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    En 2000, c'était une console de jeu. Aujourd'hui, une IA qu'on bannit

    Par Blaise Reymondin · 18 juin 2026 · Post LinkedIn

    Un gouvernement qui bloque l’exportation d’un produit grand public car il serait assez puissant pour guider des missiles et donc trop dangereux pour le laisser tomber entre de mauvaises mains. Ce produit, c’était une console de jeu: la PlayStation 2.

    En 2000, Sony la sort avec une puce baptisée Emotion Engine, d’une puissance d’environ 6 gigaflops, soit 6x celle d’un PC Pentium III haut de gamme de l’époque. Assez, disait-on, pour calculer une trajectoire de missile. Le Japon la place sous régime d’exportation contrôlée. La légende enfle alors: Saddam Hussein aurait acheté des milliers de consoles pour les assembler en supercalculateur militaire.

    La scène se rejoue 26 ans plus tard.

    Vendredi, sur ordre du département américain du Commerce, Anthropic coupe l’accès à Fable 5 / Mythos pour tout ressortissant étranger, y compris ses propres employés non américains. Motif: le contrôle des exportations, le même outil juridique que pour les centrifugeuses ou les têtes nucléaires.

    On connaît la suite: la PS2 a fini dans les salons, pas dans des bunkers. Anthropic le reconnaît d’ailleurs elle-même, la faille mise en cause toucherait d’autres modèles publics, dont GPT-5.5, eux non soumis à ces contrôles.

    On peut parier que la capacité qu’on a retirée à Fable 5 ce 12 juin sera dans n’importe quel modèle d’IA l’an prochain…

    Texte intégral reproduit avec l'accord de son auteur. Paru initialement sur LinkedIn.

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    Blaise Reymondin

    Blaise Reymondin

    Expert en acquisition client à Lausanne depuis 2004. Chroniqueur pour Le Temps sur le numérique et l'IA.

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