est présenté comme: Cofondateur de la société Blaise & Bruno Acquisition Marketing, active dans le marketing digital Contexte: L'article montre comment des professionnels en Suisse utilisent déjà ChatGPT au travail pour automatiser des tâches (RH, marketing, informatique, télémédecine), tout en soulevant la question des données et de la responsabilité. Blaise Reymondin y témoigne de ses usages en marketing digital. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Devenir meilleur encore, c’est aussi ce à quoi aspire Blaise Reymondin lorsqu’il utilise cette technologie. Cofondateur de la société Blaise & Bruno Acquisition Marketing, active dans le marketing digital, il détaille:» «ChatGPT est très utile pour compléter un énoncé sur la base d’une idée qu’on lui soumet: s’ensuit un échange qui amène de nouvelles pistes. Je lui demande également quelles sont les préoccupations d’un client par rapport à tel ou tel produit, quelles sont les émotions qui peuvent le conduire à l’envisager. Ou je teste très rapidement différentes options de textes pour une page internet pour déterminer celle qui a le plus d’impact.» Contexte: «Il s’agit vraiment de compétences augmentées et non de substitution, assure Blaise Reymondin.» «L’outil permet à chaque individu de passer à un niveau supérieur, mais pas davantage: un spécialiste peut avec lui devenir un expert, par exemple. C’est la raison pour laquelle ceux qui ne s’y mettraient pas risqueraient de se faire doubler par des professionnels de niveau inférieur. Mais quoi qu’il en soit, je vérifie toujours les informations que l’outil fait remonter, puisqu’on sait qu’il peut produire des «hallucinations» [des inventions, ndlr]. Chacun doit en avoir conscience pour faire le tri.» ### Dix exemples qui montrent comment l’IA et ChatGPT peuvent nous aider au quotidien Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 30.03.2023. URL: https://blaisereymondin.com/medias/dix-exemples-qui-montrent-comment-lia-et-chatgpt-peuvent-nous-aider. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/dix-exemples-montrent-lia-chatgpt-peuvent-aider-quotidien Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully (VD) Contexte: Article pratique (titre de la liste de travail: «ChatGPT nous aide déjà au quotidien») présentant dix usages concrets de ChatGPT. Il est «rédigé à 0% par ChatGPT, mais avec l’expertise de Silvia Quarteroni [Swiss Data Science Center] et de Blaise Reymondin», qui livrent chacun leurs exemples. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: section «1. L’aide à la rédaction». «J’ai depuis peu un nouveau réflexe, complète Blaise Reymondin. Je commence par lui dire «réécris ce qui suit» et ensuite tout ce que je vais lui donner va être réécrit. C’est souvent très bien et le remplacement d’un mot pour un meilleur synonyme est souvent remarquable. Parfois je lui demande de prendre un ton ou un style particulier , ou d’endosser le rôle d’un expert dans un domaine pour obtenir une réponse plus spécialisée, moins conventionnelle.» Contexte: section «6. Des suggestions en tout genre» — «Blaise Reymondin raconte:» «J’ai demandé à ChatGPT de constituer une playlist musicale pour la fête d’anniversaire d’un aîné dans ma famille, avec moult précisions dans les choix qu’il devait faire. Le résultat (une cinquantaine de chansons) était tout à fait satisfaisant et m’a fait économiser des heures de recherches.» Contexte: section «7. Un assistant technique», sur la programmation. «J’ai utilisé ChatGPT pour programmer des applications informatiques spécifiques à mon métier. Bien que je sache le faire, l’aide de ChatGPT réduit de dix fois environ le temps nécessaire au codage» ### Apple accusée de se muer en tyran de la publicité Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 26.10.2022. URL: https://blaisereymondin.com/medias/apple-accusee-de-se-muer-en-tyran-de-la-publicite. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/apple-accusee-se-muer-tyran-publicite Blaise Reymondin y est présenté comme: "Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully" (plus loin: "Le spécialiste de la publicité Google") Contexte: Apple a modifié les conditions de son App Store pour prélever une commission de 30% sur certaines dépenses publicitaires dans les applications, une attaque visant surtout Meta. Blaise Reymondin analyse la stratégie publicitaire d'Apple et le contexte du marché. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: sur la nouvelle commission d'Apple. «Apple fait ainsi coup double: d’abord en s’assurant de nouveaux revenus à travers une commission sur les boosts publicitaires dans les applications, puis en impactant les revenus de Meta, l’entreprise qu’Apple désigne volontiers comme son opposé et qui constitue donc une cible idéale» Contexte: a priori, ce seront surtout les particuliers et les PME qui devront passer à la caisse. «La majorité des annonceurs qui dépensent régulièrement de l’argent pour booster leurs publications utilisent le portail publicitaire de Meta, qui n’est pas concerné par la surtaxe mobile d’Apple, poursuit Blaise Reymondin. Le boost publicitaire acheté directement depuis une application tente surtout les petits artisans et les micro-influenceurs peu expérimentés. Ma prédiction est que cela n’aura au final pas un grand impact sur les revenus de Meta, et il n’est donc pas certain qu’ils répercutent ce surcoût sur ce type d’annonceur. Par contre, il est possible que, poursuivant sur sa lancée, Apple prélève plus tard une commission sur toutes les publicités affichées sur ses plateformes.» Contexte: sur le recul de la publicité en ligne. «Il y a plusieurs raisons: l’inflation bien sûr, mais aussi la comparaison avec les deux années précédentes, qui étaient hors norme en raison de la pandémie. Et il y a aussi la concurrence massive de TikTok sur le format vidéo» Contexte: «Le spécialiste de la publicité Google note par ailleurs que Google, justement,» «a utilisé de multiples stratagèmes ces dernières années pour inciter les annonceurs à dépenser plus d’argent sur sa plateforme publicitaire. Il s’agit notamment de l’automatisation, qui entraîne souvent une perte de contrôle pour l’annonceur, et des «recommandations» constantes à dépenser plus d’argent, à augmenter les budgets publicitaires.» ### Une coupure d’internet a touché le réseau Swisscom Média: Le Temps. Journaliste: Le Temps (rédaction, non signé). Date: 03.05.2022. URL: https://blaisereymondin.com/medias/une-coupure-dinternet-a-touche-le-reseau-swisscom. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/une-coupure-dinternet-touche-reseau-swisscom Contexte: Brève sur la panne d'internet fixe et mobile du réseau Swisscom du 3 mai 2022 (environ 30 minutes, due à des travaux de maintenance). Blaise Reymondin n'y est pas interviewé: l'article intègre un de ses tweets comme témoignage de la panne. Propos de Blaise Reymondin: Pas de citation journalistique directe. L'article embarque le tweet suivant de Blaise Reymondin (@reymondin), 3 mai 2022 (verbatim, coquilles comprises): «Blackout conplet de d’Internet fixe ET mobile pendant 20-30 minutes. Qui d’autre?» — Blaise Reymondin (@reymondin) 3 mai 2022 ### La newsletter, un outil de promotion efficace Média: PME Magazine. Journaliste: Laure Wagner. Date: 06.04.2020. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-newsletter-un-outil-de-promotion-efficace. Article original: https://www.pme.ch/management/2020/04/06/newsletter-un-outil-promotion-efficace Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, cofondateur de l’agence lausannoise Blaise et Bruno Acquisition Marketing Contexte: Article de PME Magazine sur la pertinence de la newsletter dans la stratégie marketing des entreprises, avec les témoignages de QoQa, de l'agence Spoutnik et de Blaise Reymondin, qui en explique le rôle dans l'acquisition et la fidélisation de clientèle. Propos de Blaise Reymondin: «Une bonne lettre d’information occupe toujours une place essentielle dans la stratégie marketing d’une entreprise», confirme Blaise Reymondin, cofondateur de l’agence lausannoise Blaise et Bruno Acquisition Marketing. Pour le spécialiste, la newsletter possède deux principaux intérêts: elle permet de «transformer un prospect en client» et de «conserver ses clients pour cultiver leur loyauté». «Il ne faut pas hésiter à interroger directement son audience, poursuit Blaise Reymondin. Par exemple en réalisant des sondages pour comprendre les besoins des clients.» La publicité payante est-elle vraiment essentielle? «Oui assurément, répond Blaise Reymondin. Il s’agit d’une stratégie à double détente, indispensable pour créer sa base de prospection, pour récolter des contacts en aval de la gestion de la relation client. On parle, à ce moment-là, de ’stratégie CRM’.» Encadré «Une notion d'actualité» (citation + propos rapportés, verbatim): «Il faut bien distinguer la newsletter de l’e-mail marketing, aussi appelé e-mailing», explique Blaise Reymondin, cofondateur de l’agence lausannoise Blaise et Bruno Acquisition Marketing. La première adresse une information d’actualité, de façon périodique, à une liste de diffusion prédéfinie de clients ou de prospects. Par exemple l’arrivée de nouveaux produits sur le marché, la rupture de stock d’autres produits, la mise en place de promotions exceptionnelles, etc. Cette notion d’actualité et ce caractère périodique différencient la lettre d’information des autres canaux de communication par e-mail, comme les courriers automatisés ou les autorépondeurs, dont l’objectif est d’envoyer des messages publicitaires à un groupe de destinataires plus ou moins ciblés, pour générer une vente. ### Jusqu’où le client est-il roi? Média: PME Magazine. Journaliste: Mehdi Atmani. Date: 02.04.2020. URL: https://blaisereymondin.com/medias/jusquou-le-client-est-il-roi. Article original: https://www.pme.ch/management/2020/04/02/jusquou-client-estil-roi Blaise Reymondin y est présenté comme: le cofondateur de Blaise & Bruno, société spécialisée dans l’acquisition de clientèle en ligne Contexte: Enquête de PME Magazine sur les dérives de la relation client (appels d'offres non rémunérés, exigences démesurées) à l'ère de la gig economy. Blaise Reymondin y présente, avec son binôme Bruno Guyot, un modèle d'affaires fondé sur le choix des clients et la tarification à la performance. Propos de Blaise Reymondin: Selon Blaise Reymondin, oser dire non à des demandes de nouveaux mandats permet de valoriser son savoir-faire pour se concentrer sur les meilleurs potentiels, ceux où le rapport gagnant-gagnant sera le plus élevé. Une autre forme de prise de risque que le cofondateur de Blaise & Bruno, société spécialisée dans l’acquisition de clientèle en ligne, a érigé en modèle d’affaires. Avec son binôme Bruno Guyot, Blaise Reymondin a ainsi appris à refuser des opportunités: «En revendiquant le choix de nos clients, nous sommes dès lors plus réceptifs et à même d’offrir la relation clients que nous estimons idéale.» Blaise Reymondin et Bruno Guyot offrent donc une tarification à la performance: «Les clients que nous avons choisis nous rémunèrent aux résultats. Nos savoir-faire sont très demandés, explique le cofondateur. Pour faire ce choix, il faut rapidement déterminer si Bruno et moi avons la capacité de faire exploser le chiffre d’affaires du client ou si nous perdons tous notre temps.» Le mode opératoire est simple: un premier rendez-vous gratuit face au bon interlocuteur dans l’entreprise, généralement le fondateur. Si le client donne suite, c’est payant: «C’est une manière de ne pas perdre trop d’énergie ou d’aller trop loin dans un projet qui, peut-être, n’aboutira pas. Cela responsabilise également le client qui doit se positionner.» Un bon client? «C’est celui qui comprend vite l’intérêt de la relation que l’on va tisser ensemble et qui nous fait confiance. C’est celui qui comprend la notion de cocréation de valeur. Cela ne vient pas tout seul.» «L’époque voudrait nous faire croire que le client est roi, souligne Blaise Reymondin. Mais c’est un leurre. Il est roi dans les limites imposées par le modèle économique choisi par l’entreprise, dans le cadre des conditions générales du prestataire de services, que celui-ci s’appelle Zalando, Uber, Airbnb ou EasyJet. Dès que l’on sort de ce cadre, la relation client d’humain à humain devient très difficile. Vous avez déjà appelé le call center de ces sociétés?» ### Publicité: les cookies sont cuits! Média: Alternatives Economiques. Journaliste: Justin Delépine. Date: 19.02.2020. URL: https://blaisereymondin.com/medias/publicite-les-cookies-sont-cuits. Article original: https://www.alternatives-economiques.fr/publicite-cookies-cuits/00091826 Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, consultant en marketing digital Contexte: Article d'Alternatives Economiques sur l'annonce par Google de la fin des cookies tiers et ses conséquences sur le marché mondial de la publicité en ligne. Blaise Reymondin y est cité via son blog hébergé par Le Temps («Google enterre les cookies et se débarrasse de la concurrence»). Propos de Blaise Reymondin: «Google et Facebook sont les seuls à disposer de bases de données gigantesques, constituées de plusieurs milliards d’utilisateurs qu’ils connaissent parfaitement grâce à un profilage systématique», observe Blaise Reymondin, consultant en marketing digital. (Citation reprise du blog de Blaise Reymondin sur blogs.letemps.ch, billet du 16 janvier 2020 «Google enterre les cookies et se débarrasse de la concurrence», mise en exergue dans l'article.) ### Qui donne vos informations à Facebook? Média: Le Temps. Journaliste: Mathilde Farine. Date: 30.01.2020. URL: https://blaisereymondin.com/medias/qui-donne-vos-informations-a-facebook. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/donne-vos-informations-facebook Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste du marketing digital Contexte: Facebook lance l'outil «votre activité en dehors de Facebook», qui permet de voir quels sites et applications lui transmettent des données (via Pixel notamment). L'article passe en revue les entreprises suisses concernées (e-commerce, médias, banques). Blaise Reymondin tempère la portée de ce geste de transparence. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Blaise Reymondin, spécialiste du marketing digital, tempère le geste de Facebook:» «Cela semble une révolution de pouvoir accéder à qui l’on partage ces données, mais c’est une pointe d’un iceberg qu’ils rendent visibles avec un océan d’opacité en dessous.» Propos rapporté (indirect): «Mais comme le rappelle Blaise Reymondin, cette protection peut être vaine lorsque l’on sait que Facebook, comme d’autres géants de la technologie, est tout à fait capable de profiler les utilisateurs du web, même ceux qui n’ont pas de compte Facebook, rappelle le spécialiste.» Conclusion («Qui conclut:»): «Bref, c’est un bon coup de com.» ### La dangereuse dépendance commerciale envers Instagram Média: Le Temps. Journaliste: David Haeberli. Date: 28.10.2019. URL: https://blaisereymondin.com/medias/la-dangereuse-dependance-commerciale-envers-instagram. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/dangereuse-dependance-commerciale-envers-instagram Blaise Reymondin y est présenté comme: cet expert en marketing numérique Contexte: Le tatoueur genevois Yashka Steiner a vu son compte Instagram bloqué par erreur pendant près de deux mois, perdant contact avec ses clients: l'article illustre la dépendance commerciale des indépendants envers la plateforme. Blaise Reymondin commente cette dépendance et les alternatives. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: Yashka Steiner a amélioré le référencement de son site et investi Pinterest — «Une diversification que salue Blaise Reymondin.» «Pour les artisans qui font un produit totalement original, Instagram est un bon moyen de se faire de la publicité, confirme cet expert en marketing numérique. Mais pour se placer dans un marché existant, rien ne vaut le référencement payant sur Google. Les rares qui ont du succès sur Instagram y passent un temps démesuré qu’il serait plus rationnel de consacrer à autre chose.» Propos rapporté (indirect): «Instagram entame une réforme qui a déjà touché Facebook, prévient le spécialiste. Le nombre de personnes touchées par les contenus, le reach, est volontairement réduit. Une manière de préparer le passage à des services payants.» ### Derrière les dollars de l’e-commerce Média: Le Temps. Journaliste: Adrià Budry Carbó. Date: 08.05.2019. URL: https://blaisereymondin.com/medias/derriere-les-dollars-de-le-commerce. Article original: https://www.letemps.ch/economie/derriere-dollars-lecommerce Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing numérique. Celui qui est également blogueur pour Le Temps Contexte: Enquête sur le «dropshipping» et ses gourous, notamment le Vaudois Yomi Denzel, qui promettent de transformer les internautes en millionnaires mais gagnent surtout de l'argent en vendant des formations. Blaise Reymondin décrypte le système et son marketing. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: sur les plateformes clés en main comme Shopify. «N’importe qui peut s’improviser vendeur sans avoir de connaissances préalables et via une mise initiale très relative» Contexte: «Celui qui est également blogueur pour Le Temps évoque un arsenal marketing aguicheur basé sur de faux soldes et le recours à des influenceurs qui» «laissent croire qu’ils ont découvert une nouvelle marque qui mériterait que l’on paie un produit que l’on trouve 20 à 30 fois moins cher sur une plateforme chinoise» Contexte: sur la campagne de recrutement de nouveaux vendeurs par les grossistes — «Pour Blaise Reymondin, c’est un» «pseudo-eldorado de l’argent facile et rapide qui a au moins le mérite d’être plus vertueux que celui de la cocaïne» ### Facebook, le boomerang de Luc Barthassat Média: Le Temps. Journaliste: David Haeberli. Date: 07.05.2018. URL: https://blaisereymondin.com/medias/facebook-le-boomerang-de-luc-barthassat. Article original: https://www.letemps.ch/suisse/geneve/facebook-boomerang-luc-barthassat Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, expert en marketing digital Contexte: Après l'échec de la réélection du conseiller d'Etat genevois Luc Barthassat, l'article analyse le rôle joué par son hyperactivité sur Facebook dans sa défaite. Blaise Reymondin y intervient sur la stratégie des politiciens sur les réseaux sociaux, aux côtés de Stéphane Koch. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: les politiciens se disent qu'il y a des voix à glaner sur les réseaux sociaux, et ils ont raison. «C’est là où les gens passent la majorité de leur temps en ligne» Contexte: encore faut-il définir une stratégie. Comment la définir? «Il n’y a pas de modèle c’est du sur-mesure, répond l’expert. Prenons le cas de Trump. Sur Twitter, il est peu politiquement correct, et il s’attire de la réprobation. Mais il a gagné également beaucoup de terrain auprès de son électorat. La force d’une agence de conseil est précisément de savoir doser la communication selon le candidat.» ### Les médias et Facebook, la soumission à l’autorité Média: Le Temps. Journaliste: Catherine Frammery. Date: 02.04.2018. URL: https://blaisereymondin.com/medias/les-medias-et-facebook-la-soumission-a-lautorite. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/medias-facebook-soumission-lautorite Blaise Reymondin y est présenté comme: l’expert en marketing numérique vaudois Blaise Reymondin, blogueur pour Le Temps Contexte: Article de la série des 20 ans du Temps sur les défis économiques de la presse: la dépendance des médias envers Facebook (et Google), accentuée par le changement d'algorithme de janvier 2018. Blaise Reymondin analyse cette dépendance et la domination publicitaire des GAFA. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: plus de la moitié des internautes s'informent via les réseaux sociaux. «Facebook est l’une des deux portes principales vers internet, constate l’expert en marketing numérique vaudois Blaise Reymondin, blogueur pour Le Temps. En résumé, on va chercher les nouvelles sur Facebook ou on va questionner Google, mais plus personne n’utilise les adresses des sites de médias!» Contexte: sur l'impossibilité de concurrencer les géants dans la publicité numérique. «On ne peut pas concurrencer les GAFA [acronyme de Google, Apple, Facebook et Amazon, ndlr] au niveau de l’efficacité publicitaire, notamment par la quantité de données qu’ils gèrent et surtout par leur avance dans leur traitement, qui passe par l’intelligence artificielle» Contexte: le paysage évolue très vite. «Qui se souvient qu’il y a trois ans, on ne parlait que de la concurrence faite par Google aux médias» ### Google dévore le marché de la publicité Média: Le Temps. Journaliste: Anouch Seydtaghia. Date: 28.10.2017. URL: https://blaisereymondin.com/medias/google-devore-le-marche-de-la-publicite. Article original: https://www.letemps.ch/cyber/google-devore-marche-publicite Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialisé dans le marketing numérique à Pully (VD) Contexte: Après la publication de résultats trimestriels records d'Alphabet, l'article détaille la domination de Google sur le marché publicitaire mondial, en quasi-duopole avec Facebook. Blaise Reymondin commente la position des deux géants face aux alternatives. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Pour Blaise Reymondin, spécialisé dans le marketing numérique à Pully (VD),» «il existe de nombreuses alternatives, mais peu sont capables de rivaliser avec l’audience et les données dont disposent ces deux géants. L’intelligence artificielle devient aussi prépondérante dans le marketing, et les géants sont loin devants dans ce domaine… et sans doute irrattrapables. Cependant, dans les outsiders qui se sortent du lot, je citerais la plateforme de publicité vidéo Teads.» ### Jodel, l’app que les étudiants gardent jalousement Média: Le Temps. Journaliste: Camille Destraz. Date: 05.12.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/jodel-lapp-que-les-etudiants-gardent-jalousement. Article original: https://www.letemps.ch/societe/jodel-lapp-etudiants-gardent-jalousement Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste du numérique et blogueur au Temps Contexte: Article sur Jodel, application anonyme et géolocalisée très populaire sur les campus universitaires (UNIL, EPFL) mais inconnue du grand public. Blaise Reymondin commente cet engouement de niche. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Blaise Reymondin, spécialiste du numérique et blogueur au Temps, observe cet engouement de niche avec beaucoup de tendresse et de curiosité.» «C’est un outil conçu pour eux! Cette population d’étudiants déteste par essence tout ce qui est trop populaire. Snapchat l’est déjà trop. Je suis sûr que si ça dépasse les murs de l’université, ça les intéressera moins. Ils sont donc les gardiens de leur cool attitude. Avec Jodel, ils ont trouvé un îlot où ils peuvent se lâcher. Et ils sont super-bons! Il y a une culture de l’humour totalement ancrée dans leur génération.» ### Quelle bestiole êtes-vous sur les réseaux sociaux? Média: Le Temps. Journaliste: Camille Destraz. Date: 11.11.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/quelle-bestiole-etes-vous-sur-les-reseaux-sociaux. Article original: https://www.letemps.ch/societe/bestiole-etesvous-reseaux-sociaux Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste du numérique et blogueur pour Le Temps Contexte: Article ludique dressant le bestiaire des comportements sur les réseaux sociaux (trolls, lurkers, Calimeros, Drama Queens...). Deux spécialistes donnent leurs définitions: le sociologue Olivier Glassey et Blaise Reymondin. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Il arrive aussi que certains monstres avancent masqués. Blaise Reymondin, spécialiste du numérique et blogueur pour Le Temps, observe une forme de maturité sur le Net.» «Il y a 10 ou 15 ans, ils n’avaient pas de masque. Maintenant, les gens ont conscience de l’image qu’ils donnent.» Contexte: «C’est pourquoi, selon lui, l’«égotripé» est souvent déguisé en «humble-man»,» «une personnalité égocentrique qui parle régulièrement d’humilité pour contrebalancer» Contexte: «Blaise Reymondin mentionne également le Droopy – de l’épisode de Tex Avery «Droopy’s double trouble», dans lequel il est avec son jumeau – qui commente chacun de nos posts.» «Il apparaît toujours partout! On a tous notre Droopy.» ### Poster «RIP» sur les réseaux sociaux, c’est «la logique du ragot» Média: Le Temps. Journaliste: Camille Destraz. Date: 02.05.2016. URL: https://blaisereymondin.com/medias/poster-rip-sur-les-reseaux-sociaux-cest-la-logique-du-ragot. Article original: https://www.letemps.ch/societe/poster-rip-reseaux-sociaux-cest-logique-ragot Blaise Reymondin y est présenté comme: le spécialiste en marketing digital Blaise Reymondin – qui a lui-même posté des RIP pour Bowie et Prince Contexte: Article sur la frénésie des hommages «RIP» sur les réseaux sociaux après les morts de Bowie et Prince (titre de la liste de travail: «Poster «RIP» sur les réseaux sociaux, une vraie frénésie»; le titre actuel en ligne diffère). Le sociologue Gianni Haver et Blaise Reymondin décryptent le phénomène. Nota: l'ancienne URL renvoyait un 404; l'article a été retrouvé via la recherche du site. Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Pour le spécialiste en marketing digital Blaise Reymondin – qui a lui-même posté des RIP pour Bowie et Prince – les réactions à la mort d’une célébrité permettent aussi ce que l’on fait de moins en moins sur Facebook:» «Le temps où l’on publiait tout ce qu’on aime est révolu. Au début, on postait par exemple des chansons. Maintenant, on réalise que ça n’intéresse pas grand monde, du coup on fait un bide (= trois «like» et demi). C’est rare que quelqu’un commente «ah trop cool, cette vidéo de Balavoine». Quand une star meurt, cela nous donne à nouveau une légitimité pour parler des artistes que l’on aime bien. C’est une forme de newsjacking.» Contexte: sur les Romands qui racontaient avoir croisé Bowie à Lausanne. «C’est un egotrip, mais tout tourne autour de ça, sur les réseaux sociaux» ### LinkedIn copie Facebook et Twitter Média: Le Temps. Journaliste: Camille Destraz. Date: 06.12.2015. URL: https://blaisereymondin.com/medias/linkedin-copie-facebook-et-twitter. Article original: https://www.letemps.ch/societe/linkedin-copie-facebook-twitter Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, spécialiste en marketing digital Contexte: Article sur la refonte de l'application mobile de LinkedIn (version 9.0.0), qui s'inspire de Facebook, Twitter et Tinder. Deux spécialistes commentent: Blaise Reymondin et Vincent Bifrare (Mondays.ch). Propos de Blaise Reymondin: Contexte: les possibilités d'interactions sont boostées, la nouvelle interface pousse à la réactivité. «Les plateformes de discussions instantanées vont devenir le centre de tout, analyse Blaise Reymondin, spécialiste en marketing digital. On voit bien le virage opéré depuis les origines de LinkedIn. A la base, c’était un club de réseautage virtuel. Maintenant c’est un média. C’est d’ailleurs le premier média professionnel dans le monde.» Contexte: à la question «A vouloir créer une interface qui s’apparente trop aux réseaux non professionnels, LinkedIn ne risque-t-il pas de perdre une partie de ses quelque 400 millions d’abonnés?» (citation non attribuée explicitement dans l'article; vu l'enchaînement, elle répond à la question posée et s'inscrit dans l'analyse de Reymondin — attribution à vérifier): «Je sens qu’il y a une perte de valeur et de crédibilité dans ce que pouvait être un vrai réseau professionnel. Ils prennent le risque d’être étouffés sous une avalanche de signaux, ce dont souffre Twitter aujourd’hui car rien n’est trié. Cela dit, LinkedIn a un algorithme comme Facebook, donc ils vont nous livrer l’information la plus pertinente selon notre environnement socio-professionnel.» Contexte: certaines fonctions seront peut-être réintégrées dans un deuxième temps. «J’ai quand même l’impression que c’est encore un gros chantier, souligne Blaise Reymondin. Mais tout va finir par se lisser.» ### «Fracture entre la population et les autorités» Média: L'Express (référencé "Le Matin" dans la liste de travail; l'archive scannée correspond à L'Express du 6 août 2015). Date: 06.08.2015. URL: https://blaisereymondin.com/medias/fracture-entre-la-population-et-les-autorites. Article original: https://www.e-newspaperarchives.ch/?a=d&d=EXR20150806-01.2.37&srpos=1&e=-------fr-20--1--img-txIN-blaise%20reymondin-------0----- Blaise Reymondin y est présenté comme: TROIS QUESTIONS À... BLAISE REYMONDIN, SPÉCIALISTE EN RÉSEAUX SOCIAUX (VAUD) Contexte: Rubrique «Trois questions à...» de L'Express (Neuchâtel) au sujet de la probable épidémie liée à l'eau au Locle: les habitants se sont informés via Facebook (groupe «T'es du Locle si...») bien plus vite que les autorités n'ont communiqué. Blaise Reymondin analyse cette fracture numérique entre population connectée et autorités. Propos de Blaise Reymondin: La rapidité avec laquelle les Loclois se sont parlé d’une probable épidémie liée à l’eau a du coup fait paraître les autorités bien lentes et silencieuses. Comment voyez-vous cette différence de rythme? Alors ce cas m’intéresse beaucoup. On voit bien que les gens, dans l’immédiat, dans l’urgence, vont aller sur les réseaux sociaux, et notamment sur Facebook, pour y drainer le plus de monde possible. Et ça fonctionne. Leur communication est bien plus rapide que celle des autorités et que tout autre pouvoir en place. Donc c’est une reprise en mains de la démocratie par des outils modernes. Et on peut de toute façon s’en féliciter. Inquiétant, non, ce rythme différent de communication entre autorités déconnectées des réseaux sociaux et population connectée? J’ai, moi, l’impression que les communes sont assez souvent gérées par ce que j’appelle «les roitelets», assez contents de leur petit pouvoir. Et dans le scénario loclois, la fracture est flagrante entre la population et des gens, qui ne sont pas forcément à jour avec ces moyens de communication. Ceux-ci sont encore dans un schéma directeur de leur région, avec le rythme d’antan. Et ils sont complètement dépassés. Du coup, ils sont ridiculisés en quelque sorte. Et le fait de ne pas embrasser ces réseaux les distancie encore plus de leurs administrés. Le groupe «T’es du Locle si...» ne publiera plus que des communiqués «officiels» sur l’épidémie. Alors qu’au départ, il a été un contre-pouvoir, en montrant du doigt la lenteur de communication des autorités. A un moment donné, c’est toujours la même chose. La prise de pouvoir est souvent d’abord anarchique, révolutionnaire dans un groupe. Et ensuite, une fois devenu une forme de «pouvoir en place», on fait comme tout le monde. ### LRTV: sur Facebook, les journalistes de la RTS défendent la redevance bec et ongles Média: Le Temps. Journaliste: Michel Danthe. Date: 09.06.2015. URL: https://blaisereymondin.com/medias/lrtv-sur-facebook-les-journalistes-de-la-rts-defendent-la-redevance. Article original: https://www.letemps.ch/societe/lrtv-facebook-journalistes-rts-defendent-redevance-bec-ongles Blaise Reymondin y est présenté comme: "un des spécialistes du marketing digital en Suisse romande, Blaise Reymondin" (plus loin: "cet observateur très attentif", "ce spécialiste des réseaux et du marketing digital") Contexte: Avant la votation du 14 juin 2015 sur la loi sur la redevance Radio-TV (LRTV), l'article observe le lobbying intense de journalistes de la RTS sur Facebook, en tension avec leur devoir de réserve. Blaise Reymondin y est interrogé comme spécialiste du marketing digital. Nota: la liste de travail datait cet article au 2023-05-08; la date réelle de publication est le 9 juin 2015 (l'ancienne URL letemps.ch/Page/Uuid/... renvoyait un 404, l'URL actuelle a été retrouvée via la recherche du site). Propos de Blaise Reymondin: Contexte: «Or comme le constate un des spécialistes du marketing digital en Suisse romande, Blaise Reymondin,» «quels meilleurs ambassadeurs d’une marque ou d’une entreprise, abstraction faite des clients, que ses employés, particulièrement sur les réseaux sociaux»? Contexte: «Mais cet observateur très attentif précise immédiatement:» «Cependant, le cas de la LRTV est un peu plus complexe. S’ils peuvent être d’excellents ambassadeurs de leur entreprise, les journalistes de la RTS doivent dans le même temps prendre en compte un autre paramètre: leur devoir de réserve.» Contexte: «On pousse un peu dans les cordes ce spécialiste des réseaux et du marketing digital: les collaborateurs de la RTS devraient-ils dès lors être muets? Ne sont-ils pas aussi des citoyens, comme le remarque une collaboratrice? Blaise Reymondin:» «Certes, certes. Pas muets, disons neutres. Mais en tous les cas, sur un réseau comme Facebook, ils devraient faire la différence entre leurs interventions publiques et privées. Pour ce qui est des interventions privées, à l’accès restreint, pas de problème. Mais quand ils interviennent en mode public, la neutralité devrait être de mise. Ils sont la RTS.» Contexte: «Mais ce qui interpelle plus encore Blaise Reymondin, c’est le zèle avec lequel nombre de ses amis sur Facebook, membres de la RTS, défendent mors aux dents cette nouvelle redevance:» «Ils ne cessent de me répéter en chœur que cela ne changera rien pour la RTS. Alors pourquoi s’impliquent-ils tant à prendre quasiment d’assaut un de mes posts en mode public pour intervenir?» Intertitre/exergue en fin d'article (vraisemblablement tiré de ses propos): «Sur Facebook, les journalistes de la RTS devraient être attentifs au mode public et privé» ### Plus j’hésite, plus je paie? Média: FRC (FRC). Journaliste: Coraline Kaempfer. Date: 03.09.2013. URL: https://blaisereymondin.com/medias/plus-jhesite-plus-je-paie. Article original: https://www.frc.ch/plus-jhesite-plus-je-paie%E2%80%89/ Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, conseiller en marketing digital Contexte: Article de la FRC sur l'IP Tracking, cette pratique supposée consistant à augmenter les prix (billets d'avion, hôtels) pour les internautes qui reviennent consulter une offre. Blaise Reymondin y est cité en propos rapportés aux côtés d'Alexis Roussel (Parti Pirate) et de l'économiste Yves Flückiger. Propos de Blaise Reymondin: Propos rapportés (verbatim, pas de citation directe entre guillemets): Blaise Reymondin, conseiller en marketing digital, renchérit: de telles sociétés sont soit seules sur un marché (par exemple les seules à proposer une liaison aérienne), soit elles s’entendent sur les prix et pratiquent l’IP Tracking en commun. Dans un secteur très concurrentiel comme l’e-commerce, cela ne serait pas possible. Restent les ventes de billets d’avion, de train, les hôtels ou encore les billetteries. L’adaptation du prix à la minute est devenue naturelle et ne choque plus, ce qui faciliterait ces pratiques douteuses. ### Twitter, une mine d’or pour les patrons Média: Bilan. Journaliste: Mary Vakaridis. Date: 19.03.2013. URL: https://blaisereymondin.com/medias/twitter-une-mine-dor-pour-les-patrons. Article original: https://www.bilan.ch/techno/twitter_une_mine_d_or_pour_les_patrons_ Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, consultant et blogueur chez Bilan.ch Contexte: Article de Bilan sur l'usage de Twitter par les dirigeants d'entreprise (personal branding, e-réputation, communication de crise), avec les exemples de Richard Branson, Obama ou Andrew Mason. Blaise Reymondin y intervient comme consultant et blogueur chez Bilan.ch. Propos de Blaise Reymondin: «Par son activité sur Twitter, Richard Branson entretient sa marque personnelle, qui est aujourd’hui plus forte que celle de Virgin, le groupe qu’il a fondé», note Blaise Reymondin, consultant et blogueur chez Bilan.ch. «Vu la règle des messages courts, parfois d’un mot seulement, Twitter est un média idéal pour des patrons qui n’ont jamais le temps, relève Blaise Reymondin. La gestion du réseau peut être déléguée à une agence. Mais le dirigeant doit absolument intervenir de temps à autre en son nom propre.» «C’est primordial pour les dirigeants des grandes entreprises, constamment à la merci d’une restructuration ou d’un licenciement. Même s’ils sont au bénéfice d’un parachute doré, ils devront rebondir. Et pour ça ils doivent impérativement exister sur internet», souligne Blaise Reymondin. ### Quand la tech devient people Média: Bilan. Journaliste: Dino Auciello. Date: 2013, date exacte inconnue. URL: https://blaisereymondin.com/medias/quand-la-tech-devient-people. Article original: https://www.bilan.ch/techno/quand_la_tech_devient_people_ Blaise Reymondin y est présenté comme: Blaise Reymondin, conseiller en marketing digital Contexte: Article de Bilan sur la peopolisation des figures de la tech (Marissa Mayer, Sheryl Sandberg, biopics hollywoodiens sur Zuckerberg et Jobs...). Le contenu situe la rédaction vers 2013 («The Internship, bulldozer sorti au printemps»). Blaise Reymondin y analyse la démocratisation de la culture geek. Propos de Blaise Reymondin: Pour Blaise Reymondin, conseiller en marketing digital, cette surmédiatisation de la Silicon Valley n’est que la conséquence directe d’une culture geek aujourd’hui démocratisée: «Depuis l’arrivée de l’internet, l’informatique s’est emparée du monde réel pour l’enrichir, le rendre plus accessible, le sublimer parfois. Puis, il y a eu ce changement de paradigme avec Apple qui s’est mise à produire des objets design, glamour… et désirés! Aujourd’hui, les nouvelles technologies font tellement partie de notre vie qu’elles vont jusqu’à s’immiscer dans notre corps pour ne faire plus qu’un.» ## Autres parutions (sans version en ligne exploitable) - 24 heures, date non retrouvée: Amazon est numéro dans le coeur des Suisses - 24 heures, date non retrouvée: Ne devenez pas esclave de votre messagerie électronique - 24 heures, date non retrouvée: Supergéant du net, Google est “condamné” à bien faire - Le Matin, date non retrouvée: Toujours plus de réseaux sociaux - 24 heures, date non retrouvée: Ces sociétés qui osent le pari des réseaux sociaux - RTS, 19.08.2023: Streaming: payer son abonnement moins cher en regardant de la publicité? (https://www.rts.ch/info/sciences-tech/14248425-streaming-payer-son-abonnement-moins-cher-en-regardant-de-la-publicite.html) - Le Matin, date non retrouvée: Interview Le Matin - Le Temps, date non retrouvée: Peu d’élus suisses brillent sur les réseaux sociaux - Bilan, date non retrouvée: Les 300 plus riches Bilan - Bilan Magazine, date non retrouvée: Les banques volent la vedette aux médias - PME-Web, 08.05.2023: Interview PME-Web - Le Temps, 10.11.2022: Connaît-on vraiment Twitter ? - RTS, 23.11.2021: Lush quitte certains réseaux sociaux pour la santé mentale de sa clientèle (https://www.rts.ch/play/radio/redirect/detail/12645207) - RTS, 19.03.2021: Clubhouse, la nouvelle star des réseaux sociaux (https://www.rts.ch/play/radio/redirect/detail/12021383) - Le Temps, 04.03.2021: Google et Apple soupçonnés de double jeu avec les cookies publicitaires. - Le Temps, 19.08.2020: Avec UBS, Apple Pay a bientôt fini de conquérir la Suisse - AGEFI, 07.05.2020: L'UE précise sa politique de consentement abyssale sur les cookies - Le Temps, 11.10.2019: Google et Apple accusés de s’aplatir devant la Chine - Le Temps, 02.10.2019: Edward Snowden et Genève, la rencontre ratée: échanges avec Snowden sur une erreur dans l’adaptation française - RTS, 14.05.2019: A bon entendeur: e-commerce chinois - 24 heures, 25.07.2018: Avec Facebook, Google règne en maître absolu sur la pub - CVCI, 24.07.2018: L’intelligence artificielle révolutionne le marketing. - Le Matin Dimanche, 26.11.2017: Et si on faisait le ménage sur notre profil Facebook? - Bilan, 06.11.2017: Pour réussir, faut-il copier? - Le Matin, 23.10.2017: Notations sur les réseaux sociaux - RTS, 31.08.2017: Quand la jeunesse dorée de Suisse s'expose sur Instagram - RTS, 25.08.2017: Comment booking.com traite vos commentaires? (https://pages.rts.ch/la-1ere/programmes/on-en-parle/25-08-2017#8835196) - Le Matin, 04.08.2017: Sur Twitter, il faudra payer pour être vu - Le Temps, 31.05.2017: Google permet aux annonceurs de pister leurs clients dans les magasins - Tribune de Genève, 13.08.2016: A Genève, un grand magasin ferre les joueurs de «Pokémon» - Le Temps, 15.06.2016: Des retransmissions d’attentat en direct, la nouvelle arme du terrorisme - Magazine Swisscom, 19.05.2016: Le télétravail séduit les Suisses - Le Matin Dimanche, 15.05.2016: Pourquoi les billets d'avion font-ils de tels bonds sur Internet ? - Performance Web, 30.04.2016: Interview conférence Performance Web Genève - Le Matin, 11.04.2016: Facebook se languit de vous - Le Temps, 22.02.2016: WhatsApp, la tyrannie au bout des doigts - RTS, 24.10.2015: Petits commerces et géants du Web (https://www.rts.ch/play/radio/redirect/detail/7156279) - Le Matin, 17.09.2015: Facebook veut lancer une alternative au Like - Le Temps, 02.09.2015: Facebook censure l'UDC zurichois Christoph Mörgeli - Le Matin, 01.08.2015: Quand le gazouillis rend sympa - L’Illustré, 17.06.2015: Quel est l’avenir des métiers face aux machines - 24 heures, 24.02.2015: Le client devrait être renseigné quand les données sont récoltées - 24 heures, 24.02.2013: Les CFF pourront tirer profit du wi-fi gratuit - 24 heures, 22.02.2013: Les prix personnalisés se répandent sur le web