«Fracture entre la population et les autorités»
L'Express, 6 août 2015
Présenté dans l'article comme:
TROIS QUESTIONS À... BLAISE REYMONDIN, SPÉCIALISTE EN RÉSEAUX SOCIAUX (VAUD)
Le contexte
Rubrique «Trois questions à...» de L'Express (Neuchâtel) au sujet de la probable épidémie liée à l'eau au Locle: les habitants se sont informés via Facebook (groupe «T'es du Locle si...») bien plus vite que les autorités n'ont communiqué. Blaise Reymondin analyse cette fracture numérique entre population connectée et autorités.
Mes propos, in extenso
La rapidité avec laquelle les Loclois se sont parlé d’une probable épidémie liée à l’eau a du coup fait paraître les autorités bien lentes et silencieuses. Comment voyez-vous cette différence de rythme?
Alors ce cas m’intéresse beaucoup. On voit bien que les gens, dans l’immédiat, dans l’urgence, vont aller sur les réseaux sociaux, et notamment sur Facebook, pour y drainer le plus de monde possible. Et ça fonctionne. Leur communication est bien plus rapide que celle des autorités et que tout autre pouvoir en place. Donc c’est une reprise en mains de la démocratie par des outils modernes. Et on peut de toute façon s’en féliciter.
Inquiétant, non, ce rythme différent de communication entre autorités déconnectées des réseaux sociaux et population connectée?
J’ai, moi, l’impression que les communes sont assez souvent gérées par ce que j’appelle «les roitelets», assez contents de leur petit pouvoir. Et dans le scénario loclois, la fracture est flagrante entre la population et des gens, qui ne sont pas forcément à jour avec ces moyens de communication. Ceux-ci sont encore dans un schéma directeur de leur région, avec le rythme d’antan. Et ils sont complètement dépassés. Du coup, ils sont ridiculisés en quelque sorte. Et le fait de ne pas embrasser ces réseaux les distancie encore plus de leurs administrés.
Le groupe «T’es du Locle si...» ne publiera plus que des communiqués «officiels» sur l’épidémie. Alors qu’au départ, il a été un contre-pouvoir, en montrant du doigt la lenteur de communication des autorités.
A un moment donné, c’est toujours la même chose. La prise de pouvoir est souvent d’abord anarchique, révolutionnaire dans un groupe. Et ensuite, une fois devenu une forme de «pouvoir en place», on fait comme tout le monde.
Seuls mes propos sont reproduits ici. L'article complet appartient à L'Express.
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Blaise Reymondin
Expert en acquisition client à Lausanne depuis 2004. Chroniqueur pour Le Temps sur le numérique et l'IA.