Le Temps · Cité dans l'article

    Quatre pistes pour tracer un premier bilan d’une folle année en intelligence artificielle

    Le Temps, 29 octobre 2023 · par Anouch Seydtaghia

    Présenté dans l'article comme:

    Blaise Reymondin, spécialiste en marketing Google au sein de la société Blaise & Bruno, basée à Pully (VD)

    Le contexte

    Onze mois après le lancement de ChatGPT, l'article dresse un premier bilan de l'IA générative en quatre pistes, avec le regard de deux experts: Emma Lejal Glaude (Swisscom) et Blaise Reymondin. Article lié à l'édition 2023 du Forum des 100.

    Mes propos, in extenso

    1. Un accès à l’information transformé

    Contexte: «De son côté, Blaise Reymondin estime que c’est l’accès à l’information qui a été bouleversé:»

    «Il y a maintenant un quart de siècle que les moteurs de recherche comme Google ont démocratisé l’accès à la connaissance universelle, le problème, c’est que c’est à nous de trouver du sens parmi les résultats de recherche, parfois dans une avalanche d’informations, si l’on veut en tirer quelque chose. ChatGPT marque un grand bond en avant par sa capacité à répondre directement aux questions et aux problèmes, même complexes.»

    Introduit par «Selon Blaise Reymondin,»:

    «pour la première fois, la notion d’assistant intelligent n’est pas exagérée (bien que la notion d’intelligence soit éloignée de la nôtre)»

    2. Un bouleversement du monde du travail

    Contexte: «La remise en question est massive, esquisse Blaise Reymondin:»

    «Les coûts marginaux de la production d’analyses se rapprochent de zéro, ce qui remet en question notre perception de certaines tâches qui étaient autrefois considérées comme ayant une forte valeur ajoutée humaine. Par exemple, dans le domaine des professions libérales, de nombreuses activités peuvent être remises en question à la lumière de l’avancée de l’IA.»

    Contexte: «Et il y a le risque, pour certains, de se voir déclassés, poursuit le spécialiste en marketing.»

    «Dans le monde du travail, une catégorie de personnes a clairement compris que l’IA représente un game changer. En collaborant avec cette technologie, elles acquièrent des compétences littéralement surhumaines. D’autres, par contre, prennent le risque d’être reléguées à l’arrière-plan. Parmi elles, certaines sont passées à côté du grand boom de l’IA depuis un an, tandis que d’autres, bien qu’informées, se replient dans une forme de déni.»

    3. Du positif… ou surtout du négatif?

    Contexte: «Blaise Reymondin s’intéresse, lui, aux «hallucinations» de ChatGPT, soit sa capacité à inventer de fausses réponses.»

    «Pour remédier à ces limites, des mécanismes de contrôle sont progressivement ajoutés pour vérifier la véracité des informations rendues, ainsi que des accès à l’information en temps réel (par exemple via Bing Search). Et tout aussi important, les utilisateurs apprennent en parallèle à utiliser ces outils, comme nous avions appris à «surfer» sur le web à l’époque, nous apprenons à exercer un regard critique sur ce que nous renvoie ChatGPT, à vérifier ses réponses en les confrontant à différentes sources. Ainsi, nous parvenons à en tirer les bénéfices tout en minimisant les risques de prendre en compte des informations fausses.»

    Contexte: «Le spécialiste distingue un autre risque,»

    «celui de la paresse intellectuelle engendrée par la disponibilité permanente de ces assistants intelligents, omniscients et dotés d’une patience illimitée. Une technologie qui pourrait dissuader d’exercer son propre jugement critique, de chercher à approfondir sa compréhension d’un sujet si n’importe quelle réponse est toujours à portée de la main (ou de la voix).»

    4. Quelles évolutions pour 2024?

    Contexte: «Les agents conversationnels intelligents sont aujourd’hui assez faibles dans la résolution de problèmes numériques, constate Blaise Reymondin.»

    «Initialement conçus sur des bases de statistiques prédictives qui génèrent des séquences textuelles, ces systèmes ont des difficultés à gérer des opérations arithmétiques pourtant élémentaires. L’intégration de modules mathématiques spécifiques, des «surcouches» de contrôle, devrait permettre de combler cette lacune. Une évolution que l’on peut imaginer comparable à celle qu’a connue le générateur d’images Midjourney, qui a ainsi pu corriger sa tendance à compter de manière erronée le nombre de doigts et de dents sur les représentations humaines.»

    Contexte: «L’une des évolutions les plus attendues des IA génératives va consister à intégrer nos propres données, pour nous restituer des réponses mixtes, alliant de la connaissance universelle avec nos propres informations, poursuit le spécialiste en marketing.»

    «Cela représente une étape majeure dans la quête d’un «second cerveau» qui vient augmenter nos compétences cognitives. Après avoir externalisé notre mémoire dans des disques durs puis dans le cloud, nous sommes désormais en mesure d’étendre notre capacité à raisonner et à analyser. L’activité «intellectuelle» nécessaire pour mettre en perspective de l’information et résoudre des problèmes n’est plus réservée exclusivement au genre humain.»

    Seuls mes propos sont reproduits ici. L'article complet appartient à Le Temps.

    Lire l'article original →
    Blaise Reymondin

    Blaise Reymondin

    Expert en acquisition client à Lausanne depuis 2004. Chroniqueur pour Le Temps sur le numérique et l'IA.

    About Cookies on this Site

    We use cookies to personalize and improve your experience on our site and to serve you with relevant advertising. Visit our privacy policy for more information on our data collection practices and to exercise your consumer rights.